le raft, sortie 1(de route) ...

Publié le par bigfoot

Pas beaucoup de sorties dignes d'être racontées ces jours ci mais pas mal d'activités physiques qui permettent de monter en puissance.

Toujours cette saleté de neige qui m'empêche de monter haut en montagne.

Je ne parlerai guère de ma tentative ridicule d'ascension du Cimet ce week end. Oui, monter un 3000 début juin avec l'hiver qu'on a eu en essayant de pas mettre un pied dans la neige, ça relève à un moment donné de la psychanalyse. J'avais pourtant pris les raquettes, le piolet et les crampons pour faire face aux difficultés de la montage de début d'été. Mais dès la première congère (vraiment dangereuse quand même) qui bloquait la sortie du passage de la cascade du Cimet, j'ai fait demi tour sans même tenter de chausser les bidules...

Cascade magnifique... 5 heures de marche A/R... journée réussie quand même... mais bon, extrêmement loin des objectifs...

 

Faut dire que ça a été la semaine de la défaite...

 

"Si tu ne viens pas à la neige, la neige viendra t'a toi" (bigfoot, mardi 8 juin 2010 (citation tirée de mes mémoires à paraitre quand j'aurai assez de citations pour faire plein de pages))

 

J'explique...

Pour ceux qui s'intéressent à mon projet islandais, vous allez commencer à comprendre ce que je suis en train de préparer d'arrache pied...

 

Ca y'est j'ai réuni tout le matos pour m'attaquer à la descente des rivières de l'arrière pays sur mon miniraft...

 

 

Episode 1: la vallon de Donaréo...

Oui, bon, c'est pas du raft, encore que, une bonne journée d'orage cataclysmique d'automne, ça doit le faire,un peu trop, pas sûr qu'on passe sous les tunnels et les parois me semblent bien trop rapprochées pour laisser passer le miniraft en largeur (c'est dire).

Mais faut commencer petit, donc dans une rigole où on se mouille même pas les pieds en la traversant en tongs.

 

Ce vallon, un des vallons obscurs du comté de Nice... à moins de 5 minutes en voiture de l'appart...Entrée glauque juste après le crématorium; en longeant un cimetière abandonné puis une espèce de friche immonde remplie de gravats et autres déchets non identifiés...

Pourtant, un endroit unique... extraordinaire... Décrire ensuite le chemin n'a pas trop de sens, vu qu'y a qu'une possibilité.

Immédiatement après une zone de cascatelles où le sol est très mouillé mais où une bonne âme a déposé des planches pour pas se tremper les pieds, on rentre dans le vif du sujet (après avoir ignoré les panneaux d'avertissement de Veolia quant aux lachers de barrage innopinés du canal de la Vésubie (elle, on en reparle en fin d'article).

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Fraicheur garantie même le 15 août...

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Y'a même des stalactites à ciel ouvert (colonnes plutôt).

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Humidité, humidité...

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Mais il est où le raft? (publicité mensongère?)

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Quand je pense à la tune qu'ils se font en exploitant les gorges de la Fou et en les vantant comme les plus étroites d'Europe. Je crois que ce vallon est au moins aussi étroit et il y'a en plus ces tunnels...

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Plus loin, c'est moins rigolo, on est repris par la moiteur de l'été en marchant sous le timide rayon de soleil qui parvient à pénétrer au travers d'une végétation tropicale (figuiers, cerisers, acacias, ronces... que du tropical quoi...)

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Demi tour donc

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Episode 2: les sources du Coulomp (on rigole plus)
Il fait très chaud cette semaine. Les rivières sont toutes très gonflées par la fonte des neiges (météo-france annonce 10 à 15 cm de diminution du manteau neigeux par jour). Pas idéal pour la prise en main du bidule donc. Evidemment, en bas dans les vallées, ça ronfle d'où l'idée du Coulomb dont la source est de type vauclusien, donc à mon avis le débit n'est pas sujet aux variations climatiques. Et puis le Coulomp en rafting, y'a pas grand monde qui a dû s'y envoyer...Une petite recherche sur le web et je découvre un nouveau site "bible": http://www.eauxvives.org/.
Il y'a une description de la descente plus en aval... classe IV-V (parcours très engagé pour kayakistes très expérimentés)... C'est parfait pour moi et mon niveau lac de Saint-Cassien...
De nouveau au col du Fa pour changer, j'aurais jamais autant gravi un col que celui là...
Disons que dans la descente, je suis vite inquiet à la vue de l'écume et du bruit 300 mètres en contrebas...
aurent coulomb

Mais non, me dis je, y'a quasiment pas d'eau... En bas ce sera de la rigolade...

Plus je m'approche, plus je trouve la rivière rassurante...

 

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La gorge que je compte descendre...

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C'est fou comme la vision des rivières peut changer quand on s'apprête à descendre dessus assis dans un boudin pneumatique. Rien à voir avec le regard du piéton contemplatif.

Evidemment, arrivé en bas, c'est un truc de dingue. Même la rando aquatique qui mène aux sources est impossible, il y'a vraiment un débit de malade. Je teste au moins ma combi pour voir si ses propriétés sont aussi remarquables que le fabricant veut bien le faire croire. Là au moins, je suis bluffé. Il faut cinq minutes pour que je commence à avoir froid dans ce courant de folie.

Il est impossible de mettre la raft à l'eau. Tout arrêt absolument impossible si on commence la descente...Jamais la moindre accalmie pour se récupérer. J'ai du mal à tenir debout avec de l'eau à peine jusqu'aux genoux...

Je sais désormais que les sources vauclusiennes sont soumises à des variations de débit importantes (y'a jamais de sottes sorties).

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Bon ok, faut savoir renoncer. Petite visite culturelle alors pour tuer le temps, le hameau de Aurent... Le plus beau du monde (je l'affirme, donc si éventuellement un propriétaire là bas désire vendre sa maison, qu'il fasse une offre...)

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Episode 3: la clue de la Cerise (parce que pour être apprise une leçon doit toujours être répétée plusieurs fois)

 

Elle, c'est super facile, je laisse le vélo au boulot, au confluent de l'estéron. Je monte en bagnole jusqu'à la barrière de la piste à Collebelle. Je descends sur le raft. je laisse le raft au boulot, je remonte à Gilette chercher la voiture... Moi je dis... Parfait

L'estéron, je le vois toute la journée couler au pied de la boutique. Le niveau a très fortement baissé en une semaine. A la limite, j'ai trop attendu, le fond va racler.

Une petite consultation sur mon nouveau site préféré... Classe IV-V... Boaaahhhhh, z'y va... Ils abusent grave, les types, ils veulent faire croire qu'ils font des trucs super durs ou quoi? je l'ai remonté en été à la nage, l'estéron dans la clue (bon, Anne avait bien failli se noyer, depuis d'ailleurs j'ai toujours une appréhension dans les grandes launes bordées de parois lisses).

 

Bon, là aussi une piste parcourue des dizaines de fois. Un de mes lieux préférés. J'aime bien y descendre quand l'estéron est en crue.

 

Bon, on n'est pas dans le même registre aujourd'hui. On est presque à l'étiage. Voyez plutôt...

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Ca a l'air bien sympa à descendre en raft, non? Elle est où la classe IV-V? Y'a un peu de bruit, c'est vrai mais c'est à cause des parois, ça résonne...

Entrée de la clue......

clue de la cerise

T'y vas ou t'y vas pas? Should I stay or should I go?

En principe, quand tu commences à te poser ce genre de question, t'a déjà décidé que tu tentais pas.

Ben oui, parce qu'une fois dans la clue, et je vois depuis le pont un nouveau grand rapide dans le premier virage qui rentre dans la gorge, faudra sortir coute que coute en bas... Pour un premier essai, je le sens pas du tout, mais alors pas du tout.

Ils sont peut être pas aussi prétentieux que ça chez eauxvives, après tout. C'est fou, encore une fois, comme la vision des rivières change en fonction de l'approche.

Vexé de ma couardise, je remonte en courant avec le bardas sur le dos jusqu'à la voiture. En tout et pour tout, moins d'une heure pour l'aller retour avec 10 kg sur le dos. La, au moins dans ce registre, je reste performant... Coup de chaud arrivé à la voiture... Retour à la maison dormir, récupérer et ruminer sur mon exploit.

 

Episode 4: La Vésubie au pont du Cros . Pour paraphraser rémi gaillard, "c'est en faisant n'importe quoi qu'on finit n'importe comment."

 

Au cours de mes différentes tentatives, j'ai longé et observé de mon nouvel oeil (hawk eye) d'expert les rivières du coin. Le Var est tout gris, chargé de limons cavalant comme un dingue ver la mer. Ne parlons pas de la Tinée, toute marron qui a l'air de ronfler encore plus.

Ce qui est bizarre, c'est que la Vésubie est limpide, contrairement à ces voisins... Donc, il doit y'avoir moins d'eau... cqfd... Pourtant, elle prend sa source dans les plus hautes montagnes des alpes maritimes. S'il doit y'en avoir une qui gonfle en ce moment, c'est bien elle. Bizarre bizarre, mai sne nous affolons avec ce petit détail infime. J'ai la preuve sous les yeux qu'y moins d'eau qu'ailleurs.

J'aurais eu peut être besoin d'un petit cours de géologie locale...... Franchement, cette réflexion était d'un ridicule absolu. Quand je suis redevenu intelligent, mon état normal quoi (fallait juste que je me fasse un peu secouer, au lycée, c'était les profs, ici, c'est la Vésubie), j'ai analysé le problème.

La Vésubie est limpide, contrairement à ces voisins, parce qu'elle ne traverse pas de zones de terres lessivables. Toujours sur de la roche dure, elle reste claire tout le temps, même en période de très fortes eaux.

 

Avant de partir, consultation chez eauxvives du parcours. Classe III maxi (désormais, je leur fais confiance) J'ai quand même hésité à partir de plus haut, je sais pas ce que ça aurait donné... Qu'est ce que je suis raisonnable enfin.

Objectif: descendre la Vésubie jusqu'à la confluence avec le Var, puis descendre celui ci jusqu'au pont Charles où je récupère le vélo pour remonter à la voiture. Encore une fois, un plan plus que parfait.

 

Pont du Cros...

vésubie pont du cros (2)

Quand je dis que l'eau est claire...

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C'est vrai que l'eau est un peu ridée en surface...

Enfin une photo de l'animal.

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Je n'ai jamais été aussi près de me lancer.

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Y'a quand même un peu d'eau, je trouve. Et puis ce qui m'inquiète, c'est la hauteur indiquée par l'échelle sous le pont. Presque 1.40 mètre. Je ne connais pas le niveau habituel mais je suis sûr que c'est  beaucoup plus que la normale.

Bah, c'est un petit détail... Qu'est que ça change quelques cm? Pourtant, je sais par habitude des gués en Islande que ne serait que 5 cm, ça change complètement l'aspect et la praticabilité d'une rivière.

 

Pour rire aussi, j'ai pris le sac à dos que j'ai lesté un petit peu pour me mettre en config islandaise... sauf que pour l'attacher, j'ai confondu dans la précipitation à la maison cordelette et lacets de chaussures... Arrimage à la one again, ça devrait tenir...

Il fait chaud dans la combi avec tous ces préparatifs. Je me mets à l'eau avant le départ pour me rafraichir. Limite le courant m'emporte... Je crois quand même que je suis en train d'en faire une belle, une très très belle... Mais il y'a des moments où je coupe les synapses, mon côté dingo qui ressort de temps en temps (environ une fois par an).

De toute façon, j'arriverai bien en bas, non?

Dernier truc qui me met la puce à l'oreille... Depuis une semaine, je ne vois personne dans les rivières (ni hydrospeed, ni kayak, ni rafting), sans doute hors saison...

 

Go, go, go...

 

Ca l'a pas fait mais alors pas du tout...

L'endroit où la caméra est tombée... Il faut absolument que je trouve un systême adéquat pour la fixer sur le chapeau.

vésubie pont du cros

Rétrospectivement, oui, y'avait un peu de courant...

 

Avant les rapides, j'ai tenté de lutter quelques secondes contre le courant pour voir si j'arrivais à me sortir d'un mauvais pas éventuel. La vidéo suivante vous montrera que non, mais bon... , hein...

 

La caméra est tombée au bout de deux minutes (autour de mon cou, mais j'avais vraiment autre chose à faire que de la remettre en place). c'est dommage parce que ça a vraiment commencé à secouer très fort après...

 

Ah oui, quand il y'a 1.40 mètre d'eau sur la Vésubie au pont du Cros. On ne peut pas s'arrêter...J'ai dû m'accrocher aux branches pour pouvoir stopper ma course folle. Heureusement, c'est pas ça qui manque ici. D'ailleurs, les "clocs" de la vidéo sont le bruit des chocs des branches contre mon casque.

Bon, en Islande, si je suis pris dans un tel courant, ce ne sont pas les branches qui m'arrêteront, y'en a pas...

C'est là que j'ai réussi à m'arrêter...

ca me fait marrer...

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La vidéo, le résultat d'une semaine intensive de rafting

 

 

Sauf que je suis très contrarié. Pris dans le courant, je n'ai rien maitrisé, rien contrôlé, emporté comme  une souche par les eaux, j'ai subi la loi de la rivière, complètement impuissant, comme si j'étais dans un avion sans pilote...

 

En plus au milieu des rapides, le raft s'est dégonflé par la valve de mise en pression, comme si j'avais besoin de ça au milieu. J'ai eu l'impression d'être Will le coyote à la poursuite de bip-bip...

 

Je suis désappointé, extrêmement désappointé... Je ne peux pas me permettre aussi peu de maitrise en Islande... Je sais au moins le débit que je ne peux pas affronter...

 

A suivre donc...

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