Etna: l'ascension (j2)

Publié le par bigfoot

J'ai depuis quelques années l'incapacité de me lever avant le soleil quand je dors sous la tente.

J'aime bien sentir la tente chauffer sous ses rayons. Mon duvet est si confortable que j'ai du mal à m'en extirper sans gros gros effort de volonté.

Combien de levers de soleil j'ai pu rater à cause de cette attitude?

Ce matin ne déroge pas à la règle. Le vent est toujours aussi violent et ne m'incite pas à sortir affronter des conditions un peu trop dures.

Et puis je mentalise les mille et quelques mètres qui m'attendent sans le moindre répit avant le sommet, dont une grosse partie dans la neige.

 

Petit déjeuner plus que frugal et c'est parti dans la brume qui s'évapore. Je décide de remonter dans la bocche del 1948 en espérant retrouver une perspective d'alignement de cratères comme j'en voi régulièrement en Islande.

P1110462 [Résolution de l'écran]

Mais ça ne fonctionne pas, le volcanisme est différent. Ce n'est pas ici un volcanisme de faille. Les cratères ne s'alignent pas comme dans au Laki.

Par contre la vue prend une ampleur exceptionnelle. Les coulées sont comme un fondant au chocolat sur une poire belle-hélène. Les cratères comme des furoncles sur un dos d'ado et les iles éoliennes dépassent de l'horizon martime.

P1110469 [Résolution de l'écran]

Un peu de chantilly sur le chocolat de la poire et quelques nuages capuchonnant les iles pour que je les repère bien. C'est trop bien fait la nature.

P1110475 [Résolution de l'écran]

je râle, je connais mal ma géographie locale. Combien y'a t-il d'iles éoliennes? J'aime pas ne pas connaitre les lieux que je pratique. Et même si je connaissais les noms, je serais incapable de dire qui est qui...

Et ça m'énerve profondément. Quand je me retourne pour reprendre mon souffle dans cette raide montée sur la neige, je les énumère... Je crois qu'il y'en a sept. Stromboli of course, Vulcano ou Vulcania (putain, j'arrive pas à me rappeler avec le parc à Giscard...), Lipari, euh... Salina... Les autres... Bon, je sais que Stromboli est la plus à droite.

Je me rends compte aussi dans mon énumération qu'en essayant de trouver les noms, je commence à me mélanger avec les iles Canaries. Trop naze...

J'ai pris l'option de marcher dans la neige plutôt que les rochers pour sauver les godasses.

L'inspection de hier soir a montré déjà une très vilaine usure. Elles ont déjà été resemellées une fois après la sortie islandaise de cet été, elles-même remplacées à titre commercial par mon magasin de montagne après la destruction totale de l'été islandais 2010.

Ah, ce n'est pas à cause de moi que les cordonniers vont fermer.

La neige n'est pour l'instant pas trop dure et ne nécessite pas de sortir les crampons.

Parfois les couloirs deviennent trop raides et par flemme de sortir le matos du sac, je retourne sur les crêtes dégagées couvertes de sable/cailloux.

P1110480 [Résolution de l'écran]

En montant, je commence aussi à distinguer le détroit de Messine... J'adore j'adore...

Ce qui me gêne un peu dans cette montée, c'est la configuration de cette montagne.

C'est le Mont Solitaire de Tolkien, unique, majestueux, écrasant le monde à ses pieds. Jamais la vue ne change. Elle est infinie. Monter ne fait qu'ajouter à la grandeur du volcan. Mais rien de nouveau n'apparait. Pas de chainon montagneux, pas de crêtes dentelées, pas de ravins.

Simplement on domine des cratères de plus haut. Les forêts s'étalent à perte de vue vers les collines des Nebrodi. Les iles flottent dans le ciel au loin. Seul l'emplacement géographique sur la carte m'émeut.

Je n'éprouve en fait pas grande émotion durant cette ascension.

P1110483 [Résolution de l'écran]

En revanche la pente prend une sacrée déclivité en arrivant sous Punta Lucia.

P1110485 [Résolution de l'écran]

Le manque d'eau, de lacs ou de rivières me pèse aussi. Je savais que je tomberai sur ce paysage mais quand même... C'est pas la grande éclate...

Punta Lucia enfin avec une plate forme technique et des petits panneaux solaires. Vraiment pas exaltant en soi. Je m'étais dit que je pourrai y dormir après la visite des cratères.

Franchement, ça fait pas envie du tout du tout.

J'irai plus bas sans doute, d'autant plus que le vent est d'une rare violence, tellement fort d'ailleurs que je n'ai pas encore vu la moindre fumée du cratère, celle ci étant couchée vers le sud.

Les premières fumées... depuis Punta Lucia...

11h00 du mat, il me reste 300 mètres de montée pour le cratère.

P1110487 [Résolution de l'écran]

Une pente d'environ 35/40 degrés désormais. 

Je trouve la vieille trace d'une chenillette qui se dirige vers le sommet. J'emboîte le pas dedans.

La montée finale n'est pas belle mais prend une toute autre dimension dans ce vent de folie. Vent du nord, il fait un froid épouvantable. Je monte par un creux à droite d'une importante source de fumées. La neige est maintenant cartonnée, bien dure à cause du vent. Toujours la flemme de cramponner mais il me faut par contre bien faire gaffe maintenant quand je pose les pieds à mes appuis.

La neige se fait plus rare sous le cratère.

P1110498 [Résolution de l'écran]

Moins de 100 mètres de déniv à faire, mon dos dit stop en même temps que les jambes. Pffff, cette forme de printemps toujours aussi déplorable.

Je vais finir en ultra-light pour le sommet. Parka, bonnet, gants et basta...

C'est tout de suite beaucoup plus facile, surtout que la pente devient raisonnable.

Un tout petit plateau d'une centaine de mètres de long à serpenter entre quelques fumerolles et vapeurs soufrées.

Et c'est le choc d'une vision d'un autre monde...

Putain.... Je la savais, j'avais vu des photos, mais le voir dans sa dimension réelle...

C'est simple, le champ de vision ne remplit pas la taille du cratère tellement il est vaste. 

Démentiel, démoniaque, tout ce que l'on veut...

Et le pire, plus que la taille immense, c'est la profondeur du gouffre qui plonge dans le cratère de plus de 100 mètres.

Et le vent hystérique dans le dos qui me pousse vers l'abime. Les vapeurs acides tourbillonnent en feux follets sur le no man's land où j'ai pris pied.

Cet endroit n'est pas fait pour les humains... Non, terrifiant.

P1110499 [Résolution de l'écran]

Tout n'est que fumée au fond du cratère. 

Pour tout dire, j'ai peur. 

En temps normal, au sommet d'une montagne, toute modeste soit elle, je me sens (de manière illusoire bien sûr) le roi du monde, puissant, fort, éternel... Veni, vidi, vinci...

Je toise les montagnes en dessous de moi d'un regard méprisant. Je les domine, c'est moi le boss... Elles sont ma propriété. 

Vraiment un sentiment de puissance, de force... Bon je parle pas ici de mes échecs qui ne sont autres que des sorties de reconnaissance pour la fois suivante dis-je à chaque fois.

Ici, en regardant dans la gueule de la bête... Le petit garçon a pris la place du conquérant.

P1110502 [Résolution de l'écran]

Je ne suis rien, rien du tout. 

Je le savais depuis longtemps mais là, le fait a encore plus de signification qu'à l'accoutumée. Je me répète, je n'ai pas ma place ici.

P1110500 [Résolution de l'écran]

Et dire que je voulais monter pendant l'éruption. Est ce que j'aurais eu le courage? Peut être, ne sachant pas ce que j'allais découvrir.

Mais si j'avais su, jamais au grand jamais je ne me serais aventuré de manière aussi innocente, voire inconsciente aussi près de la gueule du monstre.

Le tableau?

Une bouche édentée de 500 mètres de diamètre à l'haleine fétide, crachant du fond de ses entrailles que j'aperçois dans les brumes sulfureuses 200 mètres plus bas, crachant une fumée jaunâtre suffocante prise par le vent fou dans un tourbillon étourdissant. La végétation??? 

Je suis à 3300 mètres sous un vent à plus de 100 km/h, au dessus d'un des plus terribles volcans du monde qui vomissait ses boyaux il y'a pas deux semaines.

Je ne sais pas la température ressentie mais malgré la parka, les gants et le bonnet, je suis transpercé par le froid, moi qui suis tout sauf frileux. J'estime le froid ressenti au-delà des -20°C. Pour me réchauffer un minimum en cet endroit sans aucun abri, je me cale au plus près des émanations de vapeur. Je sens la chaleur des vapeurs me glisser dessus, mais également je suis parfois à la limite fortement dérangé par l'odeur de soufre.

Et dire que j'ai laissé le masque dans le sac à dos en bas.

En tant que chimiste habitué à bosser avec du soufre, je ne suis pas spécialement inquiet de la gêne respiratoire occasionnée par moments. Il y'a assez de vent pour me permettre de vite récupérer de l'air frais si la concentration augmente.

Un petit zoom dans le cratère...

P1110504 [Résolution de l'écran]

Aucun autre endroit que j'ai pu visiter ne m'a jamais autant impressionné... marqué.

C'est pas foncièrement beau, les deux jours de montée pas top, mais... mais... je sais pas, c'est un truc de malade. C'est pas possible qu'il existe sur terre un tel endroit. 

Je reste moins de 15 minutes, tellement le froid me déchire. 

L'Etna se compose de plusieurs cratères sommitaux. Je ne sais même pas lequel je vois (ce qui est une erreur d'appréciation embêtante, j'en ai loupé un truc, cf later...)

J'amorce la descente un peu plus à l'est quand j'aperçois un autre truc qui fume un peu plus loin...

Avec des rebords aussi aiguisés qu'une boite de conserve ouverte... Je ne résiste jamais à ce genre de curiosité, même si mes doigts sont à la limite de se décrocher de mes mains.

P1110514 [Résolution de l'écran]

Alors je remonte un petit peu sur la bordure du cratère que je viens de quitter et je me retrouve dominant maintenant deux cratères quasi emboités l'un dans l'autre d'à peu près la même taille chacun.

P1110517 [Résolution de l'écran]

Le nouveau est encore plus impressionnant, plus angoissant. Ses murailles plongent dans le vide de manière vertigineuse. Un à-pic effrayant. Si un jour notre monde cède sous les forces chtoniennes, c'est de par là qu'elles surgiront.

J'ai remarqué une fascination pour la peur, pour nos propres limites. On est attiré autant que l'on est repoussé par nos frayeurs, comme un enfant qui aime entendre des histoires de fantômes et de dragons sachant pourtant qu'il s'endormira dans un sommeil hanté de cauchemars.

Il m'est impossible de résister à l'appel du cratère.

P1110520 [Résolution de l'écran]

Pour la première fois, je vois au-delà de la montagne à travers la vapeur. Syracuse et Catane sont en dessous de ce côté là... si loin, mais si près...

En plus d'être verticales, les falaises crachent à toute hauteur leurs fumées funestes.

P1110527 [Résolution de l'écran]

C'est au-delà du réel, de l'imagination. Il faudrait un Lovecraft pour décrire les lieux. 

D'ailleurs je m'attends à voir Yog-Sothoth émerger du fond du cratère à tout moment.

P1110528 [Résolution de l'écran]

En réfléchissant, je me dis que peut être en Islande j'ai autant ressenti cette sensation d'écrasement dans le cratère de l'Askja.

Cratère unique mais immense de 8 km de diamètre dont la caldeira est noyée par un lac profond de 4km, Oskjuvatn. Les parois sont de ci de là percées par des émanations sulfureuses importantes mais sans commune mesure avec ce que je vois ici. C'est le gigantisme et l'idée du cataclysme en cas d'éruption qui écrase là bas.Ici, c'est l'activité permanente et violente qui se dévoile sous les yeux qui fait peur.

Ma visite du sommet aura tout juste dépassé la demi-heure. Il est temps de redescendre.

Récup du sac, retour par le même chemin exactement jusqu"au replat sous Punta Lucia. Je pousuis dans le sens inverse sur le chemin laissé par la chenillette dans l'idée de retrouver la piste qui me ramènera vite vers Provenzana.

Un panneau dépassant de la neige m'informe que l'accès est strictement interdit au cratère au-delà de Punta Lucia pour fort risque d'éruption. Panneau permanent ou juste placé depuis l'éruption de ces dernières semaines? Je ne sais pas... En tout cas ça confirme bien ce que j'avais refusé de comprendre sur le web... divieto, ça voulait bien dire interdiction... Ah, ben ça alors ;).

J'ai depuis ma visite du sommet beaucoup moins envie de trainer dans le quartier. Si je peux lui mettre quelques km de distance avant la nuit, je suis preneur.

Pente douce encore ici, suivre le chemin avec les iles éoliennes en fond. Pas mal du tout.

P1110538 [Résolution de l'écran]

Et enfin au nord est l'Italie continentale. Le détroit de Messine.

Je m'assoie pour profiter de ma position géographique exceptionnelle. Messine et la Calabre, soit la pointe de la botte, les iles éoliennes baignant dans la mer tyrrhénienne d'un côté et de l'autre la mer ionienne, le tout le cul posé dans la neige de l'Etna à 3000. Au carrefour de toutes les cultures méditérranéennes, Catane, Syracuse, Taormine... Je suis étreint d'une grande bouffée de romantisme... D'ici, j'ai vraiment envie de découvrir cette ile.

P1110539 [Résolution de l'écran]

Là, si t'es skieur, tu peux te taper une descente depuis le sommet jusqu'à 2000 mètres en non stop.

Y'aura pas un arbre ou une falaise pour t'arrêter. Tout shuss. En 10 minutes, t'es en bas.

Pour moi, qui part droit dans la neige aussi à défaut de trouver la route, il me faut plus d'une heure.

A mi-pente, je suis intrigué par un amas de gros blocs de neige sur ma droite. Toujours curieux, je pousse pour comprendre de quoi il s'agit et me voilà qui arrive sur la route. Les blocs étaient les morceaux rejetés par le chasse-neige. Les murs de chaque côté sont impressionnants, entre deux et trois mètres.

P1110549 [Résolution de l'écran]

Côté mer ionienne, le paysage est plus varié. Je profite également du spectacles de coulées plus récents que sur le versant ouest.

P1110552 [Résolution de l'écran]

En regardant vers le bas, je reste assez perplexe sur l'itinéraire à suivre. J'ai sciemment choisi de descendre vers le sud est le long de la piste. Je sais que d'une manière ou d'une autre il me faudra retourner vers l'ouest et retraverser l'énorme de champ de lave pour l'instant recouvert de neige.

Je m'interdis de descendre plus loin que le M. Pizillo (le gros bidule de la photo suivante). A son pied, je partirai vers l'ouest. il faudra que ça passe.

P1110554 [Résolution de l'écran]

En me retournant pour contempler l'Etna sous un autre angle, je comprends l'erreur "dramatique" que je viens de commettre au sommet.

Quand je suis arrivé au premier cratère par le petit corridor sous les fumées, j'ai crû que j'étais en haut, au cratère sommital. Les fumées ne me semblaient être que des petites fumerolles suintant du cratère.

Que nenni... Je saisis maintenant. En fait le vent couchait l'essentiel de la fumée vers le sud est. Comme j'arrivais du nord ouest, je n'ai pas saisi l'importance de la manifestation de fumées qui sortait du dessus.

C'était en fait la fumée du cratère sommital que l'on voit sur la photo dessous. Pour comprendre, je suis arrivé par la droite dessous. Je ne pouvais comprendre visuellement qu'il s'agissait du cratère. et comme je n'ai plus sorti la carte depuis le bas...

Voilà à quoi conduit l'impréparation, l'approximation d'une planification à deux balles d'une aussi grosse sortie. J'ai loupé le sommet de l'Etna, c'est à dire le cratère dit du nord-est, formé sauf erreur de ma part lors de l'éruption de 1980-81.

Au moins je sais les deux cratères que j'ai vu maintenant. D'abord le cratère Central puis la terrible Bocca Nuova.

P1110557 [Résolution de l'écran]

Et ben pour traverser le champ de lave qui m'attend plus bas, si je suis aussi nul, ça va donner. Au pire je me dérouterai vers la route forestière mais ce ne serait vraiment pas une démarche de vainqueur.

Définitivement, c'est plus beau de ce côté. C'est con, faut aller à l'opposé.

P1110562 [Résolution de l'écran]

Encore uen pour attiser les regrets... C'est maintenant qu'il faut tourner le dos et partir à l'ouest.

P1110566 [Résolution de l'écran]

En espérant que je n'y serai pas trop dans le ciboulot qui me sert de centre d'orientation.

J'ai en fait la très agréable surprise de tomber sur un chemin balisé pas trop mal entretenu. Chapeau bas messieurs de réussir à maintenir un marquage dans ce bordel.

Le problème, c'est qu'orienté plein nord, le sentier passe vite dans des zones enneigées et il suffit de perdre une fois le fil pour ne plus jamais retrouver la trace. 

J'ai le bol de temps en temps de retrouver le sentier mais pour le reperdre aussitôt. En désespoir de cause, j'abandonne l'idée de ne pas le perdre et me contente de partir à niveau à l'altitude 2100 mètres vers l'ouest en contournant les divers obstacles. Le tout c'est de pas perdre trop de hauteur. 

S'il y'a une coordonnée gps dont je suis sûr, c'est celle de la grotta del gelo que j'aimerais bien découvrir. Ils parlent là d'un tout petit glacier souterrain dans la grotte. C'est par là que je vais essayerde me diriger ce soir. Mais je vais essayer de m'en approcher sans gps.

Les iles éoliennes sont au fond, je serpente entre de magnifique manifestations de lave cordée.

P1110567 [Résolution de l'écran]

P1110569 [Résolution de l'écran]

A l'altitude que j'ai choisi d'évoluer, il y'a de temps en temps de belles ruptures de pente qui m'obligent à passer dans un registre beaucoup plus alpin, beaucoup plus tendu que je ne l'aurais souhaité en cette fin de journée où je suis bouilli complet.

P1110573 [Résolution de l'écran]

Je retrouve presque les sensation d'isolement du désert islandais, quasiment seul au monde. La différence est liée toujours aux villages que j'aperçois tout en bas. 

En cas de couac, il me suffirait vraiment de descendre droit sur l'un d'entre eux, même si je sais que le terrain serait pourri. Et puis la proximité de la route forestière est vachement rassurante.

Angoisse zéro... 

Il faut reconnaitre la beauté de formations, d'empilement gigantesques d'une taille jamais vue jusqu'à maintenant.

P1110575 [Résolution de l'écran]

Sauvage, vous avez dit sauvage? C'est finalement ici qu'en terme de randonnée pure, je me régale le plus, passant de vallons en vallons, inventant un itinéraire à chaque pas.

P1110583 [Résolution de l'écran]

Et puis au hasard, longtemps après avoir perdu le chemin, en sortant des derniers névés, je tombe sur un cairn, puis un autre, puis beaucoup de cairns... Je suis sur un grand axe... ;)

P1110584 [Résolution de l'écran]

Et puis un arbre au milieu de ce bordel interminable.

Je sens que j'arrive à mes limites physiques de la journée. Entre neige et lave, la marche est épuisante.

P1110586 [Résolution de l'écran]

Je sors le gps pour voir si je peux encore espérer rejoindre la grotte ce soir. Surprise, elle est à moins de 200 mètres de là...

Pour une fois, le gps ne me sape pas le moral.

J'arrive sur une petite plate-forme sablonneuse. On voit que des gens viennent y bivouaquer.

Je m'installe d'abord, mange et boit un bon coup.

Il ne me reste qu'un litre et demi pour demain. Heureusement que je pourrai me ravitailler au refuge de Scavio.

Maintenant, on va faire du glacier souterrain. Chaussage des crampons et armement du piolet et en avanti...

Le capitaine Haddock dirait: j'ai déjà fait beaucoup de choses dans ma vie, mais de la spéologie lunaire...

Plus modestement c'est un peu ce que je pense... 

 

Toutes les photos prises dans l'obscurité sont minables donc je ne les mets pas en ligne. La grotte est sympa, sans plus, fraiche, au sol glacé. Quelques stalactites glacées pendent au plafond.

Elle mérite bien sûr une visite mais loin de mériter l'engouement que j'ai lu sur le web. Me voilà blasé peut être, c'est terrible.

L'entrée... ou sortie vers la lumière via un vilain névé gelé. Elle ne s'appelle pas la grotte del gelo pour rien.

P1110604 [Résolution de l'écran]

L'accès glacé...

P1110607 [Résolution de l'écran]

J'y passe un petit quart d'heure puis ressors profiter des dernières luers du soleil.

L'endroit est vraiment paisible pour y passer la nuit, très bien abrité du vent. Un très bon endroit.

 P1110608 [Résolution de l'écran]

Je regarde la nuit tomber sur les iles éoliennes avant d'aller me pieuter après une si riche journée.

P1110610 [Résolution de l'écran]

P1110616 [Résolution de l'écran]

Autant la première journée et la montée de ce matin m'ont laissé sur ma faim. Autant la vue des cratères, puis du panorama sur la Sicile et ma balade au milieu du chaos de lave resteront mémorables.

 

Par contre j'ai peur que ma journée de demain soit une purge non moins mémorable...

Publié dans etna

Commenter cet article