Etna: grotta del gelo - Bronte (j3)

Publié le par bigfoot

J'appréhende cette journée de retour à Bronte. Je sens qu'elle va être longue comme un jour sans pain.

 

Comme prévu, mes chaussures sont déjà ruinées. Je n'ose imaginer dans quelle difficulté je serais à cet instant si je n'avais pas marché autant dans la neige hier. En chaussettes au milieu d'un champ de lave, condamné à attendre un bon samaritain avec une paire de chaussures de rechange de pointure 45 dans le sac à dos. En mai, je risque d'attendre un bon moment avant de croiser le sauveur.

 

Mais bon, j'ai encore pas mal de marge mais il me faut abandonner l'idée de repasser tout droit à travers les champs de lave, mais plutôt rejoindre la piste forestière rapidement.

Le sentier depuis la grotte vers l'ouest est bien matérialisé.

Je continue de profiter encore un petit peu de la vue sur les iles éoliennes.

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J'arrive à la limite de la dernière coulée récente. Ici se superposent siècles après siècles de multiples coulées de couleurs et tectures différentes. C'est toujours amusant d'arriver à la limite de l'une d'elles, d'imaginer comment elle a progressé, les dégats qu'elle a occasionnés.

Ici, elle a pas dû faire trop de dégâts puisqu'y a rien d'autre à détruire qu'une coulée de lave stérile à recouvrir d'une autre. Mais cette fois c'est une coulée "aa" qui a couvert une lave cordée, signe qu'elle était beaucoup plus rapide et fluide que la première.

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Un peu d'herbe sur la vieille coulée. Je préfère poursuivre dessus plutôt que de poursuivre la sente sur la nouvelle. J'en a marre des terrains destructeurs.

La verdure me fait envie ce matin. Par contre, en prenant cette option, je sais que je rallonge d'au moins deux heures mon parcours. Bah, personne m'attend et je n'ai l'avion que demain en fin d'après-midi. Autant profiter au maximum de la journée.

A l'herbe rare succède très vite la forêt s'attaquant aux pentes du volcan. Combien de temps ces arbres survivront ils à l'Etna? Paradoxe des volcans, leur lave si destructrice est tellement fertile une fois érodée...

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Je suis dans cette pensée que je rejoinsde nouveau la fin de la coulée qui a recouvert une partie la dite forêt il y'a quelques décénies.

Un magnifique pré s'offre à une sieste pas du tout méritée à peine une heure après mon départ, mais les endroits de douceur sont rares dans ces parages et ne se refusent pas. Il fait très doux ce matin et le vent est complètement tombé.

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Je dois fermer les yeux moins d'un quart d'heure...

Quand je les ouvre, quelle n'est pas ma surprise en voyant un monstrueux panache de fumée sortit du cratère sommital...

Grosse peur rétrospective histoire de me faire monter la sauce... D'essayer d'imaginer ce même phénomène hier à la même heure alors que j'approchais du cratère. Qu'aurais je vu. Aurais je au moins pu m'approcher voire même oser m'approcher? Compte tenu de la direction du vent, je ne me serais même pas rendu compte de l'activité accrue.

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Je profite longtemps de ce spectacle terrible avant de plonger dans les bois de dessous.

Je pénètre dans le bosco di Maletto

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Mi ombre, ambiance de printemps avec des feuilles vertes toutes fraiches que l'on a envie de manger en salade. Ne vous y méprenez pas... Surtout pas... C'est un passage en fait infernal... La piste est recouverte d'un épais tapis de feuilles glissantes mais là n'est pas le pire. Les feuilles cachent des milliards de branches mortes, toutes fourchues, toutes disposées de manière à t'y coincer les chevilles comme un affreux piège à loup.

Combien de gamelles, de torsion des genoux en si peu de temps. Et puis ma tendance claustro finit par se manifester dans cette forêt. Qui dit vilaine galère dit perte d'une partie de contrôle de ses pulsions... Et je n'aime définitivement pas les forêts... 

C'est sans doute une des raisons pour lesquelles j'aime tant les paysages volcaniques. Y'a pas d'arbres, pas un seul.

Mais enfin au bout de mille ans, j'atteins la piste forestière de ceinture. Je n'ai plus qu'à la suivre vers le sud pour rejoindre le refuge de Scavo où je pourrai me ravitailler en eau.

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Cette piste est magnifiquement entretenue. Faire du vtt (j'en croise pas mal en ce dimanche) ou du ski de rando nordique doit être un régal ici. Elle est relativement plate, idéale pour des activités pépères.

Mais pour moi à pied qui commence à en avoir marre de la forêt, je commence à craquer dans ces longues lignes droites en faux plat montant, d'autant plus que je m'étais juste conditionné à de la descente aujourd'hui.

Au pied du M. Maletto, j'opte pour la piste à droite plutôt que le sentier de gauche. Je n'ai aucune envie de flâneries...

Faut sortir de cette merde...

Au bout de mille ans, j'arrive au refuge de Scavo après avoir croisé un énorme groupe de randonneurs, largement au-delà des vingt personnes, accompagnés d'un guide.

Navrant l'état dans lequel je retrouve ce refuge si sympa deux jours plus tôt.

L'âtre fume encore. Ils ont brûlé absolument tout le bois dispo et il y'en avait un tombereau suffisant pour faire rouler le train des pignes de Nice à Digne. Pourtant, il ne faisait vraiment pas froid cette nuit...

L'intérieur est resté aseez propre. Mais le pire est dehors...

Scandaleux... Ils ont laissé la citerne ouverte, fait tomber des merdes dedans.

L'eau si claire que je me faisais un plaisir de déguster est maintenant toute trouble, douteuse. Il est hors de question que je prenne le risque d'en boire.

Je ne sais quel sixième sens m'avait fait malgré tout économiser mon eau alors que j'aurais pu tout boire sachant que j'en trouverai là.

J'ai envie de leur courir après pour les insulter. Il ne fait aucun doute que ce sont eux les coupables de ce saccage. C'est honteux, minable.

Je ne cours aucun risque mais imaginons qu'un type frigorifié veuille se réchauffer, se réhydrater... 

Je déteste l'attitude déresponsabilisée des groupes. 

 

Bon, ben, y'a plus qu'à repartir en maudissant l'humanité négligeante et méprisante de la nature qui l'entoure.

Plutôt que de rentrer par le chemin de l'aller, je poursuis sur la piste vers le sud dans le but de passer au-dessus de l'alignement des cratères Mezza Luna, Rosso et Capre repérés sur google earth. D'en haut, ça avait l'air super chouette.

Je continue aussi à profiter sur ce secteur cette fois complètement dénudé des fumées de l'Etna.

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J'en profite aussi pour voir la très impressionnante grotte de Nunziata. 

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En revanche, je suis déçu par la vision de mon alignement. Ca ne rend pas du tout. Les cratères sont beaux mais ne rendent pas du sol l'impression de la vue aérienne.

En revanche, je me régale des coulées récentes... De ces contrastes de gris et de noir, relevés du vert tendre des feuilles nouvelles des hêtres.

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Et parfois, un arbre pétrifié... C'est magique... Vraiment très très prenant.

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Je marche ainsi jusqu'au refuge de Gavarina via le refuge de la Palestra (photo dessous).

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Absence d'eau potable dans ces deux refuges. Le paysage est plus vallonné, plus classique de moyenne montagne. Je n'irai pas me balader au-dessus, faute de temps mais je pense qu'il y'a moyen de trouver des vues intéressantes.

Au refuge de Gavarina, j'abandonne la piste autour de la montagne pour une autre qui part plein ouest vers mon point de départ.

Je n'énumèrerai pas les cratères contournés. C'est d'une monotonie sans fin, dans une forêt d'une densité incroyable. On ne voit plus du tout le volcan. Je pourrais me croire dans n'importe quelle forêt de résineux des Vosges. Surprenant d'ailleurs en Sicile de croiser une telle ambiance nordique.

Mon chemin m'amène un peu plus au sud que je ne le voudrais mais bon, pas trop le choix, hein...

Vers le parking sous les cratères jumeaux de Minardo et Peloso, sur une chemin beaucoup plus plat, le paysage redevient rieur.

Il fait une de ces chaleurs maintenant que je suis redescendu à 1000 mètres. Je me rends compte qu'en deux jours, je viens de me confectionner un bronzage paysan qui va faire fureur sur les plages de Reykjavik dans deux mois.

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Autre endroit charmant, la casa Zampini... fermée... Je m'y tape une énorme sieste dans les jardins autour.

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Malgré la proximité du parking et d'un nombre important de bagnoles, je ne vois pour ainsi dire personne.

 

Sous le M Peloso, une immense "borie"

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Pas mal de verdure ici, si je n'avais pas 8 heures de marche sous ce soleil de plomb, peut être que ça me plairait...

Une chose de sure, c'est que les cratères sont beaucoup plus beaux vus du ciel que de dessous sur la route, tout couverts d'arbres.

L'intérêt esthétique est très limité. Je suis très déçu par ce secteur. Les paysages ne sont pas assez spectaculaires à mon goût. Je me suis trompé en partant d'ici, c'est sûr... Convaincu définitivement qu'il faut partir du côté mer...

Il faut traverser maintenant le champ de lave menant à piano grille et mon parking.

Tout de suite, ça prend une autre gueule quand il n'y a plus d'arbres, je trouve. Les fleurs suffisent largement. Pas al peine d'en rajouter...

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Ciao...

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M. Ruvolo en vue, ça sent l'écurie...

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Et voilà, piano grille...

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Le retour à la casa... blablabla... sans intérêt...

Sauf que je suis sûr avec ma traversée express de la Sicile que j'ai envie de revenir explorer cette ile qui me semble excessivement prometteuse à tout point de vue.

 

Conclusion abrupte pour mes trois jours sur l'Etna... sommet magique (ou plutôt ensorcelé) à voir obligatoirement une fois dans sa vie. L'accès par mon itinéraire... Bof, trop long, trop monotone dans une forêt interminable...

 

Ben voilà... Il est temps de se recentrer sur mon autre ile passion avec des calculs de rando sous le désormais célèbre Eyjafjallajökull avant que la lave soit refroidie par la glace...

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