06/08: Þorsmörk - Emstrur

Publié le par bigfoot

Ah oui, j'ai oublié de mettre la carte du projet définitif. Lors du dernier post, je mettrai celle du chemin que j'ai réalisé.

Aujour'hui, c'est le vrai gros départ. La bonne grosse première journée toujours appréhendée. Est ce que j'ai les jambes? Mon dos va t'il tenir aux 30 kg initiaux du sac?
A ça j'appréhende aussi beaucoup ma seule journée sur le Laugavegur. Très peur du trafic. Je viens ici pour être seul et avoir choisi de marcher un peu sur le plus célèbre et plus couru chemin islandais m'inquiète.

Objectif pour ce soir: Hvanngil.
Lever vers 6h30 pour essayer d'être au moins seul dans mon sens. Je ne me frapperai que la foule d'en face.
Donc ce gué à 100 mètres de ma tente. Et bien je le sens pas du tout. Le niveau n'a pas baissé. Au contraire. Pas encore pris la mesure du quartier, je pense que c'est la Markjarfljot tellement le courant est costaud et donc que j'ai loupé un embranchement quelque part dans ma précipitation de la veille. Demi-tour. Reviens aux intersections précédentes. Non, c'est pas là.
Mais bordel, il est où ce chemin? Et ils sont où ces randonneurs qui doivent me polluer la vie pour m'indiquer le bon chemin? Faignasses, va...
Je retourne au gué. Je comprends absolument rien.
Le type, il veut faire 300 bornes jusqu'à Skaftafell et je me paume au bout de 200 mètres sur le chemin le mieux balisé d'Islande. C'est vrai aussi que j'ai toujours du mal à prendre le bon rail quand je commence une rando (motivation?).
En revenant, je croise le gars qui a dormi juste à côté de moi en train de déjeuner. Un Tchèque. Il m'assure qu'il faut traverser. Sisi, il est sûr. Il faut suivre le balisage bleu et ce n'est pas la Markjarfljot.
Ok. Go. Gros gué bien costaud donc. Niveau des cuisses. Très fort courant. Le fond très caillouteux. Extrêmement désagréable. Et oh... j'ai perdu l'habitude ou quoi?
Mais j'ai du mal à comprendre. Les gués dans ce quartier ne sont pas censés avoir cette force.

Il se met à pleuvoir très tôt mais la vue reste correcte.

Personne jusqu'à 10 heures, puis tout d'un coup, c'est la grosse foule pendant deux heures. L'esprit grégaire de l'homme. Se lever à 8h00, déjeuner jusqu'à 9h00 avant de partir. Ne pas sortir de son schéma, même pendant des vacances différentes.
Au moins cinquante personnes. Tous me regardent comme un neuneu avec mon énorme sac à dos. Comme s'il n'existait qu'un seul chemin en Islande. Du mal avec la population d'ici. Surtout que j'ai décidé que je serai de mauvaise humeur aujourd'hui.
Dans l'ensemble, ils sont plutot mal équipés, avec des ponchos abominables dans les conditions de vent d'Islande. Beaucoup de Français. Un couple me dit que le gué de Hvanngil vient d'être fermé à cause du niveau trop haut de l'eau qui ne cesse de monter. Je commence à comprendre des choses.

Shame on me quand je vois la "vraie" Markjarfljot. Comment ai je pu confondre ce monstre avec son petit affluent (la Þronga en fait)?

Après un petit col extrêmement venté, je redescends dans la vallée de la Emstrua, avec quelques aperçus enfin sur le Myrdalsjökull et de magnifiques vues sur le chemin parcouru et à venir.

Le passage de l'Emstrua sur une passerelle est extraordinaire. La rivière est d'une force invraisemblable. Mais qu'est ce qui se passe?

La grosse montée juste après la passerelle est abominable. Grosse pluie maintenant jusqu'au refuge d'Emstrur où j'arrive totalement fracassé alors que je veux aller à Hvanngil à 3-4 heures de là.
Il est à peu près 15 heures.

La gardienne me confirme que le gué de Hvanngil est fermé et que les secteurs du Myrdalsjökull et du Torfajökull sont interdits aux piétons et aux véhicules jusqu'à demain minimum. Le phénomène est lié à la conjonction d'un gros vent de sud-est très chaud (je trouve pas qu'il est si chaud que ça) et de la pluie intense depuis deux jours.
Elle m'interdit d'aller plus loin.
Je lui dis que je veux passer plus en amont du gué traditionnel pour traverser la Blafjallakvisl (le fameux gué), voire passer sur le glacier.
Pas d'accord, mais pas du tout. Elle appelle ses collègues pour me convaincre d'arrêter mes délires et de stopper ici pour ce soir.
Ben non, j'ai pas envie dès le premier jour de me mettre en retard.
Bon, ok, si vous insistez, je capitule.
Camping donc au refuge d'Emstrur.
On discute aussi de mes projets plus lointains dont la traversée de la skafta qui doit être le point d'orgue de mon voyage, mon fait de gloire. Pour eux, c'est totalement inconcevable. D'autant plus que le Vatnajökull semble touché lui aussi par le phénomène. La gaesavotnleið (mon voyage de l'an dernier) est fermée elle aussi.
Je vois arriver quelques uns des gens qui étaient dans le bus avec moi hier.
Il semble que la moitié n'a pas osé démarrer le trek et est repartie par le bus suivant à reykjavik.
Les autres... Une jeune black lyonnaise (salut si tu me lis un jour). Mal équipée avec son bonnet en laine et juste un peu mieux qu'un k-way. Frigorifiée. Elle a quand même une peche d'enfer et un moral à toute épreuve pour une première expérience de trek dans des conditions aussi minables qu'aujourd'hui. Respect.
Aussi mes quatre larrons du bus hier soir.
Aie aie aie. Ca s'est mal passé. La fille est tombée dans le premier gué. Emportée par le courant, elle a été reprise par les cheveux par son copain au dernier moment. Elle est couverte d'écorchures et d'échymoses. Impressionnant comme elle s'est fait remuer. Elle sera évacuée ce soir en 4*4. Les autres galiboys finiront à trois le trek. Il faut dire qu'ils ont traversé le gué pieds nus. Comme si le courant, le froid et la profondeur ne suffisaient pas, ils ont affronté la rudesse des cailloux sans chaussures. Ce n'est pas sérieux.

Pour passer ma soirée, je vais faire un petit tour au-dessus de la Markjarfljot à quelques encablures du refuge. Magnifique malgré le mauvais temps

Je rencontre aussi Patrick du Var qui fait le trek avec des potes belges. On se marre la soirée dans le refuge en éclusant un petit pastis.

Nuit sous la tente de nouveau sous un très gros vent et pluie forte. Réveil programmé très tôt. Le sondage du gué qui pose problème se fera demain matin à 7h00 par le gardien de Hvanngil. Je veux y'être à ce moment là.


chemin parcouru aujourd'hui.

Publié dans islande

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Esteban 19/11/2013 10:44

Je suis un boulet ... désolé d'avoir posté mon commentaire sur ton trek de 2008 ..
Mais ravi tout de même de voir ton trek 2013 arriver :)

bigfoot 20/11/2013 18:29



bah... ça me fait gagner des points de popularité sur mon blog ;)



Esteban 18/11/2013 09:51

Enfin ton séjour 2013 ! J'avais hate

Pour le pastis, c'est un must pour le trek. On a réussi à faire tenir notre petite fiole de Skogar jusqu'au Landmannalaugar. Pastis à l'eau des glaciers islandais, c'est le pied :)

Fin juin, début juillet, on a rencontré déjà un bon paquet de français sur le Laugavegur. Genre 50% des touristes étrangers.

J'ai hâte de lire la suite de ton récit, maintenant que tu m'as donné l'eau à la bouche, il va falloir tenir le rythme !

bigfoot 20/11/2013 18:37



la pastis à l'eau de glacier, c'est la grande classe...


au fait, petite rectif... nous les français, on n'est pas des étrangers... hein!!! ;) (dixit Obélix)



Valérie 31/08/2009 00:48

Je n'ai pas vu ce coin d'Islande depuis 2001 lorsque j'ai fait le trek de Landmannalaugar à Þorsmörk et là, je me prends des souvenirs plein la figure en voyant tes photos... des souvenirs comme si c'était hier ! Je sens encore la morsure du froid au passage des gués !!!
Et je confirme, le niveau de l'eau est carrément impressionnant !

bigfoot 31/08/2009 00:54


il s'est en fait passé un phénomène assez rare.
grosse pluie et vent chaud de sud-est qui ont fait délirer totalement les glaciers.
tu verras sur le prochain article les rivières entre emstrur et hvanngil.

c'est malheureusement la vue du niveau de ces cours d'eau qui a infléchi ma volonté de traverser la skafta