08/07: Mont Saint-Honorat (2520 m)

Publié le par bigfoot

Troisième journée de travail en poste du matin, soit 5h-13h.
Deuxième nuit d'insomnie totale.
Le problème, l'après midi, quand je rentre la maison, j'allume la télé pour regarder le tour de France. Le temps d'envisager de compter jusqu'à un et je m'endors instantanément pendant quelques heures. Donc, la nuit, plus sommeil.

Aujourd'hui, il faut recaler le biorythme. Vivre le jour et dormir la nuit. Donc aller faire un petit tour en montagne après le boulot et bien dormir cette nuit, ce qui normalement devrait se faire naturellement.
De plus, compte tenu de l'emploi du temps des semaines à venir,week-end compris, je ne pourrai plus sortir si je ne me force pas à caler des sorties avant ou après mes heures de travail.

Et comme ce matin, le boss, de par ses commentaires saugrenus, m'a particulièrement gavé, je suis rempli à bloc d'énérgie. Energie négative, certes, mais énergie quand même. Je vais raler toute la journée, sans doute pas trop apprécier les paysages, mais pour ce qui est de me faire avaler du déniv, je crois que ça va le faire.

Départ de la boutique à 14h00, petit stop à Shopi à Puget, pour manger un minimum avant de monter. Et oui l'énergie négative n'a pas un très gros apport calorique.

15h15, je serre le frein à main au lieu dit la Pinée au-dessus de Daluis, après une piste cahotique où la polo a perdu trois roues, cinq roulements, le siège arrière et le rétroviseur intérieur et percé quatre ou cinq carters.
A ce propos, je profite de ce blog pour mettre en vente ma polo.
13000 euros, un an, 45000 km dont pas beaucoup sur des pistes cahotiques, lavée à intervalles réguliers d'un an.
Ecrire à over-blog qui transmettra.

j'ai choisi le Saint-Honorat de par sa proximité. C'est le dernier haut sommet d'envergure vers le sud et il est dans un secteur que j'apprécie particulièrement. Il n'y a que lui que je n'ai jamais tenté dans le coin.

Pas fan des montées l'après midi. On est sujet aux orages et au cagnard. Mais bon, pas trop le choix aujourd'hui.
1400m au départ et 26°C au thermomètre, ça va chauffer. J'ai plus de 1000 mètres à monter et à redescendre avant la nuit.

Départ dans une zone de garrigues, entre genêts et lavande. Ambiance méditéranéenne très chaude, très odorante.

La crête que je dois atteindre me nargue déjà.
C'est pas gagné. Mais je suis parti sur un rythme très rapide. Montée efficace donc.
Au fond, le col de la Mélina, accès vers le fabuleux hameau d'Aurent, mais c'est une autre histoire.
Pourquoi je suis énervé?
Parce que le boss est supérieurement intelligent et que personne n'arrive à se mettre à son niveau, à tel point qu'il se demande si on fait pas exprès d'être si cons.
Il a même paraphrasé Enstein aujourd'hui.
Enstein:"est ce que c'est moi qui suis fou ou bien est ce que ce sont les autres?"
Boss:"Suis je si supérieurement intelligent que personne ne puisse me comprendre?"

Moi qui ait du mal à vivre en société, j'ai besoin qu'on me fasse confiance pour travailler efficacement. Pas qu'on me flatte, non, mais j'ai vite tendance à repartir dans mon monde si je ressens de l'injustice. Et là, comme je suis beaucoup plus intelligent que le boss... forcément... je l'ai particulièrement mauvaise. Il n'arrive surtout pas à gérer son stress suite à tous les problèmes qui nous secouent et il le libère sur ses ouailles. Autant dire que j'apprécie.
Je râle d'autant plus que je me laisse faire. Deviendrais-je moi-aussi un mouton? behhhhhh...
La prochaine fois, je lui saute dessus. Fort de cette résolution, je saute au-dessus de la crête en moins d'une heure.
Sauf que c'était une ruse, il y'en a une deuxième au-dessus. La plan est très joli ici.
Un endroit super de bivouac, s'il y'avait de l'eau, moins de mouches et pas de vent.
Le Var en bas au pont de Gueydan.
La fracture nette entre roches rouges des gorges de Daluis et les basses gorges.
Le village de daluis en bas.
Le dome de Barrot, point culminant des roches rouges et le hameau abandonné d'Amen.
Le mounier et la station de Valberg.
La montée sur le crête principale se fait rapidement. L'accès terminal est très raide, mais toujours énervé, je monte à bloc. En haut, j'ai des points rouges qui flottent devant les yeux. L'hypo n'est pas loin. Petit break de récup et d'hydratation.
L'accès final est sur un petit replat domainant de très haut la vallée et une belle vue sur la barre du Plan.
Et comme c'est très beau, le paysage fondamentalement transformé, devenu alpages, montagne à vaches comme je l'aime, c'est bien mieux de ne pas avoir les petits points rouges dans les yeux.
Et enfin, la vue sur le Saint-Honorat pour la première fois de la journée.
Marrant, ce gros tas de cailloux qui trone au-dessus de l'herbe.
Le chemin est évident. Il suffit de suivre la très large crête de Corpatas jusqu'à la base du sommet.
Vue vers le haut...
Vue vers le bas...La pente se redresse fortement sous le sommet.
Nouvel aperçu vers le col de la Mélina et son sentier versant est. l'autre côté est beaucoup moins évident (plus ou moins effacé)
Message perso à Pierrot: 'tu vois que je les trouve, les champignons".
Bon, d'accord c'est des vesse-de-loup, pas des cêpes.
et nous voici donc sous le saint Honorat dans un chaos de rochers invraisemblable qu'on a peine à imaginer après deux heures à marcher dans l'herbe.
On devine le gros cairn au sommet
Ce n'est pas difficile, la progression évidente sur les gros blocs et dalles plates.
Bon, parfois, le coeur s'arrete lorsque je mets le pied sur une grosse dalle qui bascule sous mon poids. Mais jamais dangereux, les dalles se coincent sur les blocs dessous. Bon, je m'efforce de ressortir mes cours de 4° sur le centre de gravité pour éviter de multiplier ces moments déplaisants et marcher du bon côté des cailloux.
Sous le sommet, il faut redescendre un peu avant d'attaquer les vingt derniers mètres dans une petite escalade facile de blocs ludique.
La vue au sommet est magnifique. Viso, Mounier, Grande séolane, les gorges de Daluis...ou vers le sud vers les gorges du Verdon...
Le sommet est très étroit. Pas plus de trois ou quatre personnes peuvent se tenir ensemble ici.
Mais qu'est ce qu'il lui a pris au bon dieu de monter des cailloux au sommet? Il aurait pas été plus simple de les pousser vers le fond de la vallée?
Je l'imagine en train d'en porter un sous chaque bras depuis le fond... Ca a dû lui prendre une paire d'heures.
Mais il s'est pris pour Sysiphe ou quoi?
Diverses vues...
La voie d'accès au Saint-Honorat.
la vidéo du panoramique

Et la redescente par le même chemin entre 18h00 et 20h00...

En arrivant à la cabane de Daluis, après avoir vu deux magnifiques chamois, je me prends une gamelle mémorable.
J'enjambe un tuyau noir pvc d'adduction d'eau vers la cabane, sauf qu'un autre tuyau identique mais désaffecté et donc couvert par le pelouse est caché à ma vue et je pose mon pied dessus.
Je ripe instantanément, mes deux genoux plient vers l'extérieur et le droit cogne très fort contre la seule pierre de l'alpage. Une douleur aigue pendant quelques secondes. Il ma faut bien une minute avant de pouvoir remarcher. Des envies de meurtre et de destruction de la cabane me prennent. il me faut un coupable et comme ça ne peut être moi le coupable puisque je suis victime...

La colère passe vite. Je suis surtout vexé en fait. La cabane ne risque rien. Dommage qu'elle soit fermée. mais c'est souvent le cas pour les cabanes de berger dans les Alpes Maritimes. Y'a t'il eu trop de vandalisme par le passé? Dans le 04, les cabanes sont généralement ouvertes hors estive.

Fin de la descente sans incident et plus doucement. Fatigué plus une petite douleur résiduelle de la gamelle de tout à l'heure.
Un bel enclos au dessus de Daluis à Pra Balou, à moins que ce soit une aire d'atterissage pour les soucoupes volantes.
et enfin dans les derniers mètres, de nouveau la lavande et les genets.
J'avais repéré un peu avant de me garer cet après midi un beau cerisier blindé de...? framboises?
Ben non, de cerises.
Tant que j'ai pas mal au ventre, je me gave...
Plus loin dans la descente, un super oiseau dont j'ai oublié le nom (si quelqu'un peut me le rappeler...)
Retour à la maison et plongeon dans le dodo à 22h00
Objectif sommeil rempli. 22h00'30s, je dors du sommeil du juste.


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RICOLVI 29/12/2010 14:15


Ah le Mont Saint Honorat ! J'en garde un merveilleux souvenir. Balade autour d'edelweiss, rencontre avec des chamois, un superbe gipaète barbus et surtout des taupes. Un seul regret : être resté en
bas du sommet, de peur d'escalader dans ses gros blocs, la vue y était tout de même magnifique.


Laélie 21/07/2009 01:54

A part le niveau de pollution atmosphérique, tout roule...
Super balade ce week-end et grosse sortie en perspective (si t'as le temps, viens jetter un oeil sur mon blog dans 3 ou 4 jours...).
ici, c'est globalement pas trop sauvage ( vue qu'on est en ville, s'est nomal !) mais je trouve que les gens de ce pays sont facile à vivre.

Laélie 18/07/2009 05:29

Il est possible que ce soit une huppe fasciée... à vérifier.

Comment vont le doigt et le genou ? Comment fais-tu pour survivre en Islande ;-) ?

bigfoot 20/07/2009 22:41


I think too pour la huppe. Fasciée, je te laisse responsable de ton commentaire. le doigt, c'est pas génant. le genou m'inquiète un peu. une petite douleur permanente qui ne veut pas s'en aller. on
verra bien... comment survivre? mais il n'y a pas de boulons et de tuyaux planqués ou autres bricolages homo-sapiens au milieu du wild. c'est beaucoup plus simple... bon, il reste mon équipement et
notamment mon réchaud. à chaque fois, c'est l'angoisse à l'allumage de mettre le feu à la tente (j'en suis capable sans forcer).
j'espère que tes premiers tours de roue sont à la hauteur de tes espoirs...