02/07: le Pelat (3050 mètres) - pour le lever du soleil au sommet, loupé comme d'hab...

Publié le par bigfoot

Faut dire aussi que pour faire un lever de soleil au sommet du Pelat à cette époque de l'année, il faut démarrer plus que tôt, limite  attaquer l'ascension la veille.

Bon, le premier juillet qui devait être le jour de la montée a été un loupé total. Le bon dieu voulait pas. Gros orages en fin d'après midi. Donc pas super motivé et au moment de partir les panneaux de la DDE mettent en garde contre les intempéries. Certaines vallées sont coupées à cause des éboulements.
Déjà que je vais monter by night, sans compter les problèmes liés à la neige qui ne manquera pas d'être présente à cette altitude, on ne va pas rajouter les éboulements et autre terrain instable dans le noir.
Je me suis bien dit que j'allais alterner mes projets et faire ma sortie kayak à 5h00 du mat au large du Cap Ferrat mais je n'ai pas réussi à me lever.
Il fait beaucoup trop chaud dans mon atelier l'après midi à cette période de l'année, sans doute plus de 40°C et la récupération est très difficile. Trop pour moi...

Deux juillet. De nouveau le Pelat  ou le kayak dans mon idée.
Même type de temps. Orage violent vers 18h00. 18h30: je m'écrase un doigt avec une clef  à molette de m... contre un bardage en inox. L'ongle instantanément noir. Je suis ambidextre. J'ai deux mains gauches. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai fait un minimum d'études. Je n'aurais jamais survécu à un métier manuel (ni mon patron qui se serait suicidé devant mes réalisations)
Bon, pour le kayak, c'est mort. Je ne pourrai pas serrer la pagaie correctement. Je commence à sentir les battements de mon coeur au bout de mon pouce.
Tentative de perçage de l'ongle pour libérer l'hématome avec un trombone chauffé au rouge sur un bec bunsen. Impossible. La douleur est trop vive. Les gouttes me coulent sur le front, des sueurs froides dans le dos. J'abandonne. Pourtant, je suis le spécialiste de ces opérations crétines sur mon corps martyrisé, style remettre un doigt ou un orteil cassé à l'équerre à sa place ou percer un furoncle (quand j'étais ado). Chez les autres, rien que de les voir, je tombe dans les pommes.

Bref, ça s'annonce bien pour mon expé de ce soir.
Il tombe le "christ" jusqu'à 20h00. Le ciel est noir. Je prends la voiture. 21h00. Fin du boulot. Le rond point décisif vers la montagne n'est qu'à 200 mètres. En rentrant sur le rond point, j'ai dans l'idée d'aller faire dodo à la maison. A la sortie, je suis sur la route vers l'arrière pays. J'aime bien ces décisiosn impulsives prises en une micro-seconde. Je n'en ai pas assez souvent.

Il pleut les premiers kilomètres. Dans un premier temps mon objectif est de monter au Pelat à partir du Col de la Cayolle. Pont de Gueydan, nouvelle intuition. Partir du parking du Laus au pied du lac d'Allos. Accès plus long en voiture mais moins de problèmes de neige dans la montée et esquive du déniv de 250 mètres du col de la Petite cayolle au retour du Pelat, sachant que je vais rentrer en courant (je n'ai pas précisé mais je bosse à 13h00 demain et le boulot est à deux heures du parking donc à 10h30, il faut que je sois à la voiture).
Dans la Colle Saint Michel, je dois faire très attention aux chutes de pierres très nombreuses. Minuit. Je coupe le contact sur le parking. Réveil prévu à 4h00.
Tout est détrempé. Pas envie de déplier le matelas par terre donc dodo dans le coffre de la Polo. Moins pire que sur la banquette arrière comme en Corse mais abominable quand même. Trop petit pour dormir les jambes dépliées. Plus jamais ça. Sans parler du doigt qui lance. Je dors la main en l'air pour atténuer les lancements.
4h00, c'est raide, ouf... mais la libération du coffre. Du mal à me mettre en action. Un p'tit bout de saucisson et des fraises tagada et c'est parti à 4h30. Il fait 6°C. Longtemps que j'avais pas ressenti cette fraicheur, c'est trop bon. C'est la première fois de l'année que je monte dans le Haut-Verdon. Je n'ai pas idée de la neige résiduelle donc je prends les crampons et le piolet au cas où...

Une chose de sure, je manquerai le lever de soleil au sommet mais je ne pouvais pas faire plus vite à moins de ne pas me reposer un minimum.
5h00, le bout du plan de Méouilles au pied de la vraie montée. Encore nuit, mais ça va pas durer. Non, c'est pas en juillet qu'il faut tenter ce type d'expérience.

Un quart d'heure plus tard... Ben oui, ça arrive vite.
Bon, la montée du Pelat, c'est le sommet à 3000 mètres le plus facile des alpes du sud. Une autoroute tracée de 1000 mètres de déniv, d'abord en lacets serrés sous la barre du Pelat puis de longs droits sous le sommet avant de mettre les mains pour s'aider un peu sur les 50 derniers mètres (mais vraiment sans danger).
Première vision du sommet ce matin
Le sentier a été fortement endommagé dans la partie basse par les ravinements dus aux orages de ces derniers jours. On a l'impression de franchir des petites moraines par endroits, des tas de graviers très instables qui partent sous le pied et le torrent du Pelat qui est particulièrement virulent ce matin.

Quelques photos de la montée et de la vue vers le lac d'Allos.
Le sommet du Trou de l'Aigle...
Les droits du sentier sous la crête du Pelat. Un gros névé barre le chemin mais peu pentu pour représenter un danger important. Par contre, il fait vraiment froid et la neige est vraiment dure. D'ailleurs, j'ai mis les gants et le bonnet au début de la montée avant que la chaleur de l'effort ne me revigore.
Vous avez compris pourquoi on dit le Pelat?
Non? On pourrait l'appeler aussi le Cailloutat ou l'Eboulat ou aussi le Ventoux (mais là y'a un copyright déposé dans le Vaucluse)
Ben oui, je suis à la bourre pour le lever.
Le lac d'Allos et les tours du Lac.
Celle là un peu plus originale...
Ca devient bon. On arrive sur la crête. Derrière, normalement, les Ecrins, le Queyras et tous les sommets du Mercantour.
Tatatatata. Ouvrez le ban.
Au pied du Pelat côté est, c'est raide...
Et au fond dans la lumière, bien pointu, toujours aussi saisissant le Viso et ses 3800 mètres, le boss des alpes du sud. A gauche la massif du Chambeyron. Le col au premier plan, le Petit col de Talon qui mène au Cimet, le second 3000 du coin.
Et enfin au sommet, toujours fantastique, bien que la lumière soit un peu voilée. Il est 6h30. Deux heures de montée donc. Pas mal, content de ma performance.
Les photos d'en haut...Une demi-heure de contemplation même s'il fait fresh, environ 0°C, mais j'aime bien ces températures.
Me en balcon au dessus du lac d'Allos.
Me toujours (à peine narcissique)
Le grand classique du Pelat. Le lac d'Allos mais pas la meilleure photo de l'histoire.La crête qui mène au sommet, celle d'où on arrive.
Le Viso (à gauche) et la Tête de Moïse (à droite).
Celle là parce que je l'aime bien.
Les panoramiques et video maintenant traditionnels.


Descente...
Le chemin d'accès. Ah oui, c'est vraiment pelé.
Je ne me blaserai jamais de ces petites bêtes.
Avec le soleil sur le lac, c'est quand même beaucoup plus joli
Un petit crochet par le lac du Trou de l'Aigle...
J'adore cet endroit sauvage.
Bon, retour à la douceur.
Non, je ne me lasserai jamais.
Le plan de Méouilles. Un de mes endroits de bivouac préférés. On voit toujours des bestioles ici.
La preuve...Il y'a toujours un troupeau de mouflons et des chamois à profusion.
Un ado mouflon en pleine puberté.
Et la petite soeur.
Le plan de Méouilles.
Sur le gros chemin du lac d'Allos, bien fréquenté (trop) à cette heure avancée de la matinée par les randonneurs en tongs (faut dire que le lac n'est qu'à 45 minutes du parking), une dernière vue du Pelat.10h30 à la voiture... Nickel... Pas de stress pour aller bosser...
Il fait 11°C.
Je roule vitres ouvertes dans la vallée et la Colle saint Michel. A méailles, il commence à faire vraiment plus chaud, je mets le clim à fond pour rester au frais.
12h30... parking de l'usine... J'ouvre la portière... 33°C... The Shock.
Je ne m'en remettrai pas de l'aprèm, errant comme une ame en peine entre mes grignards bouillonnants (moins que les chefs, oserai-je ajouter).
21h00... libération...
21h15... extinction générale des feux.


Addendum:
ma dernière montée au Pelat datait de novembre 2007, un peu dans le même style avec une montée nocturne contrariée par la fermeture administrative de la route du lac, donc parti de beaucoup plus bas, ce qui m'avait fait rater là aussi le lever du soleil. L'ambiance était vraiment différente. Je préfère d'ailleurs ces couleurs d'automne.
Il faisait -15°C au sommet.
Le lac d'Allos...
Le lac du Trou de l'Aigle (il était plutôt à sec).
Peut être mes préférées

bibi qui a le visage pétrifié par le vent glacial.
Et le plan de Méouilles au lever
Et plus tard...
Pas mal aussi, non?
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Commenter cet article

Laélie 18/07/2009 05:20

Incomparables couleurs de la montagne à l'automne... Jolie sortie.

bigfoot 20/07/2009 23:19


ah oui, rien à voir entre le printemps et l'automne. on a l'impression d'être dans deux endroits diférents. je n'ai toujours pas réussi à me décider quand au décor que je préfère. mais est
nécessaire d'avoir une préférence?