dimanche 17 mai - les pozzis - toujours magiques

Publié le par bigfoot

Si si je persiste et signe. Que c'est beau.

Mais bon, qu'est ce qui fait que je me retrouve là aujourd'hui? C'était pas prévu.
Ben, c'est à dire que je suis en flux tendu au niveau des idées. Quand on pense que je fonctionne comme ça pour tout... Et après on dit que les hommes ne pensent qu'à une chose à la fois.
En fait, ce n'est plus le cerveau qui commande aux idées après la journée d'hier. Pas plus que ce que les mauvais pensants pourraient imaginer (pas là pour la galipette moi, j'ai des envies beaucoup plus nobles), mais ce sont les mollets qui décident.

L'Alcudina, c'est haut, c'est blindé de neige... Alors qu'à quelques kilomètres de l'hôtel, au col de Verde, il y'a le départ pour les pozzi, site que j'aime tant. Pas un voyage en Corse sans y monter en pélérinage. D'habitude, je tente des accès alternatifs, mais pour aujourd'hui, on va le faire à la cool, en suivant le GR20. Y'a pas à dire, niveau aventure, c'est plus ce que c'était chez bigfoot.

D'abord, p'tit déj. Ouverturte du coffre pour récupérer l'immonde mélange muesli, lait en poudre. L'odeur me saute au nez, même à travers les emballages. Ca va pas le faire, définitivement. Mais on aura compris que je suis plein de ressources. Je possède un collector au milieu de tous mes muesli: les chocopops que j'ai fauchés à mes enfants. C'est bien meilleur. J'en ai qu'un , mon joker, grillé dès ce matin. C'est mort pour les p'tits déj à partir de demain. J'ai l'habitude.

Parti sur le GR20, hop hop hop. Les jambes mega dures. Oh, mais c'est nul le début. I didn't remember. Oh mais ça monte too. Au moins je risque pas de me paumer. Y'a une marque rouge et blanche toutes les cinq mètres. Pas dit ça que je me loupe (ben oui) et petit détour en trail pour le récupérer de quinze minutes. Ca fait du bien à mon ego orientatif de me planter de temps en temps, histoire de me rappeler que je ne suis pas infaillible.

Au bout d'une heure, on atteint une faye (foret de hêtres, je fais le malin avec mon vocabulaire forestier qui en fait se résume à trois mots dont celui là) après la sapinière de Marmanau et ses immenses sapins et le franchissement du torrent éponyme sur une passerelle (pfff, des ponts maintenant sur les sentiers corses, on aura tout vu, bon hier au moins il m'aurait évité de me foutre à l'eau).
D'ailleurs, les godillots toujours détrempés suite à la fameuse mésaventure. J'ai remis les mêmes chaussettes, c'est que du bonheur niveau confort.

Les hêtres, eux aussi énormes. Après les sapins d'hier...
Mais comment font ils tous pour être si gros? C'est grâce à l'eau de Corse?
- Ben t'as qu'à en boire, ça te fera grossir.
- ahahah
- La bonne boutade
- Non, mais oh, je vous permets pas d'insinuer de telles choses.
- Et d'abord qu'est ce qui vous dit que j'en ai besoin?

Bon, c'est pas le propos ici. Nous sommes sur un blog sérieux dédié à... ben voilà, je sais plus maintenant.
Suivant...

Arrivée au bout d'environ trois heuresà la plaine de Gialgone, endroit plat et super sympa pour improviser un bivouac, sauf que c'est interdit. De toute façon, il est 10h du mat, je pense pas que j'ai besoin dresser la tente. Et comme je suis en viro à la journée...


A partir de là la bifurcation vers les pozzi, on sort de la forêt, la montée assez tranquille nonobstant (c'est un mot que j'adore, j'ai tendance à en abuser) mes canelles en plomb. Quelques arbres ont subi la colère de Zeus de ci de là. J'adore (aussi) ces troncs tourmentés au milieu de la forêt. Ca donne des perspectives et des sujets de clichés sympas (j'abuse aussi de ce mot, j'essaie pourtant de me contrôler).


Enfin les pozzines... Lieu toujours magique.
Pourtant, en cette fin mai, année de neige exceptionnelle, le site manque un peu du charme habituel.
L'herbe est encore jaunie de la neige qui la recouvrait. Les trous d'eau sont encore reliés les uns aux autres par l'importance du torrent qui dévale au milieu et les animaux pas encore montés par les bergers de Zicavo et de Ghisoni.




Ca empêche pas que ça reste super beau.


Mais les cochons, les vaches et les chevaux me manquent.



Deux possibilités pour avancer. Ou au dessus sur les névés résiduels pour éviter la zone humide des pozzis. Ou dans la zone marécageuse pour éviter de marcher sur les névés résiduels.
Forcément le choix de la zone marécageuse, c'est beaucoup plus marrant. De l'eau jusqu'aux chevilles à trouver les passages, éviter les chenaux les plus profonds. La régalade. Pour finir, une pause sur un caillou un peu en surplomb des étangs.

Au moment où je pose mon sac, un gars avec son fils pose le sien juste à cinq mètres de moi. Il arrive des névés, lui. Et on s'installe côte à côte alors que le secteur doit faire 10 km2.

Il est corse. Le look typique à la Antonnetti. Front bas, dégarni, petit, rablé, mal rasé, épais, des poignets comme mes chevilles, des avants bras comme mes mollets et des bras comme mes cuisses.
- ah ah ah, il doit boire de l'eau corse, lui... va au bout de la comparaison.
-  hmmm, c'est spirituel comme réflexion.

Comme d'hab, toujours un aspect bourru, pas avenant avec le pinzu que je suis.
Comme d'hab, toujours sympa, on partage notre repas ensemble. Bon, surtout lui, parce que moi, j'ai que des cacahuètes et des roudor à lui proposer.
Gavage de saucisson de sanglier tué puis fabriqué par ses soins, taboulé et pomme (je boirais bien un peu de son eau, histoire de... mais bon, si je fais ça, ma fierté androgyne sera bafouée).

Bref, il est marrant. La caricature. C'est l'heure de la sieste maintenant sous un sapin, sauf qu'y a pas de sapin. Une heure trente de marche pour monter, c'était long. Il a beaucoup mangé et partagé parce que le sac sera moins lourd à la descente (moi qui le croyais charitable). Jamais quitté la Corse. Pourquoi faire? Y'a rien de plus beau.

C'est vrai que c'est pas mal (et puis y'a l'eau... (faut vraiment que j'arrête avec cette c...))

 

Objectif de retour via le col de Pruno, descente par les lacs de Rina, récupération du GR20 et retour at home.

Sauf que la montée au col me tue complètement (quand je pense que j'avais envisagé un moment le Renoso... pas au top, le type). Gros névé sur le bas qui devient très raide ensuite pour continuer à marcher dessus dans des conditions de sécurité décentes. Et donc finir de monter dans le maquis hors sentier. En fait j'ai surtout la flemme de retraverser le névé pour récupérer le sentier sur l'autre rive du vallon. Un bon moment de solitude. Vraiment hard et désagréable.
Comme prévu arrivé au col, le versant nord du col de Pruno (1972m) est complètement obstrué par la neige, celle-ci à 14h00 transformée en soupe sous les 25°C ambiants, et la pente pour le moins raide. Bof bof, pas trop envie de me commettre dans ce type de terrain.
Le lac de Rina, lui aussi, est de plus encore noyé par l'eau de fonte de la neige et sa pozzine mal marquée également. Pas trop d'intérêt donc à descendre y faire une grosse sieste.

Donc chemin de retour à l'identique. Sous ce sapin, je crois que je vais me taper une grosse sieste.
Pas mal comme endroit, je sors les cacahuètes. Je tombes les shoes (hmmm, l'odeur des pieds trempés qui ont beaucoup marché).
Et hop, gros dodo.
Sauf que... Gros bruit derrière moi tout à coup. A un mètre, voilà t'il pas qu'un cochon est en train d'inspecter mon paquet de cahuètes.

Gros réveil aussi. M'a fait peur ce type.

Ensuite, long retour à la voiture.
Long trajet voiture.
Demain un petit tour dans la Restonica.
Nuit au camping à Corte.
Bruit insupportable en ville (on se croirait sur la Canebière)

Petit resto sympa, sauf qu'ils avaient plus de myrte. Et ça, moi je dis que c'est un scandale.
Donc
tarte aux herbes corses (les mêmes que chez nous, blettes, épinards...)
charcuterie
canellonis au brocciu
fromage (brrrrrrrr, roulement de tambour) corse
et gateau de chataigne

Dire que j'avais dit autonomie totale, que ma bouffe à moi (lyophilisée et cacahuètes) et camping sauvage.
Mal parti, niveau entrainement à l'inconfort, mais bon, ça doit être l'air de Corse qui donne envie de bonnes choses et de farniente.

Enfin, 7h00 de marche encore aujourd'hui avec de très mauvaises jambes et environ 900 mètres de déniv.
Mais je pense que demain, ça ira beaucoup mieux. J'ai passé le cap de la mise en jambes.

Video récapitulative.


Publié dans corse

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