samedi 16 mai - le col de Bavella - ça démarre sur de bonnes bases

Publié le par bigfoot

Réveil 4h00 du matin, encore faut il avoir dormi pour parler réveil.
Couché sur la banquette arrière de la Polo dont la forme des sièges est très marquée et très dure, il me faut longtemps pour réussir à m'extraire de la voiture. Complètement ankylosé de partout.
Cette expérience me révélant avec 40 ans d'avance la forme que j'aurai quand je serai tout vieux tout destroy.
Il me faut un palan pour réussir à me déplier. Une douleur atroce dans les hanches.
j'ai passé la nuit couché en chien de fusil. Rarement nuit a été si peu réparatrice. Plus jamais ça.

Oh, j'étais garé juste à côté d'un torrent. On va y faire quelques abblutions et manger le premier muesli de la saison. Depuis mon expérience négative l'an dernier en Islande, c'est vraiment un produit qui a du mal à passer. Et en effet, rien que l'odeur me dérange. Je mange tout mais très difficilement tel un hamster qui fait des réserves dans ses joues. Toute la journée, j'aurai le goût du bidule dans la bouche.

5h30, je suis au col de Bavella. Grand soleil. Avec une idée somme toute assez vague de ca que je veux faire. Je suis monté plusieurs fois au col par le passé, mais je ne me suis jamais attardé à y marcher.
Là le but est de prendre la variante alpine du GR20 et remonter jusqu'au col du santon, voir à quoi ressemble la tête du vallon de Polischellu puis en fonction, allonger la ballade vers l'Alcudina ou la pointe Muvrareccia. Et compte  tenu de l'état de forme, ça pourrait être abrégé plus vite que prévu.


Montée raide mais géniale au milieu des formes complètement délirantes des rochers.


Ouf, le col au pied de la tour I. Je me répète mais j'hallucine totalement dans cette zone où pas un cm2 de roche n'est tourmenté.


Enfin je bascule en côté nord. Je me demande où peut passer le chemin autour des tours compte tenu de la verticalité de l'endroit.


Il est encore très tôt et les brumes n'ont pas envahi la côte. La vue sur la côte est saisissante, merveilleuse (faut que je calme les superlatifs, sinon, je n'en aurai pas assez pour finir le blog). On devine le trou de la Punta Tafunata di i Paliri.


Un passage chainé est indiqué sur la carte. Moi qui suis pas un warrior de la verticalité suis un peu circonspect quant à ce passage. Finalement, ça passe super facilement. et je progresse rapidement au milieu des tours jusqu'à Bocca di u Pargulu à 1662 mètres (400 mètres de déniv en valeur absolue, mais les montée et descentes incessantes doivent déjà m'amener vers 700 mètres je pense) et derrière apparait le sommet de l'Alcudina.
Ouf, c'est loin. Bon, on va pas y monter aujourd'hui.


Au col, c'est rigolo, toujours ces rochers délirants.


A gauche la mer, à droite l'Alcudina et ses 2134 mètres.


Une sente facile mène à la bocca di u Santu, mais un petit peu piquante pour les mollets. Première rencontre avec la végétation du maquis corse.


La montée à ce col n'est pas innocente. Il est l'échappatoire du ravin de Polischellu, un des torrents qui dévalent de Bavella. Depuis quelques années, j'envisage d' y randonner en le remontant puis en basculant au retour par l'exceptionnel vallon de Purcaraccia. Mais en ce mois de mai, j'avais peur de la neige résiduelle qu'on pouvait y trouver.
Bon ça va, y'a pas de neige. Par contre, j'avais lu que l'échappatoire était évident. t'as raison. Qu'est ce que c'est raide.

Donc tout à coup beaucoup moins enthousiaste pour y descendre demain, mais c'est un autre jour. Occuppons nous du présent très proche. Maintenant, Quoi moi je fais? Il n'est que 11h du matin.
Il parait qu'il y'a un passage facile sous la tour VII qui amène à la bocca di Maro, porte d'entrée vers les hauts sommets de Bavella, Fornellu et Muvrareccia.
Bon, je ne trouve pas le passage facile et je sens vraiment pas l'itinéraire (ça doit être le même qui a dit que le col du santon était un échappatoire facile). Donc je redescends sur le GR20 pour me diriger vers le refuge d'Asinau. Bien sûr, reprendre le même chemin pour faire demi tour est une chose inconcevable pour moi. Non, faut aller droit à travers.
L'idée...ben voilà j'ai usé mes superlatifs pour les panoramas, je sais plus quoi dire maintenant.
L'idée de m... alors. Oui, Ca colle parfaitement.
Broussailles, ronces, cailloux roulants, des barres rocheuses de ci de là.
Pffff. Tu tombes, tu meurs empalé sur les épines.
Après une heure de plaisir intense à me griffer les mollets et à chercher le meilleur passage, j'arrive enfin sur le GR20. J'ai bien dû gagner une minute grâce à ce raccourci.
Le GR20... tafiole, va... tu veux pas l'autoroute aussi?
Longue descente jusqu'au torrent où je fais des rencontres vraiment sympa (voir vidéo à la fin de l'article).

Au torrent d'Asinau, qui se franchit à gué (yes, yes, yes... j'adore), pause sympa. Je veux me prendre en photo à faire le beau sur les cailloux au mileu du torrent.
En parlant d'Asinau, il y'en un beau en train de braire au milieu du torrent. Il s'est vautré lamentablement avec de l'eau jusqu'aux genoux en courant pour prendre la pause avant le déclenchement de l'appareil.
Les pompes totalement trempées bien sûr.
L'appareil photo s'est déclenché. A deux secondes près, on avait le cliché bouffonesque des vacances.

L'honneur est sauf, y'a personne à part des cochons de ci de là...

Objectif nouveau, le col d'Asinau. Au moins, y'aura pas le torrent.
Début de la montée... splitch, splatch...splitch, splatch... trop agréable.

Il y'a là des sapins d'une taille hallucinante (on me voit pas trop, mais je suis au pied de l'arbre sur la photo suivante)


La montée est très dure. Je passe en rive gauche pour ne pas rester sur sentier. A croire que la leçon de la descente de la bocca di u santu n'a pas porté. La même galère que tout à l'heure sauf que là c'est en montant.
Ca fait quand même 6 heures maintenant que je suis sur le pont. Je marche sur la végétation. Je m'enfonce dedans mais pas jusqu'à toucher le sol tellement les branches des arbustes sont résistantes. C'est tuant pour les jambes.
Et vu les deux derniers jours et surtout nuits réparatrices passés, je suis déglingué. Les crampes commencent à monter dans les cuissots. Pour le comble, je me rends compte maintenant que j'ai perdu ma casquette. Pas bien grave, y'a plus un arbre maintenant, il est 14h00. Il doit faire pas loin de 30 degrés et il me reste environ 6 heures pour le retour avec plus de jambes en état de me porter.
T.V.B. (tout va bien)
Bon, j'ai de l'eau.

Bref, arrivé au col d'Asinau, y'a longtemps que j'ai abandonné l'idée de monter un sommet. La Muvrareccia, ce sera pour une autre fois. Belle vue sur la côte orientale qui gagne à être vue du plus haut possible.

C'est beau, allez, on s'cass'.

Le retour, tout par le GR20. Les guides disent que c'est monotone pour entrer à Bavella par là. Mais j'ai pas envie de reprendre le passage dit alpin (qui n'a que le nom) de l'aller.

Bon, ben c'est monotone, interminable, long...La route du col qu'on aperçoit au loin qui jamais se rapproche...

Ca descend... Ca monte... C'est long... Il fait chaud... Ca descend... Ca monte.... Ca descend ... Ca descend... C'est long... Ca descend encore (plus bas que le col) ... Ca monte... Ca descend... Il fait chaud... Ca monte... Ca monte... CA MONTE... Ca me commence à me gaver grave...

P'tit break au dernier torrent avant le col.
Là, mon coté WWF reprend le dessus. L'ami des animaux.
Ado, je sauvais les crapauds en remplissant les fossés autour de la maison pour qu'ils ne s'assèchent pas avant que les tétards ne soient capables de voler de leurs propres ailes (euh, c'est une image bien sûr).

Donc là, plusieurs centaines de tétards sont bloqués dans une petite flaque en train de diminuer alors que le torrent coule abondamment à un mètre de la flaque. C'est con, les tétards des fois.
SOS tétards j'écoute... Mission sauvetage lancée. Je ramasse tous les tétards à la main et les balance dans l'eau courante à côté.
Quelle fierté. So proud de mon action. J'irai au paradis.
Bon, après, je me dis...
Ils étaient dans une eau à 30°. Je les mets dans une à 5°C sans leur mouiller la nuque avant. S'ils claquent pas d'hydrocution...
Après, le stress du transport...
Ceux que je tombe en route et que je pousse du doigt sur la roche
Ces ânes, ils restent dans une flaque sans courant. Ils ont pas compris qu'ils vont se faire avoir pareil? aie aie aie, ils me méritent pas.
Je les pousse donc dans le courant. Evidemment, y'a une cascade de cinq mètres. Je sais pas si le tétard aime le canyonning. En bas, doit y'avoir des truites.

Ouais bon, il va pas en survivre des masses.

Vingt lignes pour parler du sauvetage des crapauds, quelle aventure. On va croire que c'était pas bien palpitant comme journée.

Bon, finir d'arriver au col, il est 18h00.
Ca nous fera 12h00 dehors... Quand même... même si les trois dernières heures auraient dû être bouclées en une seule si j'avais été en meilleure forme.

Voiture.

Premier truc, s'arreter à Zonza pour acheter une casquette de rechange. Vais avoir l'air bien beauf avec ma casquette Corsica.

Second truc. Euh, mais je fais quoi au fait demain?
1/ je suis bouilli, style Cagna d'il y'a trois ans, à ceci près que ce coup ci, j'avais de l'eau à volonté, que je me suis pas paumé et que j'ai pas été piqué par les guêpes.
2/ il fait vraiment très très chaud
3/ la haute montagne, c'est vraiment chouette.

Donc Cagna qui était un objectif de revanche programmé pour cette année, elle attendra un autre voyage. Je pense qu'elle m'en voudra pas.
L'Alcudina à partir des pozzines du Coscione me tente bien.

Go to the north. Les places de camping sauvage limitées. Le camping traditionnel, pas envie.
J'arrive à Zicavo vers 20h30.
Mort complet.
Je vois l'hotel du tourisme. Tiens. Pour me régénérer, ce serait pas mal.
Donc acte.
M...! ils prennent pas la carte bleue
M...! j'ai pas de sous (j'ai jamais de sous)

Qu'à celà ne tienne, la patronne me propose de la payer plus tard et de lui envoyer les sous par la poste. Vous avez déjà vu ça?
Merci encore.
Chambre simple, mais vieillote, pas de tv, l'impression de dormir chez mes grands parents.
Le très très gros dodo après la très très grosse douche.

Très belle journée donc, même si très, trop, longue.

ah oui, la video
les z-animaux que j'ai vus aujourd'hui


ps: les spécialistes auront constaté une boulette dans les titres.
J'ai ressorti mes planches de Linné et de Buffon (pas celui de batman), c'est une salamandre et non un triton que j'ai croisé au pied de Bavella.





Publié dans corse

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Commenter cet article

Laélie 28/05/2009 18:45

Le tour des aiguilles de Bavella par la variante alpine... un sacré souvenir ! Paysages superbes et une langue de 3 km de long pour finir le tour par le GR...