30/10: Mont Clapier (3045 m) ...enfin presque

Publié le par bigfoot

Après une semaine de merde de cet acabit rarement atteinte, il faut absoliment que je transforme mon rtt du vendredi en réussite totale. Loi de l'équilibre oblige.

Et pourtant, ça ne s'est pas super bien passé... De magnifiques paysages... Forcément me dira t-on quand on ballade dans la Gordolasque... Mais qu'est ce que j'ai galéré à cause de ma maladresse voire de ma bêtise.

Déjà, du mal à me lever. 1h de retard sur la programmation initiale. J'arrive seulement à 7h30 au Pont du Countet. Il fait déjà bien jour, alors qu'à l'origine, j'avais planifié un début de montée de nuit.
Et c'est parti pour la montée interminable vers le refuge de Nice. me saoule cette montée, toujours le même préliminaire avant l'éclate au delà du refuge. une monotonie infernale toujours répétée ici. Je monte par la rive droite, comme d'hab.
Derrière le lever du soleil sur la cime du Diable...
Je peux bourriner comme je veux, je n'arrive jamais à gagner beaucoup de temps sur la montée initiale au refuge de Nice. 1h45 aujourd'hui, mon record je crois.
Bon, c'est la première fois que je redécouvre ce refuge depuis qu'il a été rénové. Pour la petite histoire, j'avais prévu de monter à la Malédie début octobre sans savoir que c'était le jour de l'inauguration du refuge new style. Un truc de dingue en arriavnt au pont du countet à 5h00 du mat.  Les deux parkings blindés. Je n'avais rien compris à ce qui se passait mais j'avais fait demi tour, impossible pour moi de randonner dans un secteur avec plus de 500 personnes autour de moi.
le Clapier est le sommet enneigé à droite. Ca parait jouable.

Au pied du refuge, il faut quitter le sentier prinicpal pour en prendre un tout petit signalé par un gros cairn au confluent des vallons de salèse et du Clapier. D'après le topo, il faut monter sur la crête entre les deux vallons. Donc je vais prendre à gauche de celui du Clapier... logique quand tu me tiens... et puis c'est cool, c'est le dernier endroit qui reste à l'ombre...
J'ai bien chauffé dans la montée au refuge. Je suis désormais en tee shirt et j'ai un peu ouvert le haut de mon pantalon gore-tex tellement je fume. En haut, sur la terrasse du refuge, les gens m'observent avec parka, bonnet et gants. Vais encore passer pour un hurluberlu.
Forcément en montant par la gauche du Clapier, le chemin est plus court sauf qu'il n'y a pas de chemin. Dès les premiers mètres, je me frotte à des plaques de neige gelée particulièrement piégeuses. Insiste, Gary, insiste, t'es sur la bonne voie. Oh, que c'est joli, je vais bien prendre une photo. Merde... Mon appareil... il est plus sur moi... oh merde... flash... je me rappelle exactement où je l'ai posé quand j'ai consulté la carte en bas du refuge. Je jette tout par terre et redescends en courant le récupérer. Ouf, maintenant, faut remonter en courant aussi pour purger la punition d'une telle connerie. Arfff, arfff, arfff, uhhhhhhhhhhhhhh,.... arfff...uhhhhhhhhhh... Super bien parti ce matin, aucune "positive sensations ni nice vibrations".
Et si le coup de l'appareil photo, c'était un signe des anges pour me dire que je me suis gourré de chemin et qu'il faudrait en prendre un autre moins engagé... Je deviens mystique à l'approche de la quarantaine et des évènements subis par les copains de ces derniers jours. Besoin de prendre l'air et de me défouler mais vraiment mauvais feeling, c'est peut être ce qui explique les ratés de ce matin.

Au fond du vallon, les pentes sont raides et la neige verglacée, donc la progression difficile vers l'amont. Aussi je me décide à remonter plus haut toujours en rive gauche en direction des barres de la cime Asquasciati. Complétement au jugé, je n'ose imaginer le chemin du retour. Pour contourner la glace, je m'oblige à de petits pas d'escalade très simples, mais bon, c'était pas prévu au journal de bord et je ne suis toujours pas un grand fanatique de cette pratique, surtout en solo.
En face, on devine un des lacs Niré sous la Cime Niré et la tête du Lac Autier. Au moins le paysage est somptueux, la lumière magnifique.
Au bout de longtemps, je décide que ce que je suis en train de faire, c'est très bête et qu'il est temps de redescendre au fond du vallon pou ressayer de retomber sur les lacs du Clapier pour me repérer précisément et trouver le bon passage pour monter au sommet. Donc acte, sauf que tout est toujours gelé. Pas évident. Enfin, je me décide à sortir le piolet à la place d'un des batons de marche. En contre bas à une cinquantaine de mètres, je découvre la trace d'un groupe important qui est passé par là. Bonne nouvelle. Me voilà requinqué.
Mais pour rejoindre la trace, il faut traverser une grosse pente bien glacée. C'est trop tôt pour chausser les crampons. Il n'y a pas encore dans la zone de neige continue. Je vais pas m'amuser à les mettre, les enlever, les remettre et ainsi de suite. Le piolet suffira.
Au bout de trois ou quatre pas sur le névé, je n'arrive même plus à creuser la neige avec mes chaussures, surface lisse sans aspérités marquées. Encore un pas et blam... les pieds ripent... et zou le toboggan... heureusement que j'ai sorti le piolet tout à l'heure. Je le plante dans la glace. Il ne bouge pas. Sauvé... Plus qu'à finir comme ça les cinquante prochains mètres avec le piolet planté dans la neige pour me tenir. Les chamois sont morts de rire.
Enfin une zone plus ensoleillée en même temps que je récupère la sente. Tout de suite la neige est plus molle, c'est plus simple. Egalement je susi maintenant dans la zone d'enneigement continue. Je mets les crampons au cas où. Avec le piolet, je suis paré maintenant à toutes les éventualités.
Grosse montée dans le vallon au dessus des lacs du Clapier en tirant droit vers le nord est le plus directement possible.
Un bref aperçu de la Malédie et du Gélas. Peut être aurait il été plus opportun de monter en versant sud est d'après les amas de neige que je vois maintenant. En tout cas, ça aurait été plus vite dégelé.
Jusqu'à la bifurcation entre le sommet et le chemin qui mène au pas ouest du Clapier, c'est un régal. Enfin, j'oublie un peu toutes les emmerdes du matin et de la semaine.
2600 mètres, plus que 400 et c'est gagné. Ca parait simple vu d'ici. Le Clapier nous offre de ce côté ci sa partie le plus arrondie. La pente ne parait pas insurmontable. Quelques cairns dépassent et la trace est déjà marquée.
La neige est de nouveau gelée malgré le soleil.
Tant que je marche vers l'est, c'est tranquille, au fond du vallon, puis le chemin fait un brusque crochet plein nord pour attaquer les dernières pentes sous le sommet. Les cairns ont disparu, je continue à suivre la trace en me demandant si c'est une bonne idée, si les gars ne se sont pas gourrés. Tout ça ne me dit rien qui vaille, la pente est de nouveau très forte.
Et la trace n'existe quasiment plus. Un certain nombre des gars a dû rebrousser chemin. Mais moi, j'insiste derrière les pas du dernier gars qui avait continué. Droit vers le sommet, je suis à 2900 mètres. Je suis persuadé maintenant que je ne suis plus sur le chemin "officiel" du Clapier. La pente est à plus de 45°. Je monte quasiment comme sur une échelle. Tout ce que j'aime quoi...
Je sors sur un petit promontoire. La pente est encore plus raide pour finir. Non, ce n'est pas le bon chemin définitivement. Il faut redescendre... comme sur une échelle... et ça j'aime définitivement pas. Si ça part, c'est 500 mètres de glissade qui m'attendent.
Bon, si j'écris, c'est que j'ai survécu (à moins qu'on soit dans le 6° Sens)...
Tentative alors de contournement de cette grosse pente mais sans trop de réflexions, mais au dessus d'un aplomb assez saisissant. J'ai des impondérables pour la fin de journée et il faut que je me grouille et ce n'est vraiment pas ici qu'il faut se speeder, mais alors vraiment pas du tout. Et le téléphone qui sonne...
Philippe qui me call pour me demander ce que j'ai foutu du joint de la vanne 3 voies que j'ai démontée hier matin. pfff... même ici le boulot qui me rattrappe...
Stop sur un gros caillou. Histoire de réfléchir (pas au joint, je m'en fiche)...Et puis, une fois qu'on est dans le gaz et qu'on a les baguettes qui tremblent, c'est pas facile de revenir au calme. J'ai carrément du mal à faire rentrer les crampons dans la glace. Non, il faut que j'arrête, je ne suis pas assez fort pour réussir à passer ici. Tant pis, à moins d'une demi-heure du sommet. Décidément, les 3000, en cette fin de saison, me sont défavorables.
Descente géniale jusqu'aux lacs, super rapide. La neige a au moins cet avantage de gommer tous les accidents de parcours des rochers et des cailloux qui font mal aux genoux.
Nouveau regard vers le sommet et les barres qui m'ont coincé. Oui mais si plus à gauche ou plus à droite... Stop de refaire le film, t'as perdu,..., t'as perdu, basta... On rentre.
Un régal de descente donc, juste une seule fois je me susi fait avoir en passant à travers jusqu'à la taille, je me demande encore pourquoi là en plein milieu d'un gros névé. Disons que ce sont les impondérables de la neige.

Enfin l'arrivée aux lacs, je redescendrai par le chemin normal et cairné et surtout ensoleillé jusqu'au refuge.
Il est pas bien lui?
Le même en dézoomant, tout à gauche.
Les lacs du Clapier à 2600 mètres, très bel endroit.
Je croise un couple, bonjour du bout des lèvres...
Pas de crampons, ni de piolet et elle sans bâtons, je les regarde continuer leur montée dans la neige un tout petit peu ramollie par le soleil, il est midi. S'il passe dans des secteurs à l'ombre, ils vont bien galérer. Déjà que là, ils sont obligés de taper comme des mules pour enfoncer leurs shoes dans la neige... bref, on s'ent fout, z'ont qu'à être polis.

Moi qui veut prendre la place du chamois.
Le Clapier une dernière fois pour la route. Et si j'étais passé par là... ou par là... ben oui, mais t'es pas passé par là.Petit effet miroir
Et donc la descente par le vrai chemin et c'est vrai que c'est autrement plus simple.
Qu'est ce que j'aurai vu comme chamois...
Soleil d'après midi finissant un peu au-dessus de l'arrivée au pont du Countet.
Cascade de l'Estrech. J'aime beaucoup celle là. L'eau ne tombe pas en chute directe mais glisse sur un plan incliné.
Ce secteur me fait beaucoup penser aux sources du Golo en Corse.
Inclinaison des pentes et course du torrent. Forme arrondie des rochers.

Il suffit de remplacer les mélèzes par des pins Laricio, les rodhodendrons par des aulnes et le gris de la pierre par du rosé. Plus arrondir un peu les sommets moins effilés au Golo et nous sommes en Corse.
Bon, d'accord, ça n'a rien à voir...
Couleurs d'automne...
7h30 de marche après le départ, et je plonge la tête dans le torrent au pied de la voiture. Trop chaud, trop de sensations aujourd'hui... Mais le bad feeling évacué...
Enfin, décidément, la neige et moi, je crois que ça le fera jamais...

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Pascal S 07/11/2009 18:49


Bonjour !

C'était effectivement le dernier we ou il falait bien profiter des couleur d'automne !
super joli ces mélèzes !
@+


Valérie 01/11/2009 23:56


La neige et toi, ça peut le faire si tu passes où y faut... M'enfin, si tu préfères amuser les chamoix, c'est toi qui voit !