30/09: Pointe Côte de l'Âne (2916 m)

Publié le par bigfoot

Deux jours après l'Enchastraye et deux nuits de boulot entre temps et j'ai décidé par ce temps magnifique de monter à la Cote de l'Ane., secteur ruiniforme séparant Tinée et Var.

Je prends de l'âge, je n'arrive plus à partir directement après le travail à 5 heures du matin. Obligé de passer par mon lit et un petit dodo de trois heures avant de me relancer. C'est pas bon de vieillir.

Décidé de pas râler sur cet article (désolé, Christian)... Mais pourtant on peut pas dire que je sois calmé depuis avant hier, loin de là...

Presque deux heures de bagnole derrière des vioques en citroën AX ou XM,des camping-car belges du plat pays, sans parler des travaux de dingue engagés par le conseil général (ah... ce plan de relance, la crise fait pas que des pauvres... marre d 'être pris pour un con... depuis qu'Estrosi est ministre, j'ai vu plus de travaux en trois ans qu'au cours des 15 dernières années... je garde mes réflexions...je râle pas...) pour monter à la Cayolle et se garer sur le parking de Sanguinières. Une journée exceptionnelles de luminosité. Malheureusement, il est déjà midi. Je ne vais profiter que d'une demi journée et j'ai loupé le lever du soleil et la fraicheur matinale, mais je ne pouvais pas faire mieux.

Zone totalement différente du Salso Moreno d'avant hier. Pourtant, il doit pas y'avoir plus de 20 bornes entre les deux secteurs. C'est ce que j'aime dans le Mercantour, cette diversité si marquée entre chaque vallée. On peut en une semaine de rando changer de "pays" chaque jour.
Ici, à deux mille mètres d'altitude, nous sommes au départ dans la forêt de mélèzes. Beaucoup trop tôt encore dans la saison pour que les arbres aient viré à l'orange (à l'or pour les poètes).
Secteur très agréable, doux sous les pieds,  bien ombragé sous le chaud soleil et presque plat.
Bon, ça ne dure pas plus d'un quart d'heure, après les cabanes de Sanguinières, on prend tout de suite à droite pour quitter le fond du vallon et attaquer la montée vers le Col de la Roche Trouée. Rapidement on prend de l'altitude, le terrain change, plus rocheux et la forêt disparait très vite.

Première vue sur la Roche trouée. J'adore l'aspect ruiniforme de cet endroit.
Le sentier bien que non balisé est très très bien marqué. Il y'a des passages fort surprenants où le chemin a été construit avec d'énormes rochers. Qui a pu faire ça? Il faut des trolls pour manipuler les blocs cyclopéens qui dallent le sentier. C'est dommage, je n'ai pas eu le réflexe de prendre photo ces passages. J'imagine qu'il devait y'avoir des mines ou une carrière à cet endroit jadis et qu'ils ont eu besoin de fabriquer un sentier à peu près stabilisé pour faire passer des carrioles ou des boeufs.
j'ai pensé par contre à prendre le panoramique vers l'ouest.
La forêt de Sanguinières donc d'où commence la montée et au fond les deux pics, à gauche le Pelat, à droite le Cimet.
Pour monter la Côte de l'Âne, il ne faut pas louper à gauche vers 2400 le sentier assez net qui part au niveau d'un gros cairn.
Montée plus soutenue, des passages sur des éboulis très stables mais désagréables.
Le sentier monte d'abord nord ouest jusqu'à la crête au-dessus du Trou de l'Âne (il s'agit d'un immense cirque presque parfait de deux km de diamètre et quasiment fermé, on pourrait presque croire à la caldeira d'un volcan).
Suivre le sentier de crête jusqu'au lacet suivant puis l'abandonner pour aller vers l'est sur une sente mal marquée. Là, il faut désormais bien repérer les cairns pour éviter de s'embarrer dans des zones ravinées infranchissables.
On arrive d'abord sur une petite plate forme au bout de 10 minutes.
Il faut bien monter sur la crête et ne pas passer plus bas directement vers le sommet au risque de se mettre en galère (croyez moi, c'est l'erreur que j'ai faite).
Entre l'arrivée sur la crête et le sommet lui même, il faut contourner par le sud une petite antécime. Les vues sur le cirque sont impressionnantes. On vient d'arriver tranquilou bilou le long de pentes herbeuses pas trop raides et juste derrière la crête un vide de plus de 300 mètres. C'est saisissant.
Le spectacle devient magnifique, d'autant plus que mes potes bouquetins sont de sortie.
On domine la Roche Trouée et au fond à droite la Cime de Pal.
Encore quelques bouquetins...juste devant le sommet de la Pointe Côte de l'Âne.

Il faut marcher de niveau après avoir contourné l'antécime jusqu'au bout et dominer le vide au-dessus de Gialorgues (on devine les cabanes à gauche dans le vallon).
L'endroit est absolument extraordinaire.
Il rest à monter une vingtaine de mètres en mettant un peu les mains pour arriver sur la plate-forme sommitale. Environ 10 mètres par trois, l'aplomb au dessus du Trou de l'Âne est plutot saisissant. On est juste au-dessus du sommet carré de Fort Carra.
Mais du sommet, on ne se rend pas trop compte de la verticalité de l'endroit où l'on se trouve. Ce n'est qu'un peu plus tard que je vais prendre conscience de l'endroit génail où je suis.

En attendant, avant hier, j'étais à l'Enchastraye. J'avais été marqué par l'alignement Tête de Moïse et Viso.
Ici, encore mieux.
A ces deux là, s'ajoute l'Enchastraye dans un alignement quasi parfait. C'est peut être la plus belle vue de la saison.
Penser que j'étais en haut de ce sommet (le premier, restons modeste)... Frissons de plaisir.

En se tournant et en regardant vers l'ouest, les sommets dominants le Trou de l'Âne, notamment la Pointe du Trou de l'Âne (à droite) où je compte monter au retour. Au fond toujours le Pelat et le Cimet et encore plus au fond entre les deux 3000, la Grande Séolane.
une petite photo pour la postérité (un peu grassouillet, non? va falloir y remédier)
Retour par le même chemin. Faut dire qu'on a pas trop le choix si on veut rentrer en un seul morceau.
Au fameux lacet où l'on avait quitté le sentier, on reprend celui ci en montant pour aller hands in the pocket à la Pointe de Trou de l'Âne.
Oui, bon, ça fait pas rêver, c'est clair... Mais en haut...
Ah ben oui, c'est sublime.
le sommet du milieu, c'est la Pointe Côte de l'Âne...et bé... si j'aurais su... j'aurais pas osé y monter...
Comme quoi... toujours la vieille expression de Sénèque.
"Ce n'est pas parque les choses sont difficiles que l'on n'ose pas, mais parce que l'on n'ose pas que les choses sont difficiles."
A gauche le "domino" comme ils disent dans les topos de Fort Carra.
Et on domine de 400 mètres le trou de l'Âne. Moi je dis que c'est un des plus beaux endroits du mercantour.
A force de dire ça, que c'est toujours le plus bel endroit du Mercantour, mes suparlatifs perdent un peu de sens, hein?

J'ai trouvé la soluce pour gommer le grassouillet, j'enfile la polaire... fallait y penser et on n'y voit plus rien.
Derrière moi à 50 cm, c'est le vide absolu (note pour les collègues de boulot: et j'utilise même pas un roots)
L'autre jour à l'enchastraye, il y'avait beaucoup d'aigles dans le ciel.
Là aussi, quelques uns dans les airs et c'est vraiment pas simple à prendre en photo ces bidules là. C'est qu'ils vont vite les zigottos (un t ou deux t). Voici la meilleure obtenue après avoir vidé la carte mémoire par un mode rafale infini.
Peut mieux faire.
Faut rentrer à la maison... mais avant je ne peux envisager d'être si près du Col de la Roche Trouée sans essayer d'y monter. Ca va commencer à faire beaucoup de déniv à force, mais dans ces zones de gros cailloux, je redeviens ado, moi.

Retour sur le sentier en fond de vallon et on remonte doucement vers l'amont et le col.Sur la gauche, me dominent les sommets où je marchais tout à l'heure.
C'est toujours quand je suis en bas que je me rends compte des hauteurs et des distances parcourues.
A gauche la Pointe Côte de l'Âne. C'est parti pour le début de la montée du col. Pas de sentier, Plusieurs traces cairnées montent dans le dédale des blocs. Il faut en choisir une et s'y tenir (style pas comme moi qui passe d'une sente à l'autre en galérant sévère par endroits).
Ca y'est, une demi-heure de montée et enfin le col vaincu. On le devien mal mais les rochers du premier plan sont les deux gros qui ressortent sur les photos du col vu d'en bas.
La vue sur Gialorgues et ses lacs est encore une fois divine.
Bien sûr, faut aimer les paysages plutôt austères.
Allez, une dernière de la Côte de l'Âne et de Fort Carra.

Ah oui, les pentes de la Roche Trouée, c'est ça.
Un petit côté semblable au Mont saint Honorat de par la couleur et de par l'empilement des blocs.

La descente vers la voiture est très triste. Magnifique soleil rasant. J'aimerais tellement planter la tente ce soir et m'endormir en même temps que le soleil se couche. Profiter de ces instants au milieu des chamois.
Mais non, pffff, faut même se grouliier pour être à l'heure au boulot ce soir à 20h30.
Pourtant, je me répète ce serait pas cool de dresser une tente là?
Au dessus, la Pointe du trou de l'Âne...
Plus que 20 minutes et c'est la fin de la journée...

Nostalgie...

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Valérie 24/10/2009 22:02


Superbe balade ! Je me demande pourquoi je suis partie au bout du monde, j'aurai dû me prendre une année dans le Mercantour !!!


bigfoot 24/10/2009 22:39


c'est marrant, je pensais exactement le contraire