30/04: préambule...

Publié le par bigfoot

Autant le dire de suite, rien ne s'est passé comme prévu pour l'ensemble de ma sortie...

 

Je me suis pris deux trois buts dans le maquis qui m'ont amené à reconsidérer tout un programme longuement réfléchi depuis plusieurs semaines avec l'aide de Philippe, grand amateur de la face cachée de la Corse. Nous en reparlerons un peu plus tard dans le récit.

 

Le programme initial était donc le suivant...

Le choix de Bavella est un choix un peu par défaut. J'aurais préféré trainé mes guêtres dans la Restonica autour du Renosu parce que je suis en grand manque de "haute" montagne avec cet hiver épouvantable qui ne veut pas en finir. Mais je suis parfaitement conscient que ce ne sera possible en regardant les sommets du mercantour sous lesquels j'habite complètement immaculés de blanc à des altitudes aussi basses.

 

Quatre jours de marche dans la soupe et des chemins aussi verticaux que ceux croisés en Corse me conduiraient droit au carton, donc Bavella et ses altitudes plus modestes, mais aussi son maquis impénétrable et ses parois verticales totalement inaccessibles au piètre grimpeur non équipé que je suis.

 

Le projet bavellien est qualifié de "cinglé, mais pourquoi pas" par les autorités compétentes qui ont pignon sur rue en Corse.

Les deux premiers jours seront consacrés au"giru di Vangoni", décrit par Charles Pujos, autre grand taré de cette île, qui permet de boucler les deux ravins de Polischellu et de Purcaraccia.

Les trois autres jours en traversée depuis les aiguilles d'Urnicciu, la traversée des Ferriate, la remontée sous Punta Tafunata di Paliri (avec crochet optionnel au sommet), redescente dans les ravins du haut Cavu qui m'amèneront par un judicieux cheminement réfléchi entre leurs confluences à bocca di Lariciu. De ce col, traverser à qui mieux mieux à la one again jusqu'à bocca Fumicosa d'où je reprends la crête des Terrasses qui me conduira au trou de la bombe.

De là l'autoroute pour rejoindre le col de Bavella où j'auto-stoppe jusqu'à bocca di Larone où j'aurai préalablement laissé la bagnole.

 

Putain, rien que d'écrire le projet, je suis déjà fatigué... 

Une bonne leçon donc, quand j'ai un projet farfelu, je l'écris sur papier... Si je suis pas fatigué, c'est qu'il est réalisable, sinon, c'est que c'est trop dur...

 

Une chose est sûre, s'il pleut, mon aventure est mort-né... Les prévisions sont inquiétantes... aie aie aie...

 

Avant de rejoindre le maquis doux, caressant et velouté de Bavella, il faut d'abord se frotter au non moins pire maquis urbain.

 

30/04... Deux jours de formation/récréation au boulot me permettent de décompresser et de partir l'esprit libre vers 16 heures pour rejoindre Savone à deux heures de chez moi. C'est quand même terrible de devoir prendre le ferry à Savone et de rentrer par Toulon quand t'habites à Nice pour aller à Bastia. Ca doit être le mondialisation, moi, je dis...

Le bateau décolle à 21 heures. j'ai tout mon temps.

 

Peu de circulation, tranquille. Approche de Savone, les panneaux de la corsica ferries commencent à apparaitre.

Ca fleure bon les vacances, le petit break express, le petit aparté au quotidien. Il fait beau, il fait bon... (j'ai des références musicales qui risquent de me faire perdre l'élite intellectuelle de mes lecteurs)

Plus j'approche de Savone, plus les panneaux de la corsica ferries ont disparu...

???????

Ca fleure bon le plan foireux.

Moi, on m'a dit que le bateau partait de Savone, je vais à Savone. Logique non?

18h... Corso Garibaldi, plein centre de Savone (ou Victor Emmanuel, ou machino chosa). Bref, peu importe le nom, je suis bloqué dans le bordel. Au bout c'est le port avec pour panneaux juste le macaron de costa croisières.

Ca pue la défaite, j'ai dû louper un truc depuis l'autoroute.

Enfin, deux km plus loin et une demi-heure plus tard, j'arrive au port avec douanes, grues et tout le bordel d'un gros port industriel absolument pas destiné au tourisme.

le gugusse de la guitoune me voit arriver et surtout perpléxer devant les docks. Je crois qu'il comprend de suite l'erreur que j'ai commise avant de me demander mon problème.

Ben oui, je me suis gourré de port, la corsica ferries, c'est un autre port à quelques km à l'ouest. Je vois dans son regard son mépris quant à ma connerie. Je lui en veux pas pour autant, je suis encore plus en colère contre moi même que tous les gugusses du monde dans leur guitoune réunis.

 

Le retour par le bord de mer vers le bon port est plus simple, moins encombré et j'arrive largement dans les temps à l'embarquement.

Et là c'est presque le drame...

Encore troublé peut être par mon erreur précédente, je vais me garer calmement derrière un 4*4 dans la file d'attente devant le bateau.

Je coupe le contact, m'appuie la tête contre le siège et ferme les yeux. Ouf, enfin un peu de calme après le stress de cette dernière heure.

10 secondes, pas plus qu'un type déguisé en sémaphore vient taper contre ma vitre. Il pousse des hurlements, habillé avec une veste dont les manches sont entourées de bidules dorés des poignets jusqu'aux coudes, idem les épaules et une casquette de dictateur de pacotille sud-américain.

Je comprends tout de suite qu'il s'agit du gars chargé de diriger l'embarquement sur le bâteau. Lui fais signe que je l'ai pas vu, baisse la vitre et lui dis que je suis désolé mais il continue de gueuler autant.

Il y'a pas mal de choses que je déteste mais au-delà de toutes, dans mon top of the top, ce sont les abus d'autorité. Que t'investisses un connard d'une autorité quelconque et qu'il joue de cette autorité en t'écrasant de hurlements me fait dégoupiller à la vitesse de la lumière.

Je sors de la bagnole en claquant la portière de toutes mes forces à en décrocher les enjoliveurs et la plage arrière et me précipite sur lui pour lui faire fermer sa gueule. Il doit pas avoir l'habitude et fait un geste en arrière puis se ressaisit et vient coller sa gueule contre la mienne à confronter nos haleines.

Front contre front, je ne sais pour quelle raison à ce moment là lui comme moi relâchons l'excès de testostérone et nous reculons soufflant comme des boeufs mais avec des regards de killers.

Au moins, c'est le silence quand je retourne à la bagnole. Que je romps en démarrant avec ma corsa ecoflex dans un wheeling calamiteux...

Dans les cales du bâteau, ce coup ci, ils ont plus besoin de mon aide pour se prendre la tête, ils s'engueulent entre eux.

Ahhhh!!! la corsica ferries!!! A chaque fois la même chose, ils t'embarquent à la fourche comme dans un wagon pour les camps de concentration. Tu payes moins mais t'as pas le sourire à l'accueil...

Une fois embarqué, c'est plus cool, plus sympa, mais alors, la partie bagnole, quelle plaie...

 

Bon, une fois embarqué, je vais direct à la piaule, mange trois cacahuètes sorties de mon sac à dos et une bière et m'endors instantanément ou presque avant même que le bâteau ait quitté le quai. Alors pour l'ambiance à bord, je peux pas en dire beaucoup...

Une chose de sûre, c'est que je vieillis... Dans le passé, j'aurais dormi à même le sol dans les couloirs. Pour la première fois de ma déjà très longue vie (42, bordel), je m'offre le luxe d'une cabine pour être en forme demain à Bastia à l'atterissage.

 

Bastia lendemain premier mai à 7h30, RAS...

La route pour le sud tout de suite... je m'arrêterai sur la route pour boire un café et acheter deux croissants. J'espère pouvoir commencer le giru vers 10-11 heures.

L'arrêt à Ghisonaccia est insupportable.

Je m'arrête au premier bistrot sur la droite. Un petit café initial pendant lequel arrive un groupe du troisième âge sorti d'un bus ch'ti qui me fout un bordel infernal dans le troquet avec leurs cris et cet accent discret dont je n'ai pas l'habitude (je reste diplomate pour pas perdre mon lectorat du nord). Je voulais profiter des latrines mais ils sont déjà dix devant. La porte ferme pas et la chasse d'eau est en rideau.

Bienvenue en Corse, les ch'tis...

Bon alors je me casse au second bistrot sur la droite où je bénéficie d'un accueil que je qualifierai au mieux de moyen. 

A la boulangerie, vingt minutes d'attente pour deux croissants décongelés d'il y'a une semaine à écouter les complaintes du boulanger avec la touriste belge à propos de la dureté du travail et du peu d'argent qu'il gagne pour tant d'heures travaillées.

Ils me gonflent d'une force ces mecs qui se plaignent de pas gagner d'argent pour tant d'heures travaillées. Alors, mec, si tu gagnes pas d'argent pour tant de travail, c'est que soit t'es pas bon, soit tu t'es gourré de créneau. En tout cas, la meilleure chose que t'as à faire, c'est de passer à autre chose.

 

Vous voulez que je vous dise? Vivement la pampa...

A 10h30 environ, je suis garé au pont de Polischellu... Et si on attaquait les réjouissances, les vraies...

Alors passons au chapitre suivant...

 

 

 

 

Publié dans corse

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Corse sauvage 24/06/2013 13:24

Bon, il faut quand même que j'insère quelques commentaires de mon cru dans cette série d'articles où mon nom et mes Site Web/Blog sont évoqués !
Ce que j'aime bien chez David, c'est qu'avant de décrire la "Corse sauvage nature", celle qui est le centre du contenu de mes sites, il commence par décrire la "Corse sauvage urbaine"...
On ne peut que mourir de rire à lire ses démêlés avec le port de Savone, le sbire de Corsica Ferries (j'ai des histoires de SBIRES, mais elles concernent le refuge de Ciottullu di I Mori !),
l'environnement idyllique de Ghisonnaccia, ... avant le coeur du sujet, la vraie Corse sauvage.

bigfoot 30/11/2013 14:17



Bon, Philippe avec 6 mois de retard,j'attendais d'avoir fini tous mes articles pour commenter tes commentaires. Me voici donc prêt... Action... (le genre de commentaire au commentaire qui sert à
rien, ma foi)



Rachel 10/06/2013 12:12

Ahahah je t'imagines pas te battre .... j'aurais voulu voir ca :))))
Jte jureeeeeeeeeeeeee ....tu t'en sortiras pas vivant!!!!

bigfoot 10/06/2013 16:03



moi non plus , je m'imagine pas...


je croyais juste lui faire peur... ça a pas marché... c'est moi quiai eu les fouettes ;)