25/12: refuge de Paliri

Publié le par bigfoot

l'article le plus court de l'histoire de mon blog.

 

Au réveil, le feu est éteint, comme prévu. Et c'est pas plus mal, j'aime pas consommer du bois lorsque je n'en ai pas vraiment besoin. Même à 6°C hier, c'était un peu abusif d'allumer le feu, mais bon, c'était la nuit du réveillon.

 

Je reste couché jusqu'à 10 heures du mat. Le vent fait taper les volets, hurle dans la cheminée. Il y'a comme une atmosphère d'apocalypse dehors.

Mais il ne pleut pas, contrairement à ce que je croyais et je râle comme un putois après ma fainéantise. Je viens de perdre deux heures de temps acceptable de balade. Sachant ce qui va arriver cette nuit. Je n'aurai plus d'aussi belle occasion de marche.

Je vais me contenter donc d'un tour vers la punta de l'anima damnata. Du plateau du refuge, je vois les lignes de crête du haut-Cavu. La punta di Bonifaciu qui était le point nodal de mon projet est le sommet tout à gauche. Je devais passer par l'un des couloirs de droite, bocca di Lariciu.

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Sous un angle nouveau pour moi, mon affreux massif des Ferriate et le versant où j'ai échoué au mois de mai.

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Je repère Foce Finosella, petit col qui pourrait permettre de faire le tour de la punta tafunata. Si le temps reste en l'état, la tentative à travers le maquis peut s'envisager, même si je crains les chutes de branches sous le fort vent.

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La punta Tafunata est libérée de sa gangue de nuages ce matin. Peut être pourrai-je tenter later le sommet plus tard dans la journée. J'ai emporté avec moi le matos du parfait via-ferratiste. Si la roche n'est pas trop glissante et que je peux atteindre la partie équipée, ça peut le faire.

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J'adore cette face.

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Descente le long du GR20 quelques centaines de mètres avant de couper vers la punta à travers des bois presque propres (selon le référentiel corse) et rejoins la base du pic, moment où je me rends compte sortant de l'abri de la forêt qu'il commence à pleuvoir.

Bon, ben voilà, on va rentrer. C'est fou comme le refuge sous la montagne percée me parait loin tout à coup.

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Sous la punta animata, je découvre tout un attirail d'alpiniste abandonné, coinceurs, friends, mousquetons et dégaines en grand nombre.

Pourquoi autant de matos ici? Y'aurait un gars entrain de monter? c'est pas possible, pas dans de telles conditions aussi tempétueuses, à moins d'être cinglé.

Un accident par le passé et le matos du gars sera resté là? Je n'imagine pas possible qu'il ait été perdu par son propriétaire, la base d e la punta étant si restreinte.

Bon, je touche à rien, faut pas déranger les esprits, on sait jamais que ce serait une offrande aux dieux du coin. Il doit y'avoir beaucoup de trolls qui sortent ici la nuit. Ne surtout pas les contrarier.

Je contemple tant bien que mal la pointe acérée sous le gros temps qui n'en finit pas de monter et essaie de deviner les diverses voies d'escalade.

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Ca commence à souffler.

Je rentre au refuge en ligne de niveau sans avoir recours au GR le long d'une vague trace cairnée en une petite demi-heure. Quelle aventure!!! C'est nase.

Et en profite pour enfin vous offrir une photo du refuge qui est devenu mon meilleur ami.

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Il ne pleut pas vraiment quand j'arrive au refuge et commence à établir des plans sur la comète en regardant le ravin tombant vers l'est, celui de Finosella et me dis que si ça se corse pas d'ici demain, je pourrais rentrer en mode maquis par foce Finosella.

Sauf que c'est une sortie de projets, de souvenirs plus ou moins lointains... Vouloir n'est pas pouvoir. Je sais pas si je construis des souvenirs mais remplis à coup sûr le sac des frustrations.

Je n'ai d'autre choix que de subir, à moins de vouloir m'exposer inutilement. Déjà que le maquis est compliqué sur le sec, alors sous la pluie et surtout je crains les chutes de branches.

Alors j'attends... et je lis...

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Je finis Dan Simmons et son cycle d'Hypérion. J'en peux plus de Simmons... Trop emberlificoté, on se croirait dans une forêt d'aulnes. Inextricable.

J'ai adoré "Terreur" (sauf la bascule dans le fantastique qui est l'essence du bouquin me répondra t-on). Illium + Olympus= grosse migraine. Olympus aurait dû se contenter de fabriquer des appareils photo.

 

Après, les critiques m'ont survendu "l'Echiquier du mal". Pffff... Départ génial, mais pffff, et repffff...

 

Alors reprendre derrière un auteur de base de SF comme Asimov me libère les neurones. J'avais jamais lu le cycle des robots. C'est simple à lire et à comprendre, vachement original, surtout en contextualisant l'époque où il est écrit. Les recettes les plus simples sont les meilleures. 

Hein, quoi de meilleur que les crêpes? Ca vaut pas le coup d'aller s'emmerder à fabriquer des forêts noires ou des paris-brest.

Hein, quoi de meilleur que papa dans maman plutôt que d'aller risquer un lumbago dans la position 42, version b du rite tantristounet du kamasutra des indiens d'Europe transboréale du sud de l'est?

 

Bim, bam... Un robot qui te sort déréglé de l'usine et un couillon qui doit comprendre pourquoi les lois de la robotique ne fontionnent plus. Des nouvelles de 50 pages et hop, suivant... limite l'éjaculation précoce l'Asimov.

 

La déco est bizarre dans le refuge et ne me pousse pas pour ma part à l'éjaculation précose. C'est qui ce type, Justain Bébert?

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En attendant...

Et le projet dernier de rallier Bavella par le chemin des écoliers meurt dissout sous la pluie qui tombe enfin en milieu d'après-midi.

Je me rappelle d'une photo sur la page de Philippe, grand manitou du site Corse Sauvage, consacrée à ce secteur et m'amuse à la parodier par contraste avec son passage estival.
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Chaque refuge a son bruit, son âme... Je ne fréquente généralement que les refuges d'Islande et préfère la tente ou le rien du tout dans mes randos estivales dans les alpes du sud.
En Islande, sous le vent, j'ai souvent l'impression d'entendre un bruit de moteur, d'être dans la salle des machines d'un vieux sous-marin ou d'entendre le destroyer au-dessus du moi cherchant à m'envoyer ses grenades sur la tronche (désolé pour l'analogie mais je viens de voir "le bâteau" en streaming).
Mais c'est vraiment ça, un bruit cyclique, quasi mécanique et d'une régularité d'horlogerie.
A Paliri, c'est tout autre...
C'est ça.

Curieux, hein? Moi j'adore...

Je suis obligé de fermer le volet de la porte d'entrée, l'eau commence à rentrer par les fentes le long du cadre de la porte-fenêtre à cause du vent et menace d'inonder tout le sol de la pièce.

Pffff, faut passer la serpillière... Tu parles de vacances...

La nuit tombe tôt...

Heureusement que j'ai deux tomes d'Asimov pour tenir la soirée. 

Je suis bien occupé à entretenir le feu que j'ai ranimé en début d'aprèm.

Vers 21h, je dors... Et on se revoit demain pour le braque de Weimar.

Publié dans corse

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