24/11: Carrozzu - station d'Asco

Publié le par bigfoot

C'est vrai que ce refuge, il est vraiment super sympa, je l'achèterais bien comme résidence de montagne.

P1030476 [Résolution de l'écran]Sympa devant parce que derrière, bof, espace sacrifié aux utilités, des tuyaux qui partent dans tous les sens pas enterrés, les panneaux solaires (qui permettent d'avoir la lumière dans le refuge, c'est bien cool à cette époque de l'année où il fait nuit à 17h30), et un bungalow douches chiottes du plus bel effet condamné pour l'hiver.
C'est pas un refuge, c'est un hôtel. Depuis quand on se lave à l'eau chaude à la montagne? Manquent plus que les tapis roulants pour t'amener vers les sommets. J'aime pas trop le gros confort en ces endroits.
Bon, alors les mecs, ils selavent mais ils remettent leurs fringues pourries dessus ensuite... Moi je suis cohérent... Je reste crado, comme ça je peux repartir avec les fringues sales de la veille.

Problème de ce refuge en hiver, c'est qu'il y'a pas d'eau (je parle pas d'eau courante). Pas trouvé de source à proximité, donc depuis hier soir, comme j'avais pas envie de descendre à la frontale au torrent, je n'ai consommé que le demi-litre qui restait dans ma gourde. Et ce matin, j'ai soif et faim. Je déjeunerai donc à la mythique passerelle de Spasimata à un quart d'heure d'ici.
Vraiment un très bel endroit. Je manque de me tuer dix fois dans la descente tellement j'ai le regard acéré ce matin et le pas agile.
P1030480 [Résolution de l'écran]Elle est là tout en bas, but ultime de nombreux amateurs de rando à la journée. L'endroit est vraiment super beau. Ca se comprend tout à fait.P1030481 [Résolution de l'écran]
Cette passerelle me fait bien sûr penser comme tout le monde au film "les randonneurs" et j'ai en tête également quelques photos de la foule qui se baigne dans les vasques en dessous.
Aujourd'hui, 8h30 du matin, je suis tout seul. Ah ben mince alors, je verrai pas de topless.
P1030489 [Résolution de l'écran]P1030485 [Résolution de l'écran]J'ai essayé de faire tanguer la passerelle en traversant mais ça rend pas trop.


Pour prendre de l'eau dans le torrent je manque de me vautrer là aussi sur les dalles très glissantes quand elles sont mouillées, alors que ces mêmes dalles sont d'une adhérence stupéfiante quand elles sont sèches. Je me suis même pris souvent pour Spiderman sur certains passages.

Bon assez rigolé, le ventre plein de mon désormais fameux et expérimenté mix lait en poudre-nesquick, je m'attaque enfin à l'assaut des pentes abruptes du GR20 dans ce quartier.
C'est magique, d'une beauté fatale, rien à voir avec le topless, mais quand même, ça se laisse regarder.
P1030500 [Résolution de l'écran]Le chemin est sécurisé en plusieurs endroits au niveau de ces fameuses dalles qui peuvent être éminemment casse gueules par temps de pluie. Quant au balisage, ils ont, me semble t'il un peu abusé sur la peinture. Tu risques pas de te perdre même dans le brouillard (encore que je dis ça, je m'étais loupé une fois sur le chemin des pozzis alors que le balisage était aussi important, et il faisait grand soleil avec une foule immense).
P1030502 [Résolution de l'écran]Les heures passent, mais l'altimètre me donne une altitude toujours faiblarde. J'ai du mal à comprendre pourquoi je ne suis pas plus haut. Soit il est détraqué, soit il y'a un énorme anticyclone qui écrase mes performances, soit je rame... A votre avis?
Ben oui, le poids est l'ennemi du randonneur. On le savait, mais en Corse...
Carrozzu est grosso modo en haut de la forêt. On voit Calvi tout au fond et les reliefs du Mercantour (pas facile à voir sur la photo)
P1030506 [Résolution de l'écran]1600 mètres,je suis en versant nord, je commence à marcher dans la neige.
Enfin le lac de la Muvrella pris par la glace. Pas très esthétique.
P1030507 [Résolution de l'écran]Plus que 200 mètres à monter pour franchir ma brèche qui me permettra de basculer sur Asco (de Gama (tous les calembours à 2 balles, je les ferai, n'ayez crainte)).
Neige très molle, extrêmement désagréable à pratiquer. On passe à travers,on se coince entre des rochers, les bâtons se prennent dans les épineux. Un pas en avant, un pas en arrière. Je vous fais grâce pour aujourd'hui de la comptine de la bergère qui allait au marché, sinon, je vais perdre des lecteurs.
Mais je peux vous la chanter... Non? bon, ok.
P1030508 [Résolution de l'écran]Bref, tout ceci ne me dit rien qui vaille pour l'étape dantesque du GR de demain, le franchissement du Cirque de la Solitude par le col Perdu (tout un programme).
Ouf, enfin.
Un regard derrière pour regarder une dernière fois les environs de Calvi.
P1030510 [Résolution de l'écran]Et un regard en avant pour découvrir le massif du Cinto avec les pics dominant la Solitude et les vallées du Filomorsa.
P1030517 [Résolution de l'écran]P1030515 [Résolution de l'écran]Petite descente avant de poursuivre en traversée jusqu'à bocca di stagnu. Une montée aditionnelle à a Muvrella (2148 mètres) (c'est à dire la meuf du mouflon en corse) avec une vue exceptionnelle..
Idem vidéo panoramique à insérer quand j'aurai compris de quoi il retourne avec leur nouveau bidule.

Bon, le cirque de la Solitude, compte tenu de la galère pour monter cet aprèm, plus les portions enneigées que je voies devant moi ne m'inspirent guère. La descente du col vers la station d'Asco est démente. Pas de neige, mais qu'est ce qu'elle est abrupte et désagréable... Chargé de mon gros sac, j'ai les genoux qui dégustent sévère.
Une petite vue du col depuis en bas côté Asco.
P1030521 [Résolution de l'écran]The Asco Ski Station: candidats à la déprime, si vous avez peur de réussir votre test de moral, montez ici. Je crois qu'il n'existe pas de paysage de montagne plus désolant que cette station jamais terminée et aujourd'hui à l'abandon. Un immense parking. Deux grands immeubles délabrés avec un gite et un snack (fermés).
Une maison toute moche des années 70 qui fait office de refuge et dans lequel je n'ai pas envie de mettre les pieds ni même ne serait ce que de voir à quoi il ressemble.
La descente m'a dissuadé définitivement de me lancer dans le cirque. Je ne suis pas assez costaud physiquement à mon sens pour tenter le passage dans des conditions quasi hivernales avec mon barda.
Comme j'ai l'intention d'aller voir un peu vers Popolasca si les pentes sont moins raides et l'herbe plus verte, je change mes plans et décide de ne pas affronter le cirque mais de descendre au village d'Asco puis de basculer dans le Niolo via le col de Serra Piana.
Sur le parking, je croise mon premier autochtone entre deux 4L en train d'essayer d'en faire une à partir de deux. C'est la tête de delco, je lui dis en déconnant (c'est la seule panne que je connaisse). Il est sympa, mais sympa, à l'image de la station... Tout juste s'il me répond.
Bon, je crois que si je veux pas me jeter sous un train, il faut vite que je me casse de là. En plus, pour couronner le tout, pas loin y'a un maçon qui est en train de bosser avec du Charles Aznavour à donf à la radio. Arghhhh, c'est trop pour moi. Vite, direction Asco Downtown et je planterai la tente dans le premier recoin recevable pour mon confort.
Deux lacets plus bas, une piste part dans une zone de reboisement récent. 200 mètres de plus pour me mettre à l'abri des regards indiscrets à côté du torrent et je dresse la tente sur la piste même, seul endroit plan et non colonisé par le maquis. Il fait tout juste nuit quand j'ai fini mon trafic.
Premier essai ce soir de mon nouveau réchaud à bois. Parait que ça marche bien. Vaudrait mieux si je veux pas manger froid. Nickel mais c'est de l'esclavage. Il faut alimenter en permanence avec du bois. Il consume tout à une vitesse délirante (t'as l'impression que tu brules un arbre à la minute). En 10 minutes, mon litre de flotte bout. Régalade avec mon carri de thon à l'antillaise et ma mousse au chocolat, sans parler de mon thé au gingembre revigorant.
Gros dodo sans rêves.

carrozzu asco [Résolution de l'écran]


Publié dans corse

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