24/08: Eskifell - Jokulsa i Loni

Publié le par bigfoot

J'ai faim...

Tellement faim que ce sont les crampes d'estomac qui me réveillent. Du coup, mes théories fumeuses sur le rapport de l'homme à la faim en prennent un sérieux revers.

Quand t'as faim, non, t'es pas efficace, tu penses surtout à bouffer.

Ce refuge, aussi sympa et fourni qu'il est, n'a pas de victuailles à dispo, rien que du thé et du café soluble à gogo et ça nourrit pas son homme.

 

Pour commencer la matinée donc, beaucoup d'eau chaude aromatisée de diverses sortes de thé plus un gros café le plus noir possible ajoutés à mon traditionnel nesquick. Si, un bon paquet de gateaux trainait planqué dans le sas caché par des sandales "Asadi" (4 bandes au lieu de trois, on n'arrête plus le progrès).

 

Dehors pluie et vent menacent. On pourra pas dire que j'ai eu beau temps cette année. J'ai très mal à la cheville ce matin malgré le repos de la nuit qui était suffisant jusqu'à maintenant pour atténuer la douleur et tenir la journée.

 

Je sais que mon début de journée va être sous le signe de la très grosse montée. J'ai repéré hier soir le sentier en face. Deux passages, un très court, juste après la passerelle, où l'on doit s'aider d'une chaine pour se hisser en face.

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Ensuite un long plat le long de la rivière au milieu des paysages délirants...Plusieurs départs de balades (plus que des balades je pense vu le relief du quartier) sont indiqués sur la droite. Avec un peu de patate, je pourrais en prendre un pour partir vers l'ouest et rester dans les montagnes pour rejoindre Höfn sans passer par la nationale.

Mais là, ce n'est plus possible, je n'ai plus le choix. Il me faut rester raisonnable et ménager la cheville. Je marche tellement au ralenti que j'ai perdu deux jours en deux semaines. Pas parce que je suis contemplatif, mais juste parce ce que je marche trop lentement. Le glacier a fini de me tuer. Je suis d'ailleurs inquiet sur les conséquences de tant de jours marchés sans repos ni soins (note de l'auteur: en fait un peu plus d'un mois après le retour en France, la douleur est toujours présente même si elle ne m'interdit plus de marcher à tout va dans le Mercantour. On fera le point dans 20 ans pour voir les séquelles).

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Donc rester sur le sentier et rejoindre au plus direct la route. Ce qui ne va pas être une sinécure au vu du second raidillon de la journée.

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D'autant plus qu'au lieu de prendre le vrai chemin, je me plante et prends la raccourci en ligne droite à travers la montagne... 

Mais avant, j'appréhende tellement cette montée que je profite un long moment du vallon d'eau claire à son pied et de sa confluence avec la Jokulsa.

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En haut de la montée sous un vent très fort désormais, je retrouve la piste qui descend à la mer. Très rapidement j'arrive au départ du sentier pédestre qui lui va longer la Jokulsa en balcon.

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Dernier regard sur Mulaskali, endroit paradisiaque, le plus beau de ce voyage.

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Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que ça va être super beau aujourd'hui encore.

Arrive la confluence enfin avec la Viðadalsa. Je suis persuadé que marcher le long de cette grosse rivière claire doit apporter son lot de plaisirs visuels.

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Le sentier finalement ne longe pas les gorges. Les points de vue sans détour compliqués vers les falaises sont fastidieux. Et je ne peux définitivement plus m'autoriser le moindre détour.

C'est dommage, je n'en prends pas moins plein les rétines avec les montagnes environnantes et les pelouses du plateau sur lequel je marche. Mais c'est dommage de passer à côté d'une telle gorge sans l'explorer.

Enfin, c'est comme ça, pas de regrets à avoir.

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Le retour de ces ravins casse-pattes encaissés...

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Quand on dit que le piétinement abime le tapis végétal...

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Une chose est au moins sûre, je suis peut être le dernier être vivant sur cette terre après l'holocauste atomique qui s'est abattu la semaine dernière sur terre, mais avant, il y'avait foule dans le quartier...

Le dernier humain que j'ai vu, c'était Martin à Kverkfjöll, le 18 août.

Depuis s'est déjà écoulée une éternité... le désert absolu, la rivière chaude, le dédale de montagnes et de ravins, le glacier, la tempête et le brouillard, la chute dans la rivière, le confort des derniers refuges, la douche, les montagnes colorées maintenant.

C'est mon dernier jour, je suis déjà en train de me remémorer le voyage, les temps forts, les doutes et le plaisir.

Dans quelques heures, je serai dans la plaine, de retour auprès des gens.

Comme chaque année, la sensation de fin est contrastée... Plaisir d'avoir réussi, tristesse de retour au quotidien.

Il me manque cette fois la sensation d'accomplissement. je ne ressens pas les vibrations habituelles. J'ai l'impression d'avoir juste fait le job. Serais je en train d'arriver au bout du chemin avec l'Islande? De commencer à rentrer dans une routine trop régulière?

Blasé? Peut être... pourvu que non... Heureux sont les innocents qui découvrent pour la première fois le pays de leurs rêves. Nos yeux d'enfant innocent laissent si vite leur place au regard acéré de l'adulte, habitué à la critique de son expérience.

Comme il serait bon de pouvoir appuyer sur la touche reset une fois par an.

Mais je me disperse, il faut marcher encore et encore... Je ne suis pas arrivé.

Autant la sensation de fin est contrastée, autant celle de faim est bien réelle.

Au fond d'un vallon bien abrité du vent, dans lequel la descente a été excessivement douloureuse pour ma cheville, je me régale de mes tous derniers carrés de chocolat et derniers cerneaux de noix que j'agrémente de quelques myrtilles. 

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Jamais je n'aurai porté de sac aussi léger en Islande. Il me reste juste assez pour déjeuner demain matin et deux lyophilisés pour ce soir, soit selon la grosse mado à peine plus de 1000 kcal pour mes vingt derniers km.

Alors, monter est dur pour mon organisme fatigué après 200 bornes sous le mauvais temps et descendre trop douloureux... Il va falloir serrer les dents.

J'ai du mal à comprendre le cheminement à venir pour rejoindre le lit de la Jokulsa. Je vais devoir rentrer dans une gorge très étroite, Kambagil qui va sortir au pied d'une falaise verrouillant les gorges de la Jokulsa vers le sud.

Bon, le chemin est marqué, inutile de se poser trop de questions existentielles, y'a qu'à suivre.

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Sentier raviné, très net, parfois un peu limite en léger dévers sur des pentes croulantes, par moments au bord de l'eau, parfois beaucoup plus haut. 

Quelques petites cascades sympas. Le paysage est entrecoupé de zones éboulées multicolores et de prairies.

On y perd un peu le côté grandiose des paysages précédents, la vue se réduisant aux parois de la gorge.

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Beaucoup de vent, heureusement dans le dos. Les rafales sont parfois violentes au point de me déséquilibrer et parfois sur des passages où l'équilibre est plutôt important à tenir.

L'aval de la gorge me confirme ce que j'ai lu sur les cartes. Ca ne passe pas. Le sentier passe astucieusement au dessus pour partir sur un nouveau ravin parallèle.

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Après un assez long moment pas très agréable, on arrive au point clé, passage dans le fameux verrou qui va permettre de basculer dans la plaine derrière.

Quelle idée de tracer un tel chemin ici dans une telle pente...

Impressionnant? oui, plutôt... mais vraiment sans danger.

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300 mètres de déniv plus loin, et dire que je pensais que je ne ferai que descendre aujourd'hui (j'en suis pas loin de 800 aujourd'hui) et une vue somptueuse à nouveau sous très gros vent.

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Encore quelques mètres et le col... 

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Et la mer... au loin à 20 bornes... Voilà, ça y'est, j'y suis, c'est gagné.

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Malgré le très gros temps, je prends une longue pause. Je profite encore un petit peu des hautes terres. Dans un instant je quitte les délires de la montagne islandaise.

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Finalement, c'est loin d'être aussi simple pour rejoindre la vallée. On reste longtemps sur les hauteurs en plein vent sans plus aucun abri.

Il me faut presque deux heures pour rejoindre le secteur d'Eskifell.

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Cette transition est finalement beaucoup plus intéressante que je ne l'aurais crû.

Pas mal de myrtilles pour occuper. De très nombreux arrêts pour récupérer de la douleur de la cheville.

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Encore un regard vers l'arrière. Tous ces sommets au patronyme en -tindur me tentent pour un voyage futur.

Ils doivent être particulièrement difficiles à atteindre, ravins infranchissables, crêtes effilées, barres rocheuses, météo capricieuse. Je me les énumère tous, essaie de repérer les passages clés, juste pour mon plaisir intellectuel du moment à réfléchir à un itinéraire.

Un de ces jours, je retournerai ici tellement la montagne est belle.

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Je renonce très vite à aller vers Eskifell et son refuge.

Je veux essayer d'avancer un max ce soir et ne pas me confronter à l'énorme gué de la rive droite sur la Skindidalsa.

Franchir la passerelle de la Jokulsa i Loni et passer en rive gauche sera le symbole de la fin définitive de l'aventure.

Tout ce secteur d'Eskifell que je ne fais que frôler en restant au plus près des rives est magnifique, très différent de ce que je viens de voir, aux petites collines couvertes de mousses et de quelques bosquets d'arbres.

La Jokulsa moins violente rajoute encore une touche sympa au paysage.

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La passerelle...

J'ai beaucoup de mal à l'atteindre... d'un point de vue psychologique...

les 500 mètres de descente auront été un réel calvaire pour ma cheville. Obligé de descendre en crabe pour garder le pied bien droit. Toute orientation de celui ci vers le bas ou l'intérieur m'arrache un cri et des suées glaciales dans le dos.

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Voilà... c'est fini...

Les boules, vraiment les boules... dans trois jours, retour au boulot, au quotidien, aux emmerdes inutiles qui n'apportent rien à la vie.
A la routine, à l'habitude... Je déteste cette passerelle... Je quitte la vie que j'aime vers la grisaille d'en bas, tout là bas au loin. J'entends déjà la rumeur du bruit, l'odeur de la pollution, les conversations amères des gens désespérés... Pourtant, je croyais après ma si difficile année passée que ces sentiments de rejet de ce monde auraient disparu... Il n'en est rien.
Du bruit, de l'agitation vaine, je n'ai rien à faire de l'autre côté de ce pont.
Pourtant je n'éprouve pas de satisfaction cette année à la réussite de ma traversée.
J'ai fait le job... point... je devais m'éprouver, me faire mal, pousser la machine vers ses limites, histoire de conjurer une fois pour toutes cet accident de l'an dernier.
C'est fou comme un petit incident tel que celui-ci a pu avoir des conséquences aussi importantes sur mon mental et mes actes à venir.
Je franchis mon Styx.
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Et si l'aventure n'était pas tout a fait terminée?
Ce qui change aussi par rapport à l'habitude, c'est mon besoin de voir des gens, de plus en plus fort. Mais où sont ils tous, bordel? Que leur est il arrivé?
J'ai cette inquiétude depuis plusieurs jours qui devient de plus en plus prégnante. ca n'a pas de sens mais j'ai du mal à contrôler mon angoisse.
Et s'il était arrivé quelque chose à mes enfants, me glisse sournoisement mon sixième sens...
Si une chose a changé dans ma vie depuis ma paternité (et ça commence à faire un moment..), c'est ma vulnérabilité, ma fragilité face à leur propre destin.
Il n'existe plus un depuis leur naissance où je ne pense à leur avenir, aux pièges qui les attendent.
Je croyais être un type positif, à l'abri du cafard et des idées noires. Depuis 10 ans maintenant, elles sont toujours là qui rodent en périphérie de mes pensées, n'attendant qu'un instant de faiblesse pour s'insinuer en moi.
En même temps, j'ai perdu ma liberté absolue, mon insouciance... Je suis dépendant de leur avenir et vice versa... Je n'ai plus le droit de me rater et de sombrer dans mes délires de largage des amarres.
Toutes ces conséquences que l'on ne mesure pas au moment du choix d'avoir des enfants. Il faut être prêt, accepter les conséquences de leur irruption dans notre vie qui ne sera plus jamais la même.
Je ne l'étais pas, pas préparé à sacrifier mon égoïsme, pas préparé à la responsabilité nouvelle.
Aujourd'hui, sans doute, je le vivrais avec facilité. J'ai appris depuis à faire la part des choses, à comprendre mon fonctionnement, mes désirs profonds, les limites de ce que je peux accepter.
Il parait que la vie est faite de compromis et de concessions.
Et si ces vilains mots n'étaient juste que preuve d'amour, alors ils perdraient toute leur signification négative.
Je crois que je suis prêt au bonheur, me dis je sur cette passerelle balançant gaiement sous le vent.
Comme en 2008 et 2009 à la sortie de ces traversées éprouvantes en fait...
"Que va t-il m'arriver cet automne?" je me demande aussi...
Jamais depuis que je voyage en Islande il ne se passe quelque chose de violent en moi lors de mes retours... Rencontres, impossibilité de revenir dans le flot quotidien, crise de nerfs... toujours un truc...
Jamais je ne rentre indemne, jamais, et aussi douloureux que ça puisse parfois l'être sur le moment, qu'est ce que c'est bon après le coup de grisou.
C'est sans sans doute ça que l'on appelle la vie, sentir un bouillonnement intense dans ses veines, avoir le cerveau dégorgeant d'idées, de projets d'envies et de désirs.
Mais... et s'il était arrivé quelque chose à mes enfants???
J'accélère le pas, il faut que je soies vite en bas pour savoir...
Je pénètre dans une drôle de forêt où les arbres ne paraissent pas naturels.
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Comment expliquer?
Les troncs tordus à l'écorce grossière, les feuilles et l'herbe très épaisses. On a l'impression que le décor a été crayonné par un graphiste des studios Pixar.
Le sentiment d'évoluer dans un dessin animé...
Soudain, des groseilles... ahahah...
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Je me gave jusqu'à la dernière puis m'endors un long moment dans l'herbe grasse.
Je suis bien, vraiment bien... J'arrive à maitriser mon stress.
Réveil... Nouvelles crampes à l'estomac... Nouveau stress... et si c'était pas des groseilles?
j'ai dû un peu trop regarder "into the wild".
Je repars courbé en deux vers la côte. Le chemin n'est en fait pas balisé, comme si rien n'était prévu pour amener vers cette passerelle. Je marche plutôt dans les traces des moutons, souvent dans le lit de la Jokulsa, parfois je dois monter en de forts raidillons des petites barres qui se jettent dans la rivière.
Puis la vallée, moche et sans intérêt, avec une progression pas si simple que ça dans les graviers.
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Très vite, je tombe sur un vilain gué d'un torrent affluent. A la lecture de la carte, j'en compte cinq à traverser avant de rejoindre la piste. Ca va pas être bon pour la moyenne.
La flemme de dessaper et de changer de pompes, mais je me rappelle mon dernier gros gué et la gamelle qui s'est ensuivie.
On va essayer d'éviter ici, d'autant plus que le temps est correct malgré le vent et quelques gouttes.
5 mètres de large et 30 cm de profondeur. J'ai vu pire.
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Et le froid devrait un peu endormir la douleur de la cheville.
Bon, non, ça marche pas. La douleur reste vive.
Enfin, tant que je n'ai pas à descendre, c'est soutenable.
En fait les autres torrents sont minuscules. Je n'ai pas d'autre gué à franchir.
Fin de journée après une longue marche monotone mais aux belles perspectives, j'atteins une piste.
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Dormir ici ou pousser jusqu'à l'aire de camping de Smiðjunes?
J'ai envie de voir des gens. J'éprouve un besoin quasi atavique de revoir mes semblables, de parler, de partager, de savoir que j'appartiens à un groupe.
Et ça, c'est plus que rare chez moi...
D'un autre côté, c'est ma dernière nuit de solitude ici. Dommage de ne pas en profiter.
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C'est mon corps qui décide.
Ma cheville me dit stop juste après une petite descente.
Un carré d'herbe verte me tend les bras juste sous le chemin.
Je n'aime pas dormir si près de la route, aussi je rentre dans la forêt à la recherche d'un endroit plus abrité. Je fais détaler des tas de moutons cachés dans les bois.
Tout à coup un énorme fracas à 10 mètres de moi. Une masse sombre qui prend la fuite.
Je pars en courant derrière elle, je veux savoir ce que c'est (tiens, plus mal à la cheville)... peut être un troll, allez savoir... ils me suivent depuis le début.
Je me prends forcément une énorme gamelle en tapant dans une racine, bascule la tête première et me rape tout le bras droit en essayant de me récupérer.
Sortie du bois à bout de souffle...
Et la récompense...
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Un renne... bon ok, il a 1000 ans. Il tient à peine sur ses guiboles. Dans tout autre pays, il se serait déjà fait decaniller par un chien errant ou tout autre prédateur.
Je repars pour ne pas le déranger et il s'effondre sur la piste.
Je trouve ensuite une petite cascade bien sympatoche pour faire de l'eau.
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De retour, j'essaie de nouveau de m'approcher du renne en rampant dans la forêt jusqu'à sa lisière.
Je l'approche à moins de 20 mètres, mais comme je suis sous le vent, il me devine et se relève sur ses jambes de guimauve... il chancelle le pauvre... Je repars vite pour ne plus l'importuner.
Il a dû ensuite se trainer dans quelque trou pour finir de mourir en paix.
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Retour vers le sac à dos que j'ai laissé dans mon carré d'herbe verte.
Il n'y a pas de meilleur endroit pour camper ici ce soir.
Et comme il est encore relativement tôt, je profite vraiment de ma dernière soirée à l'abri assez relatif du vent.
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Plus que deux-trois heures de marche demain et je serai sur la route n°1 et le voyage sera fini.
Il est déjà fini d'ailleurs...
La photo traditionnelle de fin de voyage pour voir si le gars a pas trop morflé...
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Ca m'a l'air correct...
Je peux repartir pour un tour encore...

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Stéphane 21/01/2012 12:22

Salut David !

Une fois de plus je vois que la météo ne t'as rien épargnée, avec en plus une cheville en vrac, c'est pas de bol et tu as du sacrément morfler :/
J'en suis parti quand tu arrivais, et j'ai eu 4 jours à près de 20°, et deux jours de flotte non stop entre Laki et Uxatindar.

Dieu seul sait à quoi j'aurai droit en 2012, j'ai encore rien planifé :d