23/11: Nice Calvi Bonifatu Carrozzu (rien que ça)

Publié le par bigfoot

Lundi matin, sac bouclé. Comme d'hab chez Christophe. L'équipe est bien rodée.
Un peu déstabilisé. Pour une fois, c'est pas vers l'Islande que je vais. Ben oui, repères chamboulés.
Vol Air France... Mazette... Je me permets le grand luxe. 45 euros le vol.
Cool.

Moins sympathique que l'hotesse à l'enregistrement, tu fais une colique... Au contrôle, haut niveau intellectuel... L'embarquement, ça va.
Entrée dans l'avion pour Calvi. On est 14. Tout le monde fait la gueule, moi aussi sans doute. Il est temps que je sois enfin dans le wild. Je supporte pas les commentaires crétins de mes covoyageurs.
Devant moi, deux blocks (l'orthographe n'est pas erronée) se plaignent de l'absence de journal pour agrémenter le vol. C'est sûr qu'un vol de 25 minutes, faut au moins le Figaro Magazine.
Boisson offerte quand même... Comme c'est con le métier d'hotesse, je comprends pas que ça puisse encore faire rêver.

L'avion pour la Corse. C'est la première fois. L'avion a pas fini de monter que déjà il redescend. Vue superbe sur la Balagne que je découvre à mon grand soulagement quasi déneigée.
Petit problème. Calvi n'organise pas le festival du vent pour rien. L'atterrissage comme je les aime, sur une aile, avec un grand coup de frein à main en bout de piste. Je suis le seul à me lever pour applaudir le pilote.
Mes deux golgoths sont moins expressives pour apprécier la performance. C'est sûr que privées de Paris-match...

Pas d'humeur, j'ai décidé de me casser le plus vite possible au loin de mes contemporains et semblables. Je suis au bout du rouleau.
A Calvi, c'est facile. Aéroport quasi désert. Sac récupéré en 2 minutes. 200 euros retirés au distributeur (pas le droit de dépenser plus) et je prends un taxi pour Bonifatu. La nana me dit que ça fait un moment que personne n'est venu se lancer sur le GR et que je suis sans doute le dernier de la saison. Pas fait pour me déplaire.
20 minutes plus tard et soulagé de 40 euros, je suis sur le parking de l'auberge de Bonifatu. Il est 15h30. L'avion est parti de Nice il y'a moins de deux heures. C'est plus simple de monter ici que d'aller randonner dans le Mercantour finalement.

J'ai peut être le temps de monter au refuge de Carrozzu avant qu'il fasse nuit alors. Pour savoir, il faut essayer.
Un bon test pour voir ma capacité de marcher avec un sac de 27 kg dans la montagne corse.
Très vite il me vient à l'esprit une petite chanson enfantine (celle qui vous gave depuis le début de l'article et vous plaignez pas, moi j'ai eu l'air en tête pendant 15 jours).

J'ai opté pour un maximum d'autonomie au détriment du poids. Est ce que ce qui fonctionne en Islande va marcher en Corse? Rien n'est moins sûr. Je vous dirai later le kilométrage et le déniv pour 15 jours de marche. Aie aie aie, la Corse n'est pas un pays plat.

Et si on mettait des photos pour agrémenter ce premier article.
Comme j'ai couru pour arriver avant la nuit et apprécier le légendaire coucher de soleil de Carrozzu, j'ai pas pris énormément de photos. Mais en tout cas le cirque de Bonifatu mérite une toute autre attention que le peu que j'ai pu lui accorder.
P1030461 [Résolution de l'écran]P1030464 [Résolution de l'écran]P1030466 [Résolution de l'écran]Bonifatu, c'est le pays des passerelles suspendues. Ici, la petite soeur de Spasimata prévue demain matin.
P1030468 [Résolution de l'écran]P1030471 [Résolution de l'écran]Bon oui, les piquets sont un peu tordus. A mon avis, c'est pour donner un côté aventurier à la traversée. Ce qui est marrant, c'est qu'à la sortie, t'as le mal de mer et tu tangues quelques mètres avant de remarcher droit.

Y'a un bon coup de collier à donner sous le refuge. Il commence à faire très sombre, et la forêt est beaucoup plus épaisse.
P1030473 [Résolution de l'écran]Alors que je n'y crois plus et que j'ai le coeur qui va sortir de la cage thoracique, me voici au refuge deux heures après le départ de Bonifatu. Et ben...uhhhhhh.......uhhhhhhh.......pffffffff......uhhhhhh.....

Pour le coucher de soleil, faudra attendre demain soir.
P1030475 [Résolution de l'écran]Je suis arrivé quelques minutes trop tard. Moi vous me connaissez... Attendre demain pour le coucher du soleil. Mais oui, j'ai failli y penser.

Ah Carrozzu... ce refuge réputé surfréquenté rien que pour moi tout seul. Ben, c'est génial. Pas mal de vent dehors, moi les pieds sur le poêle en train de déguster mon premier lyo du voyage... Ouf, le retour à la sérénité après deux mois de folie.
Je suis bien. C'est tout, ni plus ni moins.

Une superbe nuit dans le dortoir. Comment ils font l'été pour dormir entassés les uns sur les autres? Je n'ose imaginer les ronflements et l'odeur des pedibus...
Dans la nuit, un gros coup de vent ouvre la porte en grand dans un claquement épouvantable. J'en connais une qui aurait fait un arrêt cardiaque.
Moi, je suis trop bien dans mon duvet. Je dors la porte ouverte.

Réveil à 7h30. 9°C dans la pièce mais surtout plein de feuilles de partout. Pffff, je suis pas venu pour faire le ménage, mais bon, j'ai pas le choix. Il faut rendre le bâtiment dans l'état dans lequel on l'a trouvé.

the map. Forcément, elle pas très utile ici. Y'a une balise sur le chemin tous les trois mètres.
bonifatu carrozzu [Résolution de l'écran]

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Valérie 11/12/2009 08:10


Je retrouve le plaisir de te lire et de rire en lisant !
Je t'imagine... si tu croises des ours (je sais, y'en a pas en Corse), ils vont te prendre pour l'un des leurs !!! Surtout dans 15 jours : car je suppose qu'il y avait pas de place por un rasoir
dans tes 27 kg...


bigfoot 11/12/2009 11:06


ah tiens, toi t'as changé de fuseau horaire... ben tu sais le rasage ne semble pas être la spécialité du Corse. Je me suis fondu dans la masse jour après jour. Au début, ils disaient tous que
j'étais un "condé" déguisé qui cherchait à faire ami ami avec les gens du coin... Après, ils me parlaient plus (faut dire aussi qu'il eut fallu que je visse du monde pour marler)....