22/08: Geldingafell - Egilssel

Publié le par bigfoot

Je me suis endormi sous un soleil de plomb (aluminium serait plus juste dans cette partie de l'Islande).

Je suis réveillé par un vent terrible, la première fois de ce voyage qu'il souffle aussi fort.

 

Une brume glacée descend du glacier que je ne vois absolument plus. Je suis obligé de prendre toutes mes précautions au pliage de la tente pour ne pas qu'elle s'envole.

Seule la plaine est encore exempte de brouillard.

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Il m'est impossible de trouver le bon chemin, s'il existe, du trail du lonsoraefi. L'absence de visibilité n'aide pas non plus à s'y retrouver.

D'un autre côté, je vais au moins cesser de me fier à la carte... Le fond au 1/100000 de lmi est complètement faux. il indique une montée régulière vers le glacier sans accident de terrain... Autour de moi je suis cerné de petites montagnes et de tout petits ravins.

Je n'aime pas mais je vais me fier au gps au moins jusqu'au refuge. Heureusement que j'ai eu l'idée de préparer un peu amont ce voyage à la maison en rentrant un point de ci de là sur le trajet, sauf que pensant trouver un chemin net, je ne me suis pas trop concentré sur cette zone.

Comme quoi, c'est toujours là où tu es le moins prêt que la galère te tombe sur le pif.

Dernière et magnifique vue sur la Snaefell, peut être la plus belle d'ailleurs.

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Au revoir le Snaefell. En suivant le gps, je remonte en altitude au plus près du glacier afin d'éviter les zones ravinées et de rejoindre la rive droite d'une grosse rivière où je pourrai enfin marcher sur le flanc de la montagne de Geldingafell. 

Il me faut contourner cette montagne pour arriver au refuge du même nom.

Début de la purée de pois... Du vent et une petite pluie bien horizontale, heureusement dans le dos.

Sous le soleil, la rivière et ses petites cascades doivent être bien agréable.

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Tout à coup, une odeur de feu de bois me chatouille les narines.

Curieux de sentir une odeur de feu de bois dans ce pays. Ils sont plutôt habitués à chauffer au fuel.

En scrutant à travers la brume, j'aperçois un toit rouge pas très loin.

Ca y'est, je suis au refuge... Il doit y'avoir du monde puisque je sens le feu de bois, même si je pense délirer à l'idée du bois ici.

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En fait le refuge est vide et le poêle bien bien froid et nettoyé.

Mais je suis très surpris de voir qu'en effet, ils chauffent au bois dans un pays dépourvu de forêt. C'est sûr que ce n'est pas la consommation ici qui mettra en péril la forêt islandaise.

C'est y pas beau, un truc pareil? toujours les chiottes dehors.

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Il me plait bien ce petit refuge battu par les vents à presque 1000 mètres d'altitude.

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J'y reste une petite heure, hésitant à l'idée de me cogner toute une journée sous un temps aussi mauvais.

J'ai une journée de rab pour les cas où... Je pourrais me le permettre... Doit on considérer qu'une journée pluvieuse et ventée est un cas où dans ce pays?

Et puis je suis venu pour ça, non? me confronter à ce que l'Islande peut donner de pire pour en récolter la quintessence...

Je ne suis pas en sucre, je ne vais pas fondre... Ca va être rigolo...

Et je me remémore cette citation mythique de Pierre Dac: "il vaut mieux qu'il pleuve aujourd'hui plutôt qu'un jour où il fait beau"

 

Ma seule crainte est liée à la visibilité et à la difficulté à trouver le chemin. J'ai rentré des points clé sur le gps... un tous les deux-trois km. La carte m'indique que je vais passer dans des zones de falaises. Si le passage n'est pas évident, je ne le trouverai pas et il est même possible que je m'engage dans une descente qui finisse en cul-de-sac. A moi d'avoir la sagesse si ça m'arrive de ne pas forcer le passage et risquer la gamelle fatale.

On verra bien.

Une piste part du refuge plein est vers la mer...

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Mon itinéraire est plein sud et je suis désormais persuadé que je vais vraiment en prendre plein la gueule, beaucoup plus que je ne le pressentais.

Ca donne envie, non?
Alors que je pensais être au point le plus haut et que j'allais basculer maintenant dans la descente, fichtre non... Je dois monter un petit col, à travers névés et sables pas mouvants mais presque.
Plus une touche de verdure, rien...
Pour aller au refuge d'Egilssfell, l'objectif du jour, j'ai deux possibilités: une longeant toute une série de lacs sur les plateaux, l'autre plus près de la montagne qui va échouer sur les falaises au-dessus de la Jokulsa i Loni.
C'est la deuxième option qui est enregistrée sur mon gps.
Je savais qu'il y'avait d'énormes cascades à voir depuis ces falaises et j'ai toujours préféré l'eau qui court à l'eau qui stagne.
Je ne verrai rien mais il me parait plus sûr de suivre scrupuleusement le gps.
Tout est identique, rien ne sort de ce brouillard.
Je m'amuse par moments à ne pas suivre le gps pour voir si j'arrive à suivre le cap et à ne pas faire des ronds comme je l'avais fait à kistufell en 2008.
En effet, je pars toujours de travers, impossible de marcher droit vers un azimuth choisi. Je me surprends même en fonction du terrain à partir sans m'en rendre compte à 90° par rapport au cap voulu.
Ah, la technologie... Comme je comprends dans ces instants là tous ces récits de disparition, de gars qui se paument complètement même dans des environnements connus qu'ils maitrisent bien.
Je repense aux romans d'Indridasson qui relate souvent l'histoire de son héro qui se perd avec son frangin dans les landes de l'est dans la tempête (en hiver), frangin qu'on ne retrouvera jamais.
Alors oui, aujourd'hui, vraiment sous les éléments furieux, pour la première fois cette année, je me sens petit, complètement à la merci de la nature.
Que le gps tombe en panne et je suis aveugle (je pourrai sortir la boussole quand même).
C'est une journée pourrie, dure, éreintante, épuisante.
L'intérêt d'une telle journée, au-delà d'aller me faire puiser dans mes limites psychologiques?
Le salami peut-être...
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Beurkkkk!!! j'en ai pas envie du tout mais il faut manger le peu qu'il me reste. Je n'ai plus le choix du prince.
3h dans le all white.
Comme prévu j'arrive sur les falaises qui dominent la Jokulsa i Loni. Je n'en vois pas le fond, juste le bruit d'une cataracte à travers le vent.
La carte indiquait des courbes de niveau extrêmement rapprochées. Le gps me fait d'ailleurs partir le long de ces falaises vers l'est. Mon problème est que mon prochain point est beaucoup plus bas, environ 150 mètres de déniv. Si la falaise ne descend pas doucement ou ne s'ouvre pas, je ne trouverai pas le chemin.
Vraiment pas serein en partant donc vers el nouveau point.
Pour le coup, j'y suis dans le séquentiel féminin dont je me marrais au début de l'aventure. Les objectifs un à un... point gps par point gps.
Pour ne pas rater un éventuel chemin dans la falaise, je reste au plus près du fil, lequel est évidemment très torturé. Montées et descentes se succèdent.
Je suis en train de passer beaucoup trop au nord du point visé. Il me faut absolument trouver un passage.
Heureusement, les escarpements sont entrecoupés de petits raidillons qui me permettent de descendre de plateaux en plateaux ou dans des petits ruisseaux.
J'ai pas mal de chance dans ce cheminement aveugle car je ne suis que très rarement obligé de faire demi-tour sur des cul-de-sac.
Je suis encore plus chanceux quand j'arrive au point gps suivant... Le brouillard s'élève un instant et je découvre un paysage de rêve, extraordinaire, comme je les adore.
On dirait comme un fjord en pleine montagne. Falaises vertes abruptes, verticales mais surtout une cascade fabuleuse de plus de cent mètres... sur la Vesturdalsa (on va bientôt en reparler de cette rivière...)
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Avez vous compris pourquoi je redoute tant ce secteur de falaises?
On ne passe pas... c'est aussi simple que ça.
Pourtant mon gps me donne le prochain point de l'autre côté du ravin... comme quoi, planter des points gps sur des cartes au 1/100000 pas super nettes, ça pousse à des petites approximations bien embêtantes...
Qu'est ce que ça implique?
Soit que je vais devoir me téléporter en face mais la technique en est encore à ses balbutiements, et puis c'est mauvais pour la santé de se faire désintégrer les atomes du corps.
Imaginons aussi qu'ils me remettent pas le chromosome Y à sa place et que je me retrouve avec... euh... non... on va en rester là...
Et puis c'est la technique d'un lobbying industriel issu de la fusion entre Servier, Monsanto, Pioneer (la génétique gagnante), Nestlé et Procter et Gamble... et y nous veulent que du mal à nous les petits consommateurs du peuple de chez Carrefour Market...  (et hop... 1... y'a qu'à demander)
Soit, beaucoup moins réaliste, devoir remonter tout en haut de la falaise que je me suis emmerdé à descendre dans le brouillard, trouver le moyen de franchir la rivière qui produit cette cascade puis prier pour que de l'autre côté je puisse descendre facilement.
Moi, j'ai toujours préféré les solutions les plus difficiles, j'opte pour la deuxième.
Et comme le brouillard retombe, c'est encore plus difficile, c'est trop bien!!! ouais, qu'est ce qu'on s'amuse ici!!!
Après quelques errements chaotiques, me voici devant la Vesturdalsa, principal affluent de la Jokulsa i Loni dans sa partie supérieure.
Rien de bien méchant en soi... 10 mètres de large et environ 40 cm de profondeur...
Des gués comme ça, j'en avale un tous les jours au petit déjeuner (avec mon nesquick).
Sauf que, sauf que...
Je ne fais rien comme il faut, même pour un gué aussi anodin. il faut toujours faire preuve de respect et d'humilité dans ces situations.
Il pleut, il fait très froid... Mes chaussures et bas de pantalon n'ont pas résisté aux sables et aux névés du plateau supérieur, complètement trempés mais je n'ai pas envie de perdre le confort de la chaleur du gore-tex.
Pas envie de me dessaper, laisser refroidir mes habits à ma température, mettre des tennis et traversée en slip.
Le truc de base quoi...
Mouillé pour mouillé, je ne fais pas l'effort du cérémonial et décide de traverser habillé. Ce n'est pas très profond. en traversant vite, je ne me mouillerai pas beaucoup plus que je en le suis déjà et je me réchaufferai très vite.
Je traverse au maximum sur des rochers. il reste moins de trois mètres maintenant.
Je mentalise la scène... Deux bonds rapides dans l'eau et je suis dehors...
Lors de la prise d'appui pour sauter le plus loin possible, le pied ripe, tourne...
Je pars en arrière, sur le dos. il est impossible de se reprendre, plus qu'à gérer l'atterissage dans une flotte à peine au-dessus de 0°C.
PLOUFFFFFF (pata plouf)... A peine à l'eau que le courant entraine mon sac à dos et par voie de conséquence mon imminente personne.
Pas simple de se retourner avec un sac à dos qui fait office de quille, je comprends désormais pourquoi il faut toujours dessangler la ventrale pour s'extraire en urgence du sac en cas de chute.
Là, il n'y a aucun risque. Pas assez d'eau pour être emporté loin.
Rétablissement rapide et sortie de l'eau sans difficultés mais je suis complètement trempé jusqu'au nombril, puisque j'ai fini à quatre pattes pour pouvoir me relever...
Les jambes et les pieds bien sûr, le slip est plein, les gants et les bras aussi mouillés que les jambes.
Seul le torse et la tête sont à peu près secs.
Reprendre ses esprits après une telle douche froide. S'insulter copieusement aussi, puis faire son caliméro avant de pouvoir commencer à réfléchir sérieusement à la suite à donner à cette si belle journée.
Les choix sachant qu'après consultation du gps, le refuge d'Egilssfell est à 6 km à vol d'oiseau, autant dire avec les difficultés si elles restent les mêmes, à au moins trois heures de marche.
- Me téléporter dans les cévennes de toute urgence au risque de perdre mon Y en route, ce qui ferait pas que des heureuses. 
- Me changer là, tout de suite au risque d'être toujours aussi mouillé et frigorifié après coup avec les vêtements gore-tex complètement saturés de flotte puis continuer.
- Stopper la journée ici, monter la tente, et me glisser au plus vite dans le duvet pour me réchauffer, sachant que la tente va être complètement détrempées rien que dans la manoeuvre et que les fringues sècheront pas.
- Bourrer comme un âne jusqu'au refuge en espérant trouver le passage dans les falaises, ce qui est encore aléatoire.

 

- Obiwan Kenobi

 

Bourrer comme un fou jusqu'au refuge, trouver le confort d'un toit, faire un bon petit feu à moins qu'il y'ait déjà quelqu'un sur place.

J'avoue que je n'ai pas envie de rencontrer du monde dans ces conditions. Je préfèrerais affronter ma détresse (relative) tout seul, me débrouiller sans aide.

J'ai particulièrement du bol au niveau du cheminement. La falaise se transforme en une pente sévère qui va finir sa course sur un plateau couvert de lacs.

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Le rejoindre est très simple.

Le brouillard est au dessus de moi maintenant que j'ai perdu assez d'altitude. La visibilité est plus que correcte.

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Par contre, il pleut fort...

J'ai très froid, impossible de me réchauffer, malgré l'absence d'arrêts...

Je cours presque désormais. La cheville ne me gène pas trop, seulement dans les portions de descente.

Le gps est allumé. J' y vais au cap, je ne cherche même plus à contourner qui une colline, qui un ruisseau.

Je marche le long de plusieurs lacs successifs, très jolis qui mériteraient plein de belles photos. Paysages de marécages avec des linaigrettes blanches, des canards et des oies.

 

Marécages dans lesquels je piétine sans réfléchir à savoir s'ils sont profonds ou pas. Tout droit, au plus court. Chaque lac est barré d'un gros ressaut qui demande un effort violent au rythme où je vais.

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Je ne regarde même pas la carte. Je sais que le refuge est au bord d'un lac. A chaque nouveau lac, je scrute avec espoir les rives en espérant découvrir un toit rouge accueillant...

Et non... 1 puis 2 puis 3 lacs... 

Le quatrième est le bon mais j'arrive exactement à l'opposé sur la berge d'en face.

Quel soulagement.

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Si si, là bas au fond...

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Le toit est pas rouge... C'est pas très grave hein?

J'ai du mal à faire ces dernières photos. J'ai un début d'onglet dans les pouces.

Encore un quart d'heure et je suis au refuge.

 

Tout seul encore une fois... Magnifique (j'ai complètement oublié de photographier l'intérieur), refait à neuf, abondamment pourvu en bois lui aussi et en gaz oil pour faire prendre le feu. Il manque juste l'eau courante.

Avant de me mettre à l'aise, je vais chercher beaucoup d'eau pour mes besoins de la soirée et du p'tit déj de demain. Au déversoir du lac, juste au-dessus d'une cascade au milieu d'orgues basaltiques. c'est un site que je ne manquerai pas d'aller voir demain.

Demain, parce que pour ce soir, il est hors de question que je ressorte une fois confortablement installé.

 

Curieusement, j'ai un comportement bizarre une fois dedans... Je n'arrive pas à me résoudre à allumer le feu tout de suite.

Besoin de souffler, de me dire combien je suis chanceux d'avoir pu parvenir ici dans des conditions aussi dantesques.

Le vent qui hurle dehors et provoque ce bruit caractéristique régulier faisant penser à un moteur en glissant dans toutes les anfractuosités du toit.

La pluie qui crépite contre les vitres presque aussi bruyamment que de la grêle.

 

D'abord se changer et mettre des affaires sèches. Soigner les pieds crevassés qui n'en peuvent plus d'être mouillés depuis tant de jours.

Accrocher tout ce qui est mouillé à proximité du poêle... et la transpiration mouillée... qu'est ce que ça pue...

 

Inventaire de ce qui est sec... Tout le matériel de couchage et les fringues de bivouac. Bien joué, les sacs de compression étanches ont tenu leur rôle.

 

L'allumage du feu... Grand moment... Plus d'une heure à souffler à s'époumoner sur les trois petites braises que j'ai réussi à faire naitre avec l'écorce que j'ai détachée des bûches.

Je n'ai pas trouvé de petit bois pour l'amorçage. Le gaz oil est insuffisant pour faire prendre les gros morceaux...

J'ai bien une tactique mortelle mais je ne l'emploierai plus jamais depuis que j'ai failli foutre le feu à une cabane de berger cet hiver en l'appliquant.

Utiliser le réchaud à gaz comme chalumeau en pleine puissance braqué sur le foyer... Le problème de cette méthode est que le gaz liquide se répand de partout et s'enflamme dans toute la pièce (lors de mon incident, j'avais dû le jeter par la fenêtre dans la neige avant qu'il m'explose à la gueule).

 

A force de buffer comme un buffle, le feu prend... Le poêle met du temps à monter en température mais alors, une fois parti, qu'est ce qu'il chauffe... Il faut dire aussi que je l'entretiens...

De 8°C je fais monter la température à 22°C.

Grosse transpiration, j'ai perdu l'habitude de ces températures. Je ne pense pas avoir eu plus de 8°C maxi depuis que je suis parti.

Le repas, un délice... Thé à volonté.

J'allume la lumière quand le soleil disparait (le refuge est équipé de batteries qui me donnent pour 6h de lumière).

 

Un regard dehors encore avec l'espoir de voir aparaitre quelques rennes. Sur le livre d'or, beaucoup disent e avoir vu des hardes s'abreuver dans le lac.

 

Non, mais par contre un renard polaire glandouille à moins de 20 mètres du refuge.

Marron en été, il devient blanc en hiver par mimétisme.

L'origine du mimétisme? En fait il est basé sur le postulat suivant: "les éléphants sont gris pour ne pas être confondus avec les fraises des bois" (Réminiscence de mes lectures de gotlib). Bon, moi ça me fait marrer.

 

Je m'efface prestement de la fenêtre et cours chercher mon appareil photo.

Quand je reviens, le bougre a déjà disparu. Il avait dû me voir aussi. C'était mon deuxième en cinq voyages. toujours pas réussi à le shooter, le bonhomme.

 

il est temps de se coucher après une des journées les plus dures depuis que je fais ce type de voyage.

On pourrait croire que je vais dormir du sommeil du juste... au sec, au chaud, dans un refuge qui vaut à mon sens les plus grands palaces de la côte d'azur.

Pas de fioritures, le nécessaire vital, rien de plus...

 

Sauf qu'il fait une chaleur à crever avec ces 20°C. Je laisse mourir le feu.

Par contre, le feu a pris dans mon cerveau à la lecture d'une note dans le livre d'or d'un certain Andy, originaire d'Allemagne.

"Refuser l'enrichissement, éteindre la télé, la radio qui nous manipulent. Vivre la vie comme elle vient, voyager, découvrir"...

il est en Islande depuis 14 semaines puis part la semaine prochaine pour le chemin de Saint Jacques en Espagne avant d'aller traverser le désert marocain.

 

Je le comprends... c'est mon sentiment aussi quand je suis là dans ces instants privilégiés de solitude au milieu de la nature magnifique... Mais ne sommes nous pas nous mêmes dans ces voyages là des enfants de la consommation de masse? de la société du loisir?

Les gens des sociétés moins riches et plus laborieuses que la notre ont il la possibilité ou le désir de voyager. D'abord, il faut penser à bouffer. 

 

Ca faisait longtemps que le cerveau ne s'était pas mis en court-circuit sur une idée fixe. Toute la nuit mes réflexions tournent autour de cette idée.

Je reviendrai plus tard dessus... Vous n'échapperez pas à la synthèse de mes idées.

 

Bref, la nuit fut longue, très longue.

Publié dans islande

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Stéphane 09/02/2014 15:10

Salut David

Plus ça va et plus je me pose la question après Egilssel, j'ai bien envie de continuer dans le Geithelladalur jusque'à Storiffoss parce-que la cascade à l'air jolie ! en revanche ce qui m'enchante
beaucoup moins, c'est que ça m'oblige quasiment à revenir par Stafafell, et j'ai pas du tout envie de me farcir la horde de touriste du coin... Après, ils restent en général sur le sentier sur la
crête donc rien ne m'empêche de descendre dans vallée pour les éviter et rester en hors piste.

Elle me plait bien ma variante moi mais ça fait quand même un sacré détour ! Qu'est ce que t'en pense ?

bigfoot 11/02/2014 10:27



Storiffoss, c'est la Hofsa, hein ;-)


explore la Vididalsa, je ne l'ai pas fait et c'est bien dommage... qu'est ce que c'est beau.


et pour revenir à Stafafell, y'a ce putain de "sentier" qui part du col que j'ai traversé sous le Hofsjökull plein sud vers jokulgilstindar. Il doit être autre que spectaculaire. D'ailleurs par
expérience du coin désormais, je suis pas sûr d'avoir les corones de m'y filer jusqu'au bout


mais mon idée initiale était de le suivre jusqu-au bout de la crête puis de descendre sur les pentes pour le contourner par l'ouest en courbe de niveau à hauteur de Koltungutindur et descendre
dans la vallée utstungudalur. Tu retombes alors sur Hvannargil, sans doute fréquenté mais bon, c'est pas parce qu'il y'a du monde que c'est moche.


je sais que t'es allergique à ça mais pour finir en roue libre, ça doit le faire... ;)


Et si t'y vas en juillet, t'as qu'à le faire de nuit, y'aura personne :-)


 


 


 



Valérie 12/09/2011 22:57


Ça m'a fait un peu froid dans le dos quand t'es tombé à l'eau (mimétisme ?)
J'attends la synthèse de tes réflexions, ça m'intéresse... ;-)


bigfoot 13/09/2011 11:34



alors, c'est que j'ai bien réussi à faire passer l'émotion...


mes réflexions... tu vas pas être déçue. j'ai basculé à partir de ce jour dans la 4° dimension :)