15/08: Hvannalindir et la vallée de la soif

Publié le par bigfoot

Comme promis, projection séquentielle de la journée à venir... Retrouver la piste, faire le plein de flotte à Hvannalindir, puis bourrer comme un sauvage sur la route pour rejoindre Kverkfjöll au plus vite (et se débarasser une bonne fois pour toute de ces routes de m... pour un marcheur).

 

Le soucis, c'est qu'en tirant un peu vers le sud-est, j'ai allongé le parcours de plusieurs km. Je vais donc avoir plus de 35 bornes à me frapper aujourd'hui.

Dans un tel cas, il est essentiel de se lever très tôt, donc acte... (le travail du matin se voit toute la journée... le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt...)

1/ je suis déjà fracassé de ma longue marche course de hier aprèm

2/ il tombe des cordes

3/ je lis un bouquin que je suis incapable de lacher, "la part de l'autre" (ou "et si Hitler avait réussi le concours des beaux-arts")

 

Je suis prêt à 10h00. Je sais pas pourquoi mais je sens que ça va être une belle journée d'anthologie, de celles qu'on classe parmi les grosses journées de merde.

 

Il va être urgent de trouver de la flotte, je suis à sec. Normalement, d'ici une petite heure, je vais pouvoir "refueling"; (toujours pas compris à quoi servait le point virgule) ce voyage m'aura rendu d'une polyglottie qui fait des envieux chez Berlitz, faut dire aussi et vous allez voir que je vais rencontrer une foule incommensurable tout au long du parcours (heureusement que j'ai tout plein d'amis dans ma tête) qui va beaucoup m'aider à progresser.

 

En attendant, profitons du soleil matinal qui illumine et réchauffe mon coeur...

P1080301 [Résolution de l'écran]

Plus que 40km et je monte sur le glacier.

En attendant, j'arrive assez vite à mon premier point d'eau de l'année, la claire Lindaà, couplé à mon premier 4*4 de la journée qui s'amuse à passer et repasser dans le gué le plus vite possible avec maman sur la rive qui filme les gerbes d'eau. J'adore...

P1080302 [Résolution de l'écran]

Ils me proposent de me faire passer à pieds secs de l'autre côté. Et ben, vous savez quoi? j'accepte avec plaisir...

Et hop, un gué d'escamoté, héhéhé... Bon, maintenant faut qu'ils se cassent, il pue leur tas de tôles...

 

Me voici désormais dans l'oasis de Hvannalindir... Ils me l'ont bien vendu le truc au syndicat d'initiatives du coin. Olivier, je ne te félicite pas, toi qui me décris ce coin comme magique. T'avais mis quoi dans ton nesquick ce matin là? 

Je trouve ça nul, mais nul, inintéressant au possible. Bon, ok, y'a de l'eau potable et dans le désert faut pas non plus commencer à se plaindre du décor dans de tels cas mais bon, y'a quand même des limites.

C'est ici que le célèbre héro Fjalla-Eyvindur s'était réfugié après avoir été banni pour avoir fauché un mouton au 18° siècle. Le bougre qui réussit quand même à vivre 30 ans dans des endroits aussi hostiles.

Bon, entre nous tu parles d'un héro... Se faire gauler à faucher un mouton. Faut pas être fortiche pour se faire pincer dans un pays aussi désertique...

C'est quand même plus compliqué de faucher des carensac à la boulangerie du village que des moutons dans la pampa...

Pour pas crever de faim, d'un autre côté, c'est assez simple ici... La méthode à suivre...

Ouvrez la bouche et piquez un 100 mètres en courant... vous aurez alors bouffé un kilo de mouches. Ca doit suffire pour l'apport protéinique de la journée.

 

Vous l'aurez compris, l'endroit ne me fait pas rêver du tout. C'était bien la peine de franchir la Lindaà tout à l'heure qu'il me faut la refranchir 2 km plus loin au niveau de la cabane des gardiens du site (dans les rochers, on voit une fenêtre).

P1080303 [Résolution de l'écran]

J'arrive ensuite à hauteur d'une petite butte, la seule dans la prairie. Pour échapper aux mouches, j'y monte avaler mon casse-dalle de la matinée. 

P1080304 [Résolution de l'écran]

Evidemment, c'est pas le Mont-Blanc... Pour les mouches par contre ça sert à rien, il y'en a au moins autant et il se joint à la ronde des cousins qui se veulent aussi gros que des libellules.

Par contre, pour la vue, les mots me manquent, je suis dithyrambique... magique, exceptionnel, incroyable, extraordinaire, wonderful...

P1080311 [Résolution de l'écran]

Allez, vite, on s' casse... 1 litre d'eau et passons à autre chose.

Je décide de quitter là la piste, je tombe en pleine déprime dessus. Avantage du piéton, on peut au moins tirer droit dans les champs de lave.

P1080316 [Résolution de l'écran]

Moi, je dis, c'est tout de suite vachement plus beau.

Ahhhh, j'y suis dans mon voyage, y'a pas à dire; je suis sûr que vous ressentez le plaisir que je prends en cette radieuse deuxième journée.

J'ai remarqué que le deuxième jour est souvent le plus dur aussi bien physiquement que moralement (et tactiquement).

Mi-journée, il est grand temps de réfléchir pour de bon et de laisser tomber ce ramassis de couillonnades que la séquentialité ou saucissonnage du parcours. Y'en a marre de suivre des plans définis à la lettre. On se croirait à l'usine (ah non, j'oubliais, y'a pas de plans à l'usine, c'est vrai).

La piste part à droite pour basculer derrière les hautes collines tout à droite là bas.

La carte indique une rivière au milieu des collines qui passe entre les basses et les hautes à droite.

C'est quand même vachement marrant de longer une rivière, non? et puis y'a pas besoin de s'encombrer de son litron de flotte. Y'a qu'à se baisser pour boire quand on a soif.

P1080319 [Résolution de l'écran]

Y'a quand même un truc qui me chagrine... C'est une rivière qui n'arrivera jamais à destination. Son cours s'arrête au milieu du désert, ça doit pas être les chutes du Niagara donc. mais bon, compte tenu de la pluie qui tombe depuis trois jours, ça doit le faire...

On va voir?

P1080320 [Résolution de l'écran]

Et au milieu coule une rivière...

Et merde...

Disons que l'eau disparait dans le sable un peu plus haut alors...

P1080322 [Résolution de l'écran]

Et merde... et je n'ai plus d'eau que pour cuisiner mes lyophilisés ce soir. Il est tellement tard que je sais pertinemment que je vais avoir beaucoup de mal à atteindre le refuge de Sigurðurskali à Kverkfjöll. Autant couper l'étape en deux donc vu que la non réalisation de l'Askja m'a donné un peu de mou au programme.

Bah... disons que l'eau disparait dans le sable un peu plus haut alors...

Peut être sous le névé au fond.

P1080325 [Résolution de l'écran]

Comme d'habitude quand je commence à fatiguer, je me fixe des objectifs proches...

Allez, au prochain rocher... la prochaine butte... et ainsi de suite... ça marche bien, j'arrive à couvrir de longues distances de la sorte... Mais comme à chaque fois, il y'a un moment où totu lache d'un coup, la volonté et les jambes et à partir de là, je n'avancerai plus d'un mètre. C'est fini, je n'ai plus qu'à dresser la tente.

C'est ce qui m'arrive à la vue de cette montagne rouge.

Le paysage me plait désormais beaucoup plus, à plusieurs kilomètres de la moindre route.

P1080328 [Résolution de l'écran]

Il s'ouvre de magnifiques vues sur Kverkfjöll et en se retournant sur Herdubreið, bien enneigé.

P1080330 [Résolution de l'écran]

Je monte la tente dans cet environnement pierreux, volcanique, semi-montagnard.

J'adore ces types de paysages.

P1080333 [Résolution de l'écran]

Je prends un risque sur l'avenir proche, limité certes, même je n'en parlerais dans des conditions habituelles. Mais je suis toujours très marqué psychologiquement par mon accident rénal de l'an dernier. Autant je n'écoute généralement pas trop les douleurs de mon corps, autant je suis toujours à l'aguêt de la moindre pointe dans cette région là. Tout manque d'eau m'angoisse donc plus que de raison.

Je consomme toute l'eau qui me reste dans ma tambouille plus un très gros thé avec toute l'eau restante tellement j'ai soif au moment de me coucher. J'ai à espérer à trouver de l'eau assez rapidement demain sinon, il me faudra tenir une très grosse demi-journée jusqu'au refuge, truc qui me faisait rigoler l'an dernier.

Il pleut très fort à partir du moment où la tente est dressée. C'est quand même ballot d'avoir si soif et de prendre tant d'eau sur le museau.

Cuisine dans la tente, lecture très tard dans la nuit, la lumière est encore suffisante pour lire sans la frontale.

Publié dans islande

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

search here 01/12/2014 08:52

Oh wow. Just be a bit careful. Do not underestimate your opponents. They are capable of springing a surprise. I’m still mindful about what had happened last time. It could be hard to predict a winner this time around.