14 au 16/08: Intermède rocambolesque et incongru

Publié le par bigfoot

2h00 du matin...

 

On est samedi et ce soir y'a runtur à Reykjavik. Je serai jamais à l'heure pour la fiesta.

Le rafting, c'est bien mais ce n'est pas très rapide, maxi 5 km/h. Il doit bien y'avoir un moyen plus rapide pour rentrer.

 

Style celui . Merci Olivier, je savais qu'un jour je trouverais une utilisation à ton animation.

 

 

2h00 du matin

 

la pause pipi habituelle qui détruit mes nuits.

Dès que je me recouche dans le duvet, la même douleur que la nuit dernière, violente, soudaine, incontrôlable...

 

Je me rappelle crier trois fois Oh non, pas ça!!!

 

Première chose que je fais, sortir du duvet et de la tente. Pareil, crise de claustrophobie... Besoin d'espace... Heureusement, il fait beau dehors, clair de lune et douceur (désolé, je n'ai pas pensé aux photos)...

 

Je me précipite sur mes comprimés anti-douleur... Hier soir, je ne l'avais pas encore avalé que la crise était finie? effet placebo?

Non, en fait , c'est juste que la crise était finie... Là, rien d'autre qu'une douleur insoutenable... Moins forte que hier toutefois, au moins je n'ai pas de fièvre. Je suis capable de réfléchir...

 

Et pour réfléchir, j'ai réfléchi... à la limite du court-circuit, de faire fondre les neurones...

 

Il n'est pas possible de se poser. Toute position est impossible à tenir... Je marche comme un damné autour de la tente... les mains posées sur les reins, courbé vers l'avant...

La crise va finir, ça ne peut pas durer...

 

1 heure...

 

2 heures... autre comprimé anti douleur...

 

3 heures... toujours la même douleur...

Mais qu'est ce qu'il m'arrive?

des calculs? sans doute... mais est ce sûr? je ne suis pas docteur.

Hier soir ça s'est arrêté, ok, mais pas cette nuit, pourquoi?

et qu'est ce qu'il se passe si ça ne s'arrête pas?

est ce que je ne suis pas en train de faire une scepticémie? est ce qu'il faut me mettre sous dialyse?

 

Trop chaud, je me mets pieds nus, je vais marcher dans le torrent glacé...

Quand je n'en peux plus de marcher comme un démon dans le tartare, je me roule par terre avec de grands coup de poing par terre en train de gueuler c'est pas possible, c'est pas possible...

 

4 heures... il faut que je déclenche ma balise...

 

Oui mais si je fais ça, c'est l'échec de mon tour. Pour la première fois, je n'irai pas au bout de mes objectifs. Il m'est arrivé de renoncer mais c'était par choix parce que je ne me sentais pas capable de les réaliser. Je n'ai jamais eu besoin de personne pour me sortir du pétrin.

 

Non, il faut que je tienne... Appeler, c'est un signe de faiblesse... C'est la fin de mes illusions de jeunesse perpétuelle... C'est la toute première fois que mon corps me lache, je ne peux pas accepter de basculer sur la pente descendante.

 

5 heures... nouveau comprimé anti-douleur... rien...

 

Si je déclenche la balise, les gens qui me suivent vont flipper. Je n'ai pas les moyens de les prévenir que ce n'est pas très grave. Ils vont se faire un sang d'encre jusqu'à ce que je sois en mesure de refaire surface et d'avoir accès un moyen de communication.

 

Comme ces choses n'arrivent qu'aux autres, j'ai eu le flemme de renouveller ma carte d'assuré européen. Autant le secours sera gratuit, autant je ne me fais aucune illusion sur le coût des soins en Islande. Mon compte en banque vacillant ne va pas y résister...

 

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis phobique de l'acte médical, de l'hôpital. Je suis à peine capable d'aller voir une copine à l'hosto qui vient d'accoucher normalement. Imaginer que je sois hospitalisé... Non... Je ne veux pas... Je ne peux pas...

 

Que je récupère un petit peu et je me déroute sur le refuge d'Alftavatn chercher du secours ou me reposer....

 

Encore une fois, appeler les secours, c'est renoncer à mon projet... L'échec global... Et le raft, qui était le truc original de mon tour, je le fais quand? D'un truc d'envergure, ça devient mou du genou. Banal, commun, sans originalité... il suffisait juste de marcher... Pas de glaciers, pas de flotte, rien que du très grand classique... C'est un raté complet...

 

6h après le début de la crise... il est un moment où la volonté lache d'un coup... où toutes les raisons de résister ne tiennent plus...

je déclenche la balise vers 08h00... J'ai besoin d'aide... Tout simplement... Le reste est superflu...

Je suis très calme quand je la déclenche, je pensais en pleurer de dépit ou de rage... Rien de celà, je suis allé au bout de ce que je pouvais supporter. C'est comme ça... Pas de regrets de prendre cette décision.

 

 

Les deux heures les plus longues de ma vie...

Attendre... Ressasser les idées déjà évoquées plus tôt... J'ai eu beau décider de déclencher la balise, je continue à me demander si j'ai pris la bonne décision...

Est ce que c'est si grave? Est ce que ça nécessitera l'envoi d'un hélicoptère? Parce que je suis sûr qu'ils viendront me chercher par ce moyen. Et si cet hélicoptère manquait pour un sauvetage vital ailleurs?

C'est le problème de la balise... que ce soit pour un ongle incarné ou l'hémorragie de l'artère phémorale, les secours auront le même signal.

Et chez moi, que peuvent ils être en train de penser? Comment les prévenir au plus vite?

 

Il fait beau ce matin, heureusement... Je plie la tente et fais mon sac du mieux que je peux. Je conserve juste mon matelas et mon duvet...

Je me glisse dans le duvet et n'ai plus qu'à attendre les secours... couché sur le côté, je serre les dents, j'arrive à tenir sans trop bouger.

 

Au bout de deux heures, je me demande si ma balise fonctionne. Je ne vois rien venir. Je réfléchis d'où les secours vont venir. Je sais que Björn n'a mis qu'une heure et demie pour venir de Hella avant-hier soir. Ca ne devrait pas tarder...

Régulièrement, j'entends un bruit de moteur au loin, je me dis que c'est l'hélico qui arrive, ça me soulage mais rien ne point à l'horizon me plongeant à chaque fois dans une détresse plus profonde. Par contre, depuis que j'ai actionné la balise, il me semble que j'ai moins mal... Psychologiquement peut être de savoir que bientôt je ne serai plus seul m'aide à résister.

 

Mais bon, si la balise en fonctionne pas... échaffauder un plan b. J'ai un talent certain pour créer des dizaines de plans de secours, sauf que là, je suis pris au dépourvu...

Ma meilleure idée, tout laisser sur place, ne prendre que le minimum vital pour ne pas avoir froid et me trainer jusqu'à la f210 à moins de deux km de là... Et attendre, attendre... à midi, si rien de neuf, j'opterai pour cette option.

 

10h00 et des poussières...

Je vois deux véhicules rouges arriver au fond sur la f210... Ils se garent le long de la Markarfljot et trois gars en descendent. Ce n'est certainement pas une coïncidence. Je sors du sac et leur fais de grands signes...

 

Tout à coup, j'ai déjà moins mal... Abandonner de lutter, me laisser aller, me déresponsabiliser. C'est bon, les gars, j'en peux plus, je suis allé au bout, à vous de jouer.

 

Le temps qu'ils arrivent, je plie matelas et duvet... J'ai honte, ils sont obligés de traverser la Markarfljot à pied. Au moins j'aurais pu faire l'effort de traverser.

 

Deux gars et une fille... Qu'est ce que j'ai?

Ah oui, tiens, j'ai pas réfléchi à ça, comment on dit qu'on a des calculs en anglais? Je sais même pas dire reins...

 

I have stones down in my back... ...

 

Ils ont l'air de comprendre. Me disent de patiente rencore deux minutes, l'hélico venant de Reykjavik est sur le point d'arriver.

En effet, un bruit terrible et la masse énorme d'un hélico surgit juste au-dessus de Hagafell...

 

Ca va super vite... Atterrissage, embarquement, décollage...

Baptême de l'air... pour la première fois de ma vie, je prends un hélico...

Et chanceux... Ciel parfaitement dégagé au départ... Vol au-dessus de lacs et montagnes vertes que je reconnais être le massif de Skiggnisvatn (pas les mêmes que le lac à proximité de Veiðivötn) d'après mes cartes maintes fois étudiées.

Passage au-dessus de l'Hekla totalement dégagé. Ca doit pas arriver tous les jours d'avoir pareille vue des champs de lave de ce volcan... Tout verts, ils ressemblent d'en haut à un vieux chewing-gum maché à la chlorophylle (j'ai un sens de la formule extraordinaire, je sais)...

 

Rediscussion avec le toubib de l'hélico... toujours mes stones down in my back...

ok, on t'amène à l'hosto... on arrve dans une heure...

 

Ben, ce sera un baptême ausi que de finir aux urgences d'un hosto.

"congratulations" qu'il me dit ce couillon en rigolant...

moi aussi ça me fait marrer. Il a pas l'air superstress, ça me rassure, beaucoup moins pour mon compte en banque et à l'idée de me faire tripoter éventuellement l'élastic aux urgences... S'ils doivent me mettre un drain, je pars en courant, je préfère mourir de douleur...

 

Nuageux sur la fin du trajet... Plus du tout de vue... Ils rigolent en islandais ces fourbes d'islandais... Bon, ils parlent pas de moi, mais de pêche... Je m'étonne d'ailleurs de comprendre quelques pans de phrase... Ah si j'avais été aussi motivé à apprendre l'anglais au lycée... Peut être que si j'avais pas eu le prof le plus con de l'univers, un gros barbu avec une fille aux gros tétés (on n'a pas que des défauts, à moins que les qualités de la famille aient sauté une génération), je pourrais parler de l'influence de la chute du cours de la noix de cajou sur le PIB du Burkina-Faso... Règlement de compte tardif et inutile, mais sache, sale type, que malgré tes prétentions intellectuelles élevées, tu es l'une des personnes si ce n'est la seule, que je hais au point de te souhaiter tout le malheur du monde, même 25 ans après notre étroite collaboration.

Jean, si tu peux transmettre à ton désormais confrère mon petit message d'amour... merci... qu'il sache qu'il n'est pas aussi bon que son ego surdimensionné le lui fait croire...

Curieux, que ce genre de souvenir remonte à la surface à ces moments là (ben oui, Martine, tu vois à quel point je suis marqué par certaines de mes relations prof / élève, nous pourrions en discuter sans fin)...

Rien que d'écrire ces lignes, ça me fait remonter les calculs... et les nerfs... Il est temps qu'on arrive...

A propos, avant que j'oublie... lisez absolument les récits de voyage de Martine... du pur bonheur...

 

Aéroport domestique de reykjavik. Atterrissage sans encombre... La boucle est bouclée. Reykjavik to Reykjavik.

Une ambulance m'attend... Les ambulanciers avec un brancard... Je refuse de me coucher, il en est hors de question... humiliation suprême...

 

10 minutes d'ambulance... Là, c'est dur... Chaque secousse, chaque chaos me résonne dans le bas du dos...

 

Les urgences, mon petit box rien qu'à moi... je n'ai presque plus mal finalement, comparé à cette nuit... que c'est bon de s'abandonner et de laisser les autres bosser pour toi...

A ceux qui me demanderaient comment sont les infirmières islandaises (j'en connais certainsd'entre vous avec leur petit regard maliciux), sachez que je suis tellement phobique de tout ce qui a trait à l'hopital que même miss monde en tenue d'infirmière me laisserait totalement indifférent, au mieux.

 

Tout de suite, je me rends compte de ma saleté... Avoir marché pieds nus et m'être roulé par terre... je suis couvert de sable, entre les orteils, sous les ongles, une barbe de trois semaines... mon sac poussiéreux, mes chaussures boueuses posés à côté de mon lit détonnent dans ce décor de blanc et de propreté absolue. Je suis misérable. J'ai honte, je ne peux pas me cacher... Je suis mal, plus dérangé en fin de compte par mon apparence que par ma douleur. Ok, je sais d'où je viens, eux aussi le savent, le franskan gongümann qui est arrivé en þyrla. Mais ça n'empêche ma gêne...

 

Petite batterie de tests. Petit coup de flip en prenant ma température et ma tension... A peine 36°C et j'ai les mains tellement froides que le tensiomètre ne fonctionne pas... Couvertures et hop, au moins ma crasse est dissimulée.

 

Injection d'anti-douleur, ibuprofène, identique à celui que je prenais, mais en intra-veineuse... bof, comme d'hab...

 

Je m'aperçois au bout d'une petite heure que tout lemonde utilise son portable donc je sors le mien pour prévenir le maximum de monde de pas s'inquiéter, que je suis à l'hosto mais que tout va super bien... C'est ce moment que choisit bien sur le toubib pour arriver. Je lui explique que je veux d'abord prévenir mes proches avantde s'occuper de moi. Le salaud, il me le fait payer... Ok, je reviens plus tard, pas de pb... En effet, il revient plus tard, beaucoup plus tard.

 

on recommence...

Qu'est ce qui vous arrive?

I have stones down in my back...

Why do you tell that?

 

Et m...!!! c'est bon, débrouille toi maintenant, je t'ai fait le diagnostic, faut plus trop m'en demander en anglais... je m'en remets à toi, j'en peux plus...

 

Echographie... plein de petits cailloux de 2mm dans l'uretère... Tu m'étonnes que j'arrive pas à uriner...

Bon, ils sont pas gros, ils partiront tout seul, on te garde encore un petit peu pour voir comment ça évolue et après tu rentres chez toi...

ahhh... pas cool, moi je suis bien dans un plumard...

 

Deux heures plus tard, nouvelle crise... Ils ont pas l'air de s'en rendre compte... C'est la femme de ménage qui s'en rend compte...

Ils viennent me voir... J'ai le sentiment qu'ils ont l'impression que je fais la chochotte... Me refilent quand même une dose d'ibuprofène, toujours aussi inefficace...

 

Se décident pour un scanner (fa te faire passer un scanner, hé, puisque je te dis que c'est pas lui, c'est toujours le même...private joke avec mes collègues de boulot)  ...c'est pas normal que ça dure aussi longtemps, il doit y'en avoir un autre qui fait l'andouille dans le rein (dans ma tête, je vois défiler les rouleaux d'un bandit manchot sur mon compte bancaire, il y'en a déjà deux qui se sont arrêtés sur la même couleur)

Ils viennent me chercher en fauteuil roulant. Et puis quoi encore? moi je ne prends que l'hélicoptère comme moyen de transport... Hors de question de monter sur ce truc de vioque. et donc, pieds nus, pensnat qu'il n'yavait que quelques mètres à faire, je traverse tout l'hôpital tel Quasimodo derrière machine (je sais pas comment elle s'appelle là meuf, faut que je relise mes classiques)... ah oui Esméralda... Depuis que Garou a joué ce rôle, je n'arrive plus à me rappeler l' image de Quasimodo que je m'étais forgée en lisant le book, j'ai juste l'image d'un bouffon à la voix rauque déformée par l'alcool. Bon, alors je choisi Jean Marais dans le Bossu, c'est autrement plus classe.

Si tu ne viens pas z-à lagardère, Lagardère viendra t-à toi...

Bon, moi je vais tout piteux au scanner...

Petite claustro dans ce cylindre, évidemment. Heureusement que ça dure pas...

 

Grand évènement, j'apprends que je suis dans le journal... Mon jour de gloire... super... Il faut que je me vautre une fois dans ma vie et on parle de moi.

La dernière fois, c'étais lorsque j'avais arrêté un pénalty avec Albefeuille lagarde contre Montguilhem en PH. 20 ans, putain, 20 ans...

 

Si j'avais descendu la Markarfljot sur mon raft, "l'exploit" (je me méfie, je mets des parenthèses pour pas passer pour plus prétentieux que je ne suis)  serait resté inconnu. Je fais des calculs, le truc le plus banal qui soit et je passe dans le journal...

Pffff, c'est nul... Bon, j'ai qu'à savoir me vendre, mais d'un autre côté, j'aime pas le côté, je fais des aventures, je prends des risques, il faut que le monde entier le sache...

Oui bon, j'écris un blog pour les raconter, certes... je suis plus à quelques contradictions près...cf 1° page de mon récit.

 

Dans l'attente du résultat, une dame d'un âge certain mais indéterminé à plus ou moins 10 ans de 60 ans vient me voir toute penaude.

En français moyen, à mi chemin entre mon niveau d'anglais et d'islandais, elle me demande si je suis le type qui est arrivé en hélicoptère... Héhé, je deviens célèbre, je me demande si je vais pas pouvoir retourner à mon avantage cette situation inconvenante d'ici quelques heures .

Sa fille semble avoir le même problème que moi, mais elle, c'est sa mère qui l'a amené en voiture et elle n'a pas le droit d'avoir les honneurs de la presse. Et ça lui fout les couilles à l'envers (si j'ai bien compris... traduction approximative dans le langage d'usine qui est devenu le mien).

Ben oui, c'est bien moins glamour que l'hélico de venir en fiat punto ...

Si tu savais comme j'aimerais encore être sous le Laufafell, loin de cet hosto, loin des sunlights du Morgen Blaað...

 

Elles partent avant moi... C'est vrai que la fille me jète un regard meurtrier que mon sourire d'hidalgo à la Julio n'adoucit guère. Par contre, je suis devenu copain avec sa mère (mais on s'en fout un peu puisqu'elles se cassent).

 

l'article... ici (si y'en a un qui peu tme traduire précisément, je lui en serai fort gré)

 

Le toubib arrive... direct, il m'appuie juste sous le rein... vous avez mal là? ahhhhhhhhhhhhhhhh... oui.

normal... ah ben, puisque tu savais pourquoi t'as appuyé alors?

 

Bon, il m'en reste un dans le rein, tout petit de 2 mm, qui va se barrer de lui même... et la douleur avec.

Il me prescrit du voltarène juste au cas où...

Donc, si je résume, j'avais juste besoin d'anti-inflammatoires basiques pour tenir... J'ai appelé un hélico parce que je n'avais pas d'anti-inflammatoires. C'est nul. Déjà que j'étais pas fier, le monde s'effondre sur moi...

 

J'ai abandonné pour une erreur de composition de la trousse à pharmacie...

Je les ai appelés pour rien. Aucun traitement, il suffisait d'attendre que ça passe et de prendre les médocs appropriés pour tenir.

Facile après coup de se dire ça... C'est un regret qui ne sert à rien...

au moment du choix, je n'avais pas ces éléments en main, donc je n pouvais influencer vers la décision qui me semble la plus juste maintenant.

Ah... l'expérience... les leçons de la vie...

 

Petit chapitre de proverbes...

"L'expérience est un bon remède mais on ne le prend qu'après la guérison du mal"... je sais plus de qui...

"L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs"... ça c'est O. Wilde...

"L'expérience, c'est ce qui nous permet de comprendre une erreur lorsqu nous la recommençons (ou un truc comme ça)

 

Bref... Pas cool, ils me foutent dehors, moi pauvre caliméro, le dos brisé avec un sac à dos de 30kg et nulle part où dormir cette nuit... Sauf que j'ai quasiment plus mal en sortant. Mais ça, je veux pas qu'ils le sachent (on est con des fois)

Passage par la case Caisse... 54000 krs (argllll!!!! 400 euros la demi-journée)... on verra pour le remboursement en France (je viens d'apprendre qu'il faut au moins 4 mois d'attente). Renouvellez vos cartes d'assuré européen...

 

 

Nouveau moment de solitude... Je me perds dans Reykjavik en sortant de l'hosto. Les noms des rues correspondent pas à ceux de ma carte et la mer n'est pas au bon endroit .

Pourquoi?

a) l'Eyjafjallajökull a de nouveau pêté très fort pendant qu j'étais à l'hosto.

b) Dieu provoque un nouveau déluge dévastateur et la mer est en train de monter

c) des rigolos pour me perturber et qui avaient que ça à faire se sont amusés à changer les panneaux des rues (je faisais ça avec les copains quand j'étais gamin, shhhttt).

d) je suis dans la 4° dimension

e) je ne sais plus lire une carte (non non, ça c'est impossible)

f) je me suis trompé d'hôpital...

 

Ben oui, c'est con, y'a deux hosto à Reykjavik. Je n'avais jamais vu que celui à côté de l'aéroport. 1 chance sur 2, loupé...

Finalement, c'est simple comme tout d'aller au camping, sauf que je double la distance faute d'avoir compris rapidement mon erreur. Je trouve une pharmacie sur le chemin pour acheter mon Voltarène... J'en prends un immédiatement au cas où c'est que (sic) bientôt j'aurais mal...

 

Camping... pluie, vent, déprime d'être planté là alors que j'en ai encore pour une semaine de glandouille en Islande... Rester à Reykjavik tout ce temps? je me jette du haut de la cathédrale...

Quelques courses pour acheter un peu de frais... j'ai envie de tomates et de fruits.

Des rasoirs aussi pour reprendre une tête civilisée. le tour est mort. Il faut revenir faire bonne figure en société.

et puis y'a runtur ce soir... tu parles, charles... Ce soir, c'est dodo

L'infirmière en chef avait pas trop goûté ma blague en partant quand je lui ai demandé de se grouiller à me libérer qu'il fallait que je me prépare pour la cuite du samedi soir...

Ca risque pas... Il faut que je dorme un petit peu...

 

Vers 21h00, je vais au cyber-café de l'auberge de jeunesse envoyer des mails à tout va pour rassurer tout le monde.

Surprise, un mail de Cédric... et des sms de Björn me demandant si tout va bien et si j'ai besoin d'aide.

Ils ont vu que je m'étais planté... Ils sont allés à l'hosto mais je venais juste de sortir... Ils sont au camping... Si je lis leur mail, je suis le bienvenu pour aller chercher réconfort...

Tu parles que j'en ai envie...

 

Merci à vous deux... Vous m'avez sauvé de la dép...

 

 

Bon, c'est article est trop long...

 

Dimanche 15 maintenant...

C'est nul, je suis en phase de récup. Les reins vont bien. J'ai pas mal.

Si ça reste comme ça, je prends le risque de repartir lundi dans la pampa. Bon, si refais la même crise, je n'oserai jamais les rappeler.

Mais j'ai le voltarène maintenant... Je risque rien...

 

Super journée de shopping où je n'achète absolument rien tant je n'aime pas les magasins de souvenirs.

Super...

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un pied, mais un pied, c'est simple, je me régale... heureusement que cédri et elyane me soutiennent (et me supportent)...

Ils me proposent demain si le désire de me prendre en stop vers le Landmannalaugar.

 

J'hésite pas une seconde. J'ai juste pas trop choisi mon itinéraire.

En me couchant, je réfléchis à un nouveau trajet de 3-4 jours qui m'amènera jusqu'à vendredi et la fin du voyage.

 

 

Lundi 16...

Je loue un vélo. Et retourne à Reykjavik sur le port. Un peu rouillé le truc, pas l'air très actif...

Déformation professionnelle, habitué que je suis à bosser au milieu du désastre d'une guerre post atomique (au minimum)? Je m'y retrouve dans les ambiances de friche industrielle. j'aime bien les traces du passé industrieux de l'homme (tant qu'il ne quitte pas le cadre des villes).

J'imagine facilement la sueur, la difficulté et la misère des gens qui ont travaillé là. Sur un port, je trouve la dramatique encore plus exacerbée. S'y ajoute le risque du métier de pêcheur, l'idée que des dizaines ont disparu dans les tempêtes de l'atlantique nord.

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moi j'ai toujours du bol pour tomber sur les évènement scons en ville. j'ai remarqué depuis 2007 qu'il y'avait de moins en moins de grues au dessus de Reykjavik.

En 2007, une noria de grues recouvrait la ville. Les immeubles poussaient (mémé dans les orties) comme des champignons.

En 2010, presque plus rien, juste un gros chantier et ses couillons trouvent le moyen d'y mettre le feu... Peut être au moins que ça fera durer leur contrat de travail s'ils doivent recommencer à chaque fois (c'est un concept d'ailleurs que tantale ou Prométhée commencent à trouver usant après quelques millénaires, mais Prométhée a été libéré je crois (on s'en fout? ah, okok)).

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Mais avec la fumée, ils me gachent la panorama de mes vacances, les chancres...

Une astuce, derrière un bâteau (je suis frustré de l'acte manqué de mon raft, donc je vais en voir d'autes plus gros, na).

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C'est l'éclate totale, hein?

un petit tour dans un quartier que je me souvenais huppé juste derrière l'aéroport sur le front de mer...

Beaucoup moins sympa que la dernière fois... ah, de l'influence du moral sur les souvenirs...

 

Ca vaut bien Roquebrune...

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Quelques courses... Hasard... sur qui je tombe? re Cédric et Elyane... décidément le destin...

Je meurs de faim devant lla bidoche fraiche...

J'achète des morceaux de veaux coupés en petits dés... Ils me sautent déjà dans le ventre à défaut de déjà sauter sur mon réchaud.

 

Retour au camping. Je laisse du matos à la consigne, notamment le raft. Le trip est mort, je n'ai plus envie du bâteau et de toutes façons, compte tenue de ma "convalescence", je vais essayer d'y aller léger. un petit 20kg.

 

Cédric et Elyane me récupèrent à 16h00 et nous partons vers le Landmannalaugar.

Ils m'expliquent pourquoi ils sont venus en Islande. L'essai du camion n'est qu'un prétexte fallacieux. Il sont en fait fanatiques de locomotives et ils m'apprennent que l'islande est l'unique pays au monde à avoir conservé intact son parc entier de locomotives. Ils veulent toutes les photographier... ... C'est moi qui l'ai dit le premier...

Bon, c'est un peu un truc de fainéant... Il n'y en a que deux... Les lignes de chemin de fer n'ont jamais été construites. ils avaient d'abord acheté les loco. Ellles sont neuves. elles n'ont jamais servi...

 

Vers 20h00, On arrive à l'endroit où je veux me faire larguer, sur la f225, près de Landmannahellir sous la cascade rouge de Rauðufossar...

un dernier café ensemble et je m'éclipse dans la pénombre déjà montante.

 

A bientôt à Peyresc ou ailleurs...

Merci pour tous ces moments, ces cafés, ces discussions, ces échanges...

Dites à Igor de cesser de rester devant l'ordinateur et de me dire quand il le saura ce que sont ces pierres bleues de Sveinsgil.

Et qu'il progresse en latin, je l'interrogerai la prochaine fois.

 

J'attends vos photos des locomotives, cadrées de vos yeux d'expert avec impatience...

 

Merci encore une dernière fois...

 

 

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Ca y'est c'est reparti, pas très loin de mon accident, à une vingtaine de bornes de là.

Les vert et noir (Allez Montauban, ouaiiiiiiiiiiisssss... bon courage pour la fédérale 1... qu'on me dise pas après que je ne suis pas attaché à mes racines) de la f225...

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Plantage de la tente sous la cascade. Il fait presque nuit.

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Je me casse le ventre avec mon sauté de veau avec des pates au parmesan...

Superbe nuit.

 

Fin prêt pour la reprise demain.

 

 

ouf... End of the article... c'est pas marrant quand y'a pas de photos...

Publié dans islande

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Jouge 22/09/2010 09:05


Et ben dis donc ! Une récup' en hélico ! En tout cas ça prouve que la balise Spot fonctionne bien !


bigfoot 23/09/2010 11:42



oui, mas le pb de la balise, c'eest qu'elle ne te dit pas que le message est reçu, juste qu'elle envoie le signal... c'est plutôt stressant de se demander s'il y'a quelqu'un au bout du fil.



dagnell 22/09/2010 08:45


Finalement cette journée, avec le recul, restera un beau souvenir. L'échec c'est lorsque l'on renonce et ce n'est pas ton cas !

Beau courage ! bravo


bigfoot 23/09/2010 11:41



beau souvenir? je te jure que non... c'est peut être même le pire jour de ma vie, hors drames familiaux


marquant, certainement...


ça ressemble quand même à un gros plantage, je trouve. si j'ai fait des calculs, c'est qu'à moment donné, j'ai eu un pb d'hydratation... ça vient pas comme ça... c'est donc que j'ai pas été
bon...


 


beau courage? peut être, je crois pas... est ce qu'un berger qui fait des calculs dans la montagne avec ses moutons appelle les secours?