11/09: Þorsmörk (Basar) toujours et encore...

Publié le par bigfoot

Soleil revenu dans la nuit si je puis dire.

Mais rereparti dans les nuages ce matin.

 

J'ai passé la nuit à réfléchir comment occuper mes deux prochains jours maintenant que le Grand plan est out.

Je suis dans le ravin de Hvannargil par où j'envisageais de rentrer, aussi pourquoi pas le remonter un petit moment pour voir un peu à quoi il ressemble.

Mais je suis vraiment sorti du trip (si jamais j'y étais rentré vraiment cette année) et je n'ai pas envie de patauger dans la flotte, aussi je remonterai jusqu'à ce que la rivière m'empêche d'avancer.

Et oui, y'a plus rien dans les chaussettes, le calbut et la boite à idées. Vivement le retour à Vence, y'en a marre, c'est fini.

 

Je plie la tente sous le presque soleil et abandonne le sac. Je repasserai par là au retour obligatoirement et je sais que personne ne viendra ici aujourd'hui.

remontée en mode ultra light, juste la veste, le bonnet et l'appareil photo.

La crue de la Hvanna est terminée. Le niveau a baissé et l'eau est redevenue claire.

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C'est dommage d'être sorti de mes envies exploratoires. Le canyon est splendide et si j'avais fait l'effort de mettre les pieds dans l'eau, j'aurais pu remonter assez haut le long de ces extraodinaires parois.

Mais bon, c'est comme ça... C'est couillon puisque je n'ai rien d'autre à faire que de glander.

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Et donc très vite c'est terminus, bloqué par un drossage.

Que de regrets aujourd'hui quand je regarde les photos de ne pas avoir poussé.

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Bon, d'un autre côté, au vu de la suite des évènements, c'était sans doute plus sage...

Le temps de revenir au sac qu'il se remet à pleuvoir.

Je rentre exactement par le même chemin. Ce canyon, je le dis et le répète haut et fort mérite une exploration profonde, très profonde...

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Le canyon affluent aussi méritera une belle exploration. Faire les deux en boucle s'avèrera sans doute impossible. Je ne suis pas sûr qu'il soit possible de sortir en tête de ces canyons. Mais c'est là en haut que l'éruption de 2010 avait commencé à se déverser, alors le terrain a certainement beaucoup changé par rapport aux cartes. il faut monter y voir.

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Au fond dans la Krossa, le soleil... Il recommence ici à faire un temps dégueu...

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Avec l'arc en ciel j'ai au moins autre chose que du vert et du noir, ce qui n'était pas fait pour me déplaire... Ce conflit entre minéral et végétal.

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Je glandouille encore un petit peu aux endroits où je me suis tant fait secoué hier aprèm.

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La pluie commence à redevenir un peu moins anecdotique que ce matin et je sens que le vent a lui aussi passé une bonne nuit de sommeil et qu'il va être en pleine forme après le p'tit déj.

Voila, suis au point de départ. Faut remonter au col qui domine Basar. Là où je m'étais abrité un long moment hier soir.

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Je vous dis quand ça sent l'aigre, là haut sur les pentes de l'Eyjafjallajökull.

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Remontée peinarde à Basaskarð.

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Un regard vers l'amont et le petit tertre où j'ai dormi.

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Rien à raconter de spécial. A part à moi qui me la raconte que je vais pousser à Utigönguhöfði (il est question de randonnée dans le nom, maisje sais pas le traduire). 

Je l'ai dit... quand le plan principal est mort, je ne sais pas rebondir sur des balades de moindre envergure.

J'essaie mais j'y arrive pas... Tout est bon pour ne pas y'aller... La pluie, le vent, le déniv, le sentier balisé que je veux pas suivre... 

Au col, je tombe sur deux français en balade depuis le refuge. En jeans, ils doivent pas se marrer. Ca me fait drôle d'entendre ma langue. Pourtant, ça fait que 10 jours que j'ai quitté la civilisation.

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Dernières photos de le Hvanna un peu récurrentes mais je trouve cette place tellement belle.

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Donc comme prévu, j'abandonne Utigongmachin après 10 mètres de montée et retourne à Basar...

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...Basar en bas à l'orée des bois...

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...Où je retrouve mon gardien qui se marre en me voyant.

C'était pas cool, hein?

Ah, ça non, tu l'as dit...  On discute un peu et je repars vers mon départ d'hier complètement par défaut. Faut bien aller quelque part.

Sauf que j'adore vu d'en haut sur le sentier la vue sur le ravin de Strakagil... Donc, je vais y pénétrer suffisamment loin. Je planterai la tente et monterai vers les têtes de tous les ravins amont en ultra-light pour des visites express.

Pas mal comme plan. Il est même pas midi, j'ai tout mon temps... pour m'ennuyer.

 

Je me narre à l'entrée de Strakagil et me retrouve à affronter une forêt vierge digne du maquis des ferriate dans le massif de Bavella (la Corse est mon autre ile...). Les différences, mineures... Y'a pas de ronces en Islande, petit détail. Le terrain est plat là où il y'a la forêt alors qu'en Corse il faut minimum avoir 50° pour que ça devienne intéressant. Par contre, qu'est ce qu'il pleut ici aujourd'hui... Ok, il peut pleuvoir en Corse abondamment aussi.

Bref après 100 mètres de progression où je regrette masque et tubes, j'en ressors trempé comme une soupe. Et décide de continuer dans la rivière, c'est plus sec... J' vous jure!!!

 

Le ravin de Strakagil est profond mais les parois s'élargissent rapidement et on ne marche pas dans un canyon encaissé. Dommage.

Par contre, comme souvent dans ce coin, la montagne est percée de milliers d'arches naturelles (centaines, relativisons). Et ça j'adore...

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On dirait des regards furtifs qui épient le passage des marcheurs.

Une petite trace remonte le fond du vallon. Il me reste à trouver un coin sympa maintenant que je suis bien enfoncé au fond du ravin. Ce qui n'est pas simple tellement le fond est étroit.

Il faudrait un minimum de plat, même pour une tente solo.

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Le ravin finit par se resserrer dans une petite gorge sublime.

Il va falloir pourtant trouver un petit replat.

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Curieusement, j'en trouve un à l'endroit le plus tourmenté du ravin. Sous un grand plan incliné d'où coule une petite cascade et il doit tomber plus que de l'eau de cette cascade... Gaffe aux chutes de cailloux.

Complètement à l'abri du vent du sud qui se renforce derrière d'énormes blocs moussus, je vais être pas trop mal. 

Sous le plus gros des rochers, il y'a un magnifique abri sous roche qui m'abrite de la pluie battante. Je défais toutes mes affaires ici, puis par aller retour successifs après le montage de la tente, je ramène tout le matos sous la toile.

Moi, je dis, cet emplacement a sacrément de la gueule.

Il est 14h30. Je m'accorde une demi-heure de sieste et après on ira voir plus loin.

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Je me déshabille et me glisse dans le duvet, dernier élément sec de mon paquetage... Le sac Bora d'Arctéryx n'est pas aussi étanche qu'ils le disent.

Et comme l'an dernier, il avait parfaitement résisté aux rares intempéries, j'y avais crû et donc pas protégé les affaires avec autant de soins que d'habitude.

 

C'est une erreur capitale que de se glisser dans son chaud duvet sec quand il fait 4° dehors et qu'il pleut averse. On n'en sort plus. 

Je rêvasse à moitié entre deux pages de mon Dalmasio que je finis enfin sans plaisir (si beaucoup, j'en suis débarassé, pas aimé celui ci alors que j'avais adoré la horde du contrevent) vers 17h30.

 

Bon, c'est trop tard pour balader, hein? surtout que la pluie n'en finit plus de crépiter avec violence contre la tente. 

 

18h30, je suis au pays des songes quand retentit la douce mélodie de mon téléphone que j'ai oublié d'éteindre. Mon téléphone est toujours éteint, toujours rien que par principe. Je ne veux pas être en lien avec le reste du monde en ces endroits sauvages.

C'est, je crois, la première fois que ça m'arrive. Et ici dans cet encaissement j'ai du réseau, comme quoi...

 

Un sms de Björn... Je sais pas si t'as un bon abri mais la météo annonce une tempête pour cette nuit avec beaucoup de pluie. N'oublie pas que tu as Basar pas loin pour te planquer (traduction approximative mais c'est le sens général)

Dans le cosmos, je fais pas trop cas du sms... Björn a toujours l'habitude de me réveiller en milieu d'aprèm, cf Dalakofin

 

Une demi-heure plus tard, un second sms, Tempête confirmée, de classe ouragan... 

 

Bon, là, je finis de me réveiller complètement. Un islandais qui te dit de te méfier du temps dans un pays qui serait toujours en vigilange météo orange s'il appliquait les procédures française mérite que tu lui accordes toute ton attention. Il m'a pas textoté hier pour me mettre en garde, ni la semaine dernière quand ça a tourné vinaigre.

Donc, donc... Pffff... Je suis bien abrité des vents du sud derrière mes gros rochers. La pluie, je ne le crains pas. Et puis je suis bien au chaud dans mon duvet... Hmmmm!!! c'est trop bon!!! alors imaginer de se rhabiller avec des fringues trempées, surtout les godasses, plier la tente sous le déluge et me faire une heure sous la pluie jusqu'au refuge... Berk!!!

 

Mais bon, disons que je crois au destin et à l'instinct de préservation. Si j'ai laissé mon téléphone allumé, c'est que ma petite étoile savait que ça allait bugger cette nuit.

Pendant que je plie ma tente, un hélicoptère passe comme un dingue vers Fimmvorðuhals... Aïe aïe aïe, y'en a un qui doit être en perdition tout là haut.

 

Alors je rentre piteusement au refuge me confronter aux sarcasmes du gardien, lequel au contraire me dit que j'ai bien fait. Ils annoncent des vents à 50 m/s. 

Ce qui nous fait en km/h (fait chier le con qui a calculé les heures en systême hexadécimal)...Alors fois 60 pour une minute, puis fois 60 pour une heure, donc 50*3600, que je me divise le tout par 1000 pour les km. J'aurais vraiment dû passer une thèse de mathématiques appliquées... 180 km/h...

Mouais, l'abri aurait peut être pas suffi.

 

Je ne suis pas seul au refuge. Un groupe de l'agence Fjallabak, avec pas mal de français. Le sas est encombré de fringues détrempées. J'ai du mal à trouver de la place pour tout mon bordel que je veux étendre pour le faire sécher. Mika ayant beaucoup travaillé pour eux, ça me permet d'accrocher la discussion aisément avec les guides islandais.

Lesquels m'invitent au repas du groupe... Soirée bien sympa donc... Et en plus j'ai la chance de dormir seul dans un des dortoirs du refuge. Tout bénef ma soirée donc.

Dans le milieu de la nuit, je me lève regarder la tempête qui se déchaine dehors. Pas si spectaculaire que ça finalement, mais bon, sous la tente, je l'aurais certainement vécu autrement.

 

Et hop, retour dans le confort du dodo sous un toit pendant que ça souffle sous les tuiles. Serein le mec...

Publié dans islande

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