10/08: Sveinstindur - Uxatindar - Skælingar

Publié le par bigfoot

Bien reposé, et donc cette colère débile évaporée.

Bon, il faut remonter mes 5 km gachés hier soir. il fait beaucoup moins beau aujourd'hui. Ca a définitivement basculé. On est au-delà de la brume. Quand j'arrive au-dessus du refuge de Sveinstindur, la bruine m'accompagne déjà.

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Le refuge, je m'attendais à un truc un peu plus gros, plus neuf, style une vieille bergerie avec d'autres bâtiments neufs pour répondre au tourisme grandissant sur cette zone.

Il n'en est rien.

On ne peut pas dire qu'il a le charme de skaelingar ou Alftavatnkrokur, mais il est bien bien sympa, exactement dans le style des autres.

Quand je fais le listing des refuges du strutivegur, il n'y en a pas un à jeter... Ils sont tous harmonieux, cosy, conviviaux. Beaucoup plus accueillants que ceux que l'on trouve sur le laugavegur.

Le soucis pour qui veut dormir en refuge sur ce chemin, c'est qu'il suffira d'un groupe important comme celui que j'ai aperçu hier soir et il n'y a plus de place.

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Ce matin, il est vide. je profite de l'espace pour déjeuner au sec et me taper une vraie sieste sur un vrai matelas sous un vrai toit pour la première fois depuis trois semaines.

Je pars au pays des songes un bon moment sans m'en rendre compte. Ah!!! le confort!!! 

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C'est la pluie battante en fait qui me réveille. Je sens que ça va pas trop rigoler aujourd'hui.

Il me faut pas mal de volonté pour m'extirper du refuge et affronter le gros temps du jour.

J'aurais souhaité flâner sur les rives de la Skafta aujourd'hui, ma rivière préférée qui juste après Sveinstindur change de dimension en tombant dans un couloir de lave sans fin. Un pas de travers dans la flotte à partir de là et t'es mort. Bon, y'a pas de raison d'y tomber.

Je passe devant la cable transbordeur utilisé à une époque par certains groupes pour traverser la rivière. C'est interdit maintenant. Maintenant que je le vois, je me dis qu'il fallait être super gonflé pour l'utiliser comme tyrolienne.

J'arrive juste après donc à la rampe où la Skafta bascule vers l'enfer.

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Vous voyez ce que je veux dire?

 

Le sentier est très net le long de la rivière. Courtes montées et descentes selon les plis du terrain. Il n'y a pas à profiter, il fait un temps immonde.

Le sentier n'est pas balisé jusqu'au ravin de Hvanngil. 

Je commets là une erreur d'ailleurs ne trouvant pas le moyen de descendre, je repars un peu trop vers l'intérieur. 

Je n'aime pas utiliser le gps mais dans ce mauvais temps je n'ai pas envie de passer du temps à m'amuser à trouver l'itinéraire.

Le chemin est excessivement astucieux pour trouver un passage dans la pente du ravin. Il est balisé ici de piquets jaunes. Je ne crois pas que seul, sans savoir qu'il existe un chemin, j'aurais osé m'engager dans la descente.

Je ne me rappelais ni m'imaginais que ça pouvait être tendu ici.

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Même sur le chemin, la progression est spectaculaire.

La rivière en bas est chiante à traverser. il y'a à peine trop d'eau pour pouvoir la traverser sans déchausser. Au moins s'il y'a de l'eau, tu te poses pas la question. Là, je tergiverse un moment. Il pleut tellement que je ne pourrai jamais me sécher après la traversée. 

Mais, y'a pas le choix... Rouler le pantalon trempé sur les jambes, hmmm, quel bonheur... Ces rivières à l'eau claire me semblent encore beaucoup plus froides que les glaciaires.

Enfin, ça se fait dans un instant mouillé très désagréable.

Je suis en visuel maintenant sur la montagne magique d'Uxatindar, encapuchonnée dans le brouillard. il ne pleut plus.

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Le chemin est toujours balisé, nécessaire indispensable pour trouver le passage vers Le ravin d'Uxatindar. 

C'est un peu la même chose qu'avec le ravin précédent, la descente est géniale dans la complexité des pentes quasi verticales.

Pas de problème de rivière ici. Un lac garde l'entrée du défilé, du corridor, de la chambre des trolls, du passage sous la montagne.

Appelons le comme on veut. C'est endroit font partie de ceux qui m'ont toujours aimanté. La différence ici est que c'est la montagne au triangle parfait vue depuis Laki qui m'obsédait. Je ne savais pas que LE truc d'ici n'était pas la montagne mais ce qu'il y'a dessous.

Amoureux d'un endroit par erreur en quelque sorte.

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Je ne le sais pas encore. Dépose du sac au bord du lac et petite balade au fond du vallon jusqu'à la Skafta toujours aussi indomptable.

Je connais un peu cet endroit. C'est là en rive gauche que j'avais atteint la rivière 2009 au-dessus d'une très grosse cascade un peu en aval puis gravi le Kambar pour une des vues et des émotions les plus fortes jamais ressenties.

C'est de Kambar que la majesté d'Uxatindar m'avait ensorcelé. 

Le Kambar...

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Il existe deux chemins pour passer "l'obstacle" Uxatindar.

Soit au-dessus de la Skafta sur un chemin annoncé extrêmement dangereux par temps de pluie dont on voit le départ sur la vidéo.

Soit l'officiel qui démaare au lac et passe dans un encaissement sur l'autre versant. Je n'ai pas d'autre information sur ce passage supplémentaire que "oui, c'est pas mal du tout".

J'hésite bien un moment entre les deux choix mais du fait de la pluie, j'opte pour l'officiel.

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En rentrant au lac, je tombe sur mon gros groupe islandais de la veille qui vient d 'arriver derrière moi et part pour une grosse pause.

Ils sont une petite quinzaine. c'est marrant vu de l'extérieur la hiérarchisation au sein d'un groupe. Le boss, guide utivist, un peu grande gueule qui en me dévisageant me déclare que je fais partie du type des "tout droit" sur les chemins sans chercher à approfondir les environs, ce qui évidemment me vexe au plus haut point puisque c'est exactement l'inverse que je revendique.

Je ne peux toutefois lui donner tord aujourd'hui. Sous la pluie, je n'ai pas cherché une seconde à essayer de sortir des sentiers battus.

Parti derrière eux ce matin à plus de 4 km du refuge, je suis déjà devant eux en début d'après midi.

 

Deux nanas curieuses ensuite derrière lui qui me parlent beaucoup sur ma provenance, mon chemin, mes envies de solitude (plutôt inconcevable culturellement en Islande).

 

Et en retrait le reste du groupe plein de sourires. Finalement une rencontre pas désagréable du tout qui me pousse un peu à regretter ma misanthropie de la veille. Peut être qu'on se serait bien marrés.

 

Je me hâte de reprendre mon sac à dos et d'accélérer le pas pour prendre de l'avance sur le groupe. faut pas pousser quand même. C'est pas parce qu'ils sont me sympathiques que je veux transiger avec mes envies de découverte solo d'un tel spot.

Il y'a plusieurs personnes assez âgées dans le groupe qui ont du mal sur les sols glissants. Je prends très très vite de la distance, confirmant sans doute dans l'esprit du guide mon "straight line side".

J'ai un bol, mais un bol avec la météo.

Le brouillard se lève et la pointe d'Uxatindar émerge. Derrière le lac, je vois l'entrée de la petite gorge par laquelle il faut passer. Tout est bien balisé ici.

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Cette gorge... Quelque chose de magique, unique, jamais vu, exceptionnel...

L'armée des trolls habite là.

Je n'ai jamais vu telle densité de montagnes déchiquetées ailleurs...

Eperons rocheux surplombants, orgues basaltiques, rochers en équilibre défiants les lois de la pesanteur...

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Le tout sur près de deux kilomètres...

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Tu crois que c'est fini, un méandre du torrent et tu repars pour un tour.

Irréel, l'endroit n'existe pas... Je vais sortir du rêve...

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Dès que je peux mais c'est rare, je pars dans des petits vallons, prends de la hauteur, essaye de varier les angles.

C'est tout bonnement un des endroits que je préfère. Amoureux de la montagne du dessus, je tombe transi dans le canyon du dessous. Un peu comme si amoureux de la fille, je tombais amoureux de la mère quand elle me la présente.

Un malentendu heureux...

Oui, le chemin passe là-dedans.

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Quand je parle d'endroit d'exception...

Du coup quand tu sors, ben t'es un peu transformé... t'as un truc nouveau en toi.

Et c'est aussi beaucoup plus fade.

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Je pourrais pousser l'exploration jusqu'à Skaelingar le long des vallons du versant opposé mais je n'en ai plus envie.

C'est bon, j'ai le compte pour aujourd'hui. On est vendredi soir, et au fond de ma tête résonne encore le bruit de la fête du we dernier. Maintenant que j'ai goûté aux folles nuits reykjavikoises, j'ai plus envie de louper un de ces samedi soir dont ils ont le secret.

L'arrêt bus est très loin encore, à plus de 20km. faudra plus trop trainer.

Donc j'opte pour la moche piste qui m'amène au refuge.

Rien à raconter là, sans intérêt, faut pas passer par là si on n'est pas pressé.

Je croise un 4*4 sur la route qui va à la rencontre du groupe, puis qui me rattrappe juste au-dessus du refuge de Skaelinagr, le coffre plein des sacs à dos des randonneurs. Ils vont finir light.

Le chauffeur me propose de rentrer, boire un café avec eux, me réchauffer. Sympa comme toujours en Islande.

 

J'entends tout dire sur les islandais, leur froideur, leur sans gêne, leur manque de politesse... leur comportement de cosaque, leur hostilité aux touristes...

Je n'ai jamais rencontré qui que ce soit de désagréable dans ce pays, jamais, jamais... Alors oui, leur perception du groupe est différente, oui ils sont plutôt bruyants et n'ont pas les mêmes notions de "politesse" exactement comme nous.

Essaie de boire une bière sans te casser une dent contre le verre et en renverser les 3/4 par terre tellement tu te prends des coups d'épaule à la minute. N'attends pas d'excuses, c'est comme ça. Mais jamais tu verras de comportement agressif. Ils se marrent, point à la ligne. Accepte le, vis le ainsi mais surtout ne juge pas. C'est détestable.

Mais fais l'effort d'aller vers eux, ils te le rendent au centuple. Ils font du bruit dans le refuge? Oui. ils chantent jusqu'à pas d'heure alors que tu veux dormir? Oui, c'est chiant quand tu veux dormir. Discute avec eux, tout de suite tu es intégré, invité à boire des canons, du brennivin et privilège suprême s'ils en ont à te taper le "délicieux" hakarl aussi cher que notre foie gras.

Est ce parce que ma démarche solitaire en dehors des sentiers battus les intrigue, Est ce parce que je sors de derrière nulle part souvent avec mon gros sac à dos monstrueux et une barbe hirsute de plusieurs semaines? Je ne sais pas, mais j'ai toujours eu des contacts plus que privilégiés. 

Ou alors peut être mon état d'esprit complètement détaché lorsque je suis en Islande qui me rend beaucoup plus ouvert, moins sur la défensive que je peux l'être ici en France... 

Je ne sais pas...

Mais ce que je sais... C'est que j'aime définitivment l'Islande (je le savais depuis longtemps) mais j'aime aussi définitivement les islandais... Alors les gars, surtout changez rien, restez tel que vous êtes...

 

Ma déclaration d'amour achevée, c'est pas pour autant que j'ai envie de m'insérer dans leur groupe ce soir.

Je sens déjà sur mon visage à travers les fenêtres la chaleur du poêle, la moiteur saturée de l'atmosphère à cause des énormes marmites qui bouent depuis des heures (ils font toujours en sorte d'avoir de l'eau chaude à disposition). J'imagine l'odeur âcre de la bière. J'entends déjà le bruit des conversations, les cris des enfants.

Non, je n'ai pas envie de ça maintenant. J'ai plutôt envie d'aller dormir sur les rives de la Skafta, sentir le vent cingler mon visage, écouter le fracas de l'eau sur les rochers et observer les oiseaux...

J'ai besoin de sérénité ce soir. C'est comme ça.

 

Je repars très vite le long de la Skafta (ou presque) sur un chemin herbeux super agréable, celui qui mène à Holaskjol.

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L'objectif est de m'arrêter à moins de 5 km de Eldgja où je prendrai le bus demain en fin de matinée.

Je ne profite pas tellement des derniers moments de la journée. Le brouillard tombe subitement.

Je plante la tente le long d'un petit ruisseau puis me dirige vers la skafta pour voir la bête.

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Je trouve que mes emplacement de camp perdent en qualité depuis deux jours... trop bien habitué.

Heureusement que le chemin pour rejoindre la Skafta est dans le sable, ce qui me permettra de revenir facilement à la tente, sinon , j'aurai tourné un moment avant de la retrouver avec le  brouillard qui s'abat définitivement sur la vallée.

En attendant, la Skafta ici est aussi dingue qu'ailleurs. Je ne me lasse pas de la regarder se briser sur la coulée de lave du Laki. j'essaie mais n'arrive pas à m'imaginer le moment de la rencontre entre les deux monstres. L'eau furieuse contre la lave incandescente...

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En me couchant sous la tente, je prends conscience que je suis très proche du niveau de la skafta et qu'il suffirait d'un sale jokulhaup pour toucher le jackpot et apprendre à jouer au sous-marin avec ma tente.
J'essaie de me rassurer comme je peux en me disant que si je suis dans l'herbe et non le sable, c'est que les crues n'arrivent pas jusqu'ici. On fait comme on peut...
Le 11/08 est une bonne journée de merde. Brouillard, vent et pluie...
Pas une photo,une seule vidéo tout en haut au carrefour de la piste au dessus de Eldgja pour résumer le bonheur de la journée.

A noter qu'en bas dans la faille à l'aval du parking, la balade le long de la rivière est magnifique.

 

Le bus est à l'heure. Je prends le temps d'avertir les rangers que j'ai bien fini ma boucle, qu'ils peuvent brûler ma photo. Ils me demandent des renseignements sur la faisabilité du glacier.

Bus pour Landmannalaugar et trois heures d'arrêt qui ne me servent à rien. j'ai fini pour ce tour là. Maintenant, je veux juste rentrer à Reykjavik.

Ah ce samedi soir... m'en rappellerai... C'était la gay-pride, y'avait juste, mais alors juste un poil trop de monde. Moins bien que la dernière fois.

 

Je passe mon week end sous une pluie battante à réfléchir à ma dernière semaine à venir. J'avoue que j'en ai un peu marre. Je préfèrerais rentrer maintenant.

Mais bon, j'ai pas des billets open et je ne suis pas disposé à crâmer du pognon pour raccourcir mes vacances. 

Le problème majeur est météorologique. Tout le sud est annoncé bouché pour la semaine. J'ai un petit projet dans les cartons vers Skaftafell sur un parcours de crêtes relevé aux petits oignons que je vous dis pas, mais qui nécessite un visuel parfait. Ce ne sera pas le cas donc, faut même pas essayer. C'est une histoire à se planter.

 

Donc où fait il beau la semaine prochaine pas trop loin de Reykjavik? Dans l'ouest? Qu'à cela ne tienne, on doit bien pouvoir s'occuper un peu aussi là haut.

Qu'est ce qu'on doit pouvoir faire dans la péninsule de Snæfellnes? Commencer par acheter une carte au camping que je ne supporte plus.

Ca me révulse de voir les gusses venir en Islande et à être connectés 24h sur 24 sur leurs tablettes à consulter facebook en permanence. 

Oh, les gars, rangez le matos et allez voir dans le vraie vie ce qu'il se passe. Ca sert à quoi de visiter le monde si vous sortez pas la tête de votre bordel quotidien? Rien, il faut rien avoir à soi de non vital. Il faut se détacher de tout le confort inutile du quotidien. Je me  prends la tête avec un qui est en train de regarder PSG-Lorient sur son i-phone. Je peux pas je craque, faut que je lui dise. Il m'envoie bien chier. T'as raison, continue, n'oublie pas de regarder jour de foot après et les commentaires dans l'équipe demain.

Pendant ce temps là, moi je vais sur le web pour voir si ma messagerie a chauffé depuis trois semaines. Un petit message d'une personne qui n'aime pas la pluie m'interpelle. Ah ben ici aujourd'hui elle serait pas déçue... Voyons voir de quoi il peut donc s'agir. Ma foi... Moi je dis que ça va le faire ... (et ça fait plusieurs mois que ça le fait depuis plus que bien).

 

Autre truc qui me gonfle aussi en discutant avec ces jeunes français, c'est cet état d'esprit à vouloir profiter de tout gratuitement, à voler, gratter, tricher. L'Islande est un pays (oui je sais, je suis très peu objectif) où le vol n'existe quasiment pas (je ne parle pas des problèmes politiques, de la corruption et du cooptage des élites, il existe des articles sur le net assez édifiants à ce sujet). La confiance est de règle entre les gens. 

Si les étrangers importent ce nouveau mode de fonctionnement, j'ai peur que cette relation de confiance se désagrège et que le fonctionnement devienne plus "européen".

Faut dire que j'ai assez de pognon pour payer, aussi sans doute puis je me permettre cette remarque de vieux con quadragénaire réac diront les plus jeunes sans le sou.

 

Revenons à Snæfellnes et ses moutons. Donc l'idée sera de se faire déposer à une distance raisonnable du Snæfellnesjökull pour y monter en trois jours. Après je prends le bus pour rentrer vendredi soir à Reykjavik, voir Mika et l'insulter avec ses plans cons de traversée de Rjupnafell et de Sveinstindur (non mais oh) puis de profiter d'une dernière saturday night fever avant de prendre l'avion.

Plan, simple, précis, rapide et concis comme je les aime.

 

Action...

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