06/09: Viðibrekkusker

Publié le par bigfoot

Le départ n'est pas des plus matinals. Ils ne le sont que rarement d'ailleurs.

Et puis hier j'ai donné avec ma nuit blanche.

 

J'ai décidé de rejoindre la base des falaises où j'ai été bloqué sous Sauðhamarstindur. Il faut que je comprenne, que je sache pourquoi je n'ai pas trouvé le passage, s'il existe encore ou pas, si la neige résiduelle après un été pourri n'a pas recouvert le point clé. Je ne sais pas, un truc quoi...

Aussi je n'opte pas pour le chemin pédestre du trek du Lonsoræfi que je connais déjà qui passe au plus près de la Jokulsa mais plutôt par la piste qui permet de rejoindre Mulaskali.

Je mets un short sous mon pantalon après 10 minutes de marche. La colle n'a bien sûr pas fini de sécher... Et comme j'ai le cul poilu, je vous fais pas un dessin... . J'adore, je me régale, je continue de nager dans le bonheur cette année.

La montée, très très raide commence.

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Je me suis mis en mode marche commando. Je veux sortir au plus vite de ce bout ce civilisation (jamais content le gonze) et repartir dans les ravines sous Sauðhamarstindur.

Deux énormes 4*4 trafiqués d'agences de voyage islandaises me dépassent dans la montée. sans doute amènent ils leurs clients à Mulaskali qui redsendent ensuite à la journée le long du sentier du trail. C'est pas dégueu comme plan.

Je chauffe dans cette montée, interminable. En m'asseyant pour reprendre mon souffle, j'entends un "crac" sinistre dans mon fondement... La réparation n'a pas tenu... une balafre de 20 cm s'ouvre dans le pantalon.

En ayant marre de focaliser sur ce problème, je décide de me mettre en short. Deux avantages, un, y'a plus de problème avec le pantalon et deux, si je m'arrête je me caille, donc faut pas compter fleurette ni titiller les grillons en route.

Ca me fera gagner du temps.

Les vues sur le sandur et le Jokulgilstindar sont à couper le souffle (que je viens juste de reprendre, c'est couillon).

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J'ai un bon réseau téléphonique ce coup ci. j'en profite pour appeler encore une fois (pfff) Sabine et lui dire toutes les choses que je ne lui pas dites (je suis un fan absolu de Marc Lévy). 

Même des conneries vintage qu'il n'est plus à la mode dire sous peine de passer pour un vieux reloud et d'autres pensées profondes maintenant que je suis rassénéré rassérréné rasséréné (et merde... serein donc).

Pensées profondes: die kleine unzerstörbare Eichhörnchen schlafen in die kleine Loch von der Quelle in die Schwarzwald Greuther Furth.

 

Bon, voilà, ça c'est fait... Place à l'aventure, enfin. C'était trop cool ces derniers jours, trop facile. Maintenant, on passe aux choses sérieuses. Finis les amuse-gueules.

J'ai repéré le point de sortie de la piste à hauteur d'un lacquet sur un replat. Ici, je n'aurai plus de soucis avec les sentiers des cartes. Je pars en hors piste. Au moins, je ne me focaliserai plus sur une trace potentielle inexistante qui m'enduirait d'erreur (sic).

Bon et bien nous y voilà...A gauche Mulatindar dominant le col 875 au milieu. Sauðhamarstindur, c'est le double sommet de droite, avec la ceinture des fameuses falaises maudites. Röðull, c'est le bout de la crête descendant vers moi au sud ouest.

De là, je vois toute ma fin de journée du 4/9. Et de regretter à posteriori de ne pas avoir coupé sous le col 875 dans le ravin. D'ici la pente en rive gauche qui passe sous les falaises a l'air largement praticable. C'est d'ailleurs par là que le sentier "bis" de mon gps était censé passer. Quel con, mais quel con, pourquoi j'ai pas fait ça?

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Deux jours dans les dents à cause de cette erreur. La machine à remonter le temps étant encore dans les cartons, on va pas refaire le match, faut faire avec.

Vous en pensez quoi les mecs?

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Avec un peu de hauteur Jokulgilstindar... Mouais... j'ai bien fait de pas m'y commettre, j'en serai quitte pour un troisième frac.

Et les ravines de cette Jokulsa... Que c'est beau!!!

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J'adore cette montagne bicolore, Hnappadalstindur déchirée de précipices infinis vers la rivière. Juste devant le lac, c'est le début du ravin Kambagil dans lequel passe le sentier balisé du trail.

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Le petit lac (pas le même) au bord de la piste, point où je la quitte... Hnappadalstindur et Jokulgilstindur... Maintenant je me tourne de l'autre côté... Ciao...

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Le terrain est très facile, petites montagnes russes avec une dominante légère à la remontée. La piste a contourné les escarpements de Hafragil que je longe maintenant vers l'ouest. Les couleurs aperçues de très haut avant hier sont là, maintenant sous mes pieds.

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L'explosion des couleurs. Je commence enfin à ressentir les good vibrations. Voilà, suffisait que je m'arrache les poils du cul pour être bien. Fallait y penser... Pénible ces retours à mon anatomie postérieure mais quand t'es pas bien le moindre des désagréments prend une importance exagérée.

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Mais ça va pas durer. D'ailleurs effectivement je bascule dans le beau, c'est clair et l'itinéraire envisagé enfin pour une fois me semble enfin réalisable sans trop de stress.

Et ça fait du bien d'avoir un sentiment positif pour la première fois de ce voyage. Et toujours de me rappeler combien chaque fois au cours de mes voyages j'ai du mal à rentrer dan sle périple. J'ai toujours besoin de ce palier de décompression parfois long avant d'enfin me réaliser.

Et puis je me rapproche du pied de Sauðhamarstindur. Je comprends de mieux en mieux pourquoi ça passait pas à Röðull et me rends compte de l'imbécilicité de ma tentative. Et de regretter à chaque pas mon erreur de choix citée tantôt.

Mais qu'est ce que c'est beau. Chaque pas m'en rapproche, me réconcilie enfin avec l'Islande que j'aime tant.

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Après divers contournements très aisés j'arrive au premier des 4 petits lacs du plateau sous les falaises.

Je scrute à m'en arracher les yeux le passage que je n'ai pas trouvé du dessus.

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Je scrute même en zoomant avec mon appareil. Je ne découvre aucune faille évidente dans la falaise. 

Alors, petite digression chronologique... j'en ai discuté quelques jours plus tard avec Björn qui y'est monté il y'a très longtemps. Nous avons vraiment approfondi les photos. Lui semble (très peu sûr) qu'il était passé très à droite, de l'autre côté du ravin rouge puis qu'il l'avait refranchi en traversée.

Si c'est vrai, le chemin sur la carte est absolument faux. Le tracé descend en ligne directe sur le plateau sans passer à travers un ravin adjacent.

Mais c'est sûr que vu d'ici, il n'y a pas d'alternative. On ne peut que contourner par la droite. D'en bas, ça parait évident. Ensuite au-dessus des falaises, il faut longer au ras avant de remonter au col à gauche de l'éperon comme je l'ai fait lors de ma retraite bérezinienne. J'ai dû manquer le passage à cause de la neige qui barrait l'accès à l'extrémité. Je déteste la neige, j'y perds tous mes moyens dès que la pente s'accentue.

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Voici donc la reconstitution de mes diverses tentatives de passage.

En rouge mon chemin d'arrivée et mes essais infructueux.

En vert, le fameux plan incliné que j'ai essayé de descendre.

En jaune, le bivouac.

En bleu le chemin de fuite du lendemain matin.

Caché par les falaises, à droite le ravin pentu comblé de neige (on ne voit que les extrémités haute et basse du névé)

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Il serait temps de passer à autre chose que de focaliser depuis trois jours sur cet incident. C'est le lot de la marche en terrain aventureux. Ca passe pas à tous les coups (oui, mais y'avait un sentier marqué sur la carte... oh!!! tu vas la fermer avec ta carte pourrie???).

 

Le temps de réfléchir au bord de mes lacs et je me caille sévèrement. Et donc rechaussage du pantalon qui n'en est plus un.

Mon obstination de trouver le passage par le bas disparait en même temps que je vois la distance qu'il me reste encore à faire pour traverser le plateau et la remontée pour atteindre la base des falaises.

L'objectif de ma vie de ces deux derniers jours s'évapore en deux secondes. Quelle tenacité!!!.

Au contraire, je préfère rejoindre l'extrémité est du plateau pour retrouver la sente qui descend vers Mulaskali. Il y'a là deux pancartes toutes neuves indiquant deux possibilités de retour. Les piquets jalonnant les deux sentiers sont tout neufs, tout jaune vif (attention à la règle des adjectifs de couleur hein!) à la limite fluorescents. 

Par contre sur le plateau vers "mes" falaises, rien, nada, ekkert... Il n'y a aucune marque, aucune trace... Le sentier a t-il réellement disparu? Pour quelle obscure raison? 

Et bien, si ça en intéresse un, je lui laisse le plaisir de chercher si on peut toujours passer... Moi, tout d'un coup, j'en ai plus rien à faire, c'est du passé, je ne reviendrai pas ici.

 

En revanche, j'opte pour le retour avec boucle par le ravin de Viðagil. Il me semble avoir vu des photos intéressantes de cet endroit. Un premier aperçu dominant en effet laisse penser que ça va se laisser regarder.

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La partie intacte du futal et le terrain qui est le mien désormais. Pas la texture du sable évidemment mais le sol est très meuble et chaque pas en pente provoque un mini-glissement.

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Au bout du plateau en suivant le chemin balisé, je bascule dans l'autre monde, le monde caché (bien que balisé), le monde qui existe pas. 

Epoustouflant, les mots me manquent. Les cartes, comme toujours ne représentent pas la quantité de ravin qui s'imbriquent les uns dans les autres. Seul le principal est représenté. Le sentier plonge dans les graviers de manière audacieuse pour le moins.

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Je ne sais pas si j'aurais osé m'engager là-dedans sans le marquage. C'est incroyablement spectaculaire. 

Le bas du ravin de Sauðhamarstindur. Une chose est sûre. Pour y monter, il faut monter par le plateau. Tous les ravins me semblent barrés par un mur à un moment ou l'autre. C'est d'ici sur le sentier parfois vertigineux.

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Le terrain est tellement en pente (on le dirait convexe) que souvent le piquet suivant est hors de vue, caché par la pente (un peu comme la ligne d'horizon cachant une ile lointaine).

A se demander où tout cela va me mener. j'ai désormais laché prise à propos de l'orientation. Je suis sur un rail, je n'ai plus qu'à le suivre sans me poser trop de questions. Déjà arriver en bas pour une fois et pis on verra ce que ça dit.

Les pentes de rhyolithes sont immenses, plus grandes qu'au Landmannalaugar mais la zone est moins grande.

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En fait, c'est complètement différent... Ici, je suis en train d'apprendre à mes dépens qu'on ne peut pas sortir du rail, que le terrain est excessivement tourmenté, extrêmement difficile pour jouer à l'aventurier. Tu subis plus que tu ne domines tes choix.

Au Landmannalaugar, On circule dans un labyrinthe infernal de ravins, de lignes de crêtes successives. D'un voyage à l'autre, même si tu le veux, tu ne repasses pas au même endroit exactement. Mais le terrain est ouvert, praticable à peu près partout (presque, cf mes aventures dans la Kaldaklof. Tiens c'est pas la première fois que je me cartonne ici, je devrais me relire avant chaque départ). Un vrai terrain d'aventures pas trop compliqué à condition de ne pas s'engager au-delà du raisonnable qui permet des milliards de découvertes au kilomètre carré. Tu peux te tromper, être bloqué, un plan b n'est jamais bien loin.

 

Exemple ici, le sentier passe au ras du précipice... Je crois que sur le cul on pourrait descendre sans se tuer, mais je ne suis pas prêt à tenter l'expérience.

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Le sentier continue sans fin, à avaler des pentes et des couleurs inimaginables.

Sur un replat, au bout d'une crête blanche... un imposant dike noir (c'est pas non plus celui de la chapelle de l'Aiguilhe au Puy en Velay non plus, mais c'est plus beau, y'a pas d'hlm autour) qui ferme le tout. Un contraste d'un autre monde, inimaginable. Je peux distinguer la marque du sentier qui passe sur cette arête blanche. Là, ce sera la fin de la première partie... Moi qui me croyais à quelques pas de Mulaskali...

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C'est l'arrivée en bas sur la crête blanche après une descente épique (je reconnais une certaine exagération ici) d'une grosse demi-heure depuis le plateau. A faire, à vivre au moins une fois pour tout amoureux de cette Islande spectaculaire, au même titre que la crête de Hattver ou le sentier n°7 de Kerlingarfjöll.

Un regard sur la pente qui a bordé ma descente, chamarée de pastels bleus, gris et rouges.

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Et donc l'étrange fin de cette crête sublime. Le sentier bascule à droite pour rejoindre le lit du torrent.

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Pour le plaisir, j'en remets une autre. Enfin, là, j'y suis en plein, j'en prends plein les mirettes.

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Le voici donc ce fameux chemin... On le devine qui remonte entre les deux ravins... Ce n'est qu'une petite partie de la descente.

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Je descends donc par la droite pour contourner le dike noir et rejoindre le lit du torrent principal perpendiculaire à ma crête.

Quelle n'est pas ma surprise derrière le dike de découvrir une magnifique cascade triple de trois mètres de haut? La première de l'année que je peux approcher.

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Et je ne m'en prive pas...

Grosse pause. Enfin, enfin je suis bien... Juste bien... Pas besoin de plus... Ma quête annuelle de la paix intérieure accomplie. Mais il aura fallu batailler cette fois, pfff!!!

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Et si je suis bien, pourquoi aller plus loin jusqu'au refuge de mulaskali comme prévu? Juste pour la douche? Il y'a la meilleure cabine de douche d'Islande au refuge!!!

Juste pour ça? T'as envie de voir des gens? Ceux qui sont montés cet aprèm en 4*4? Tu partages pas la même passion. Et puis après, même au cas où, tu dors en dortoir en partageant ronflements et odeurs de pieds? j'ai toujours préféré dormir dehors sous le déluge ou le grand froid plutôt que dans un refuge occupé.

Ici, je suis au centre du Lonsoræfi, de ce qui se fait de plus beau. J'ai trois jours de retard, mon projet global est mort. Je n'irai pas sur le Vatnajökull faire mon petit crochet original mais débile, celui qui faisait la bigfoot touch cette année. J'ai donné pour les sensations fortes cette année de toutes manières.

Donc même si je pousse à Mulaskali, ça ne changera rien. Après cette nuit, il ne me restera que pour deux nuits de vivres.

Alors j'ai cette inspiration subite. Je reste là ce soir. Quel endroit plus magique que celui ci je pourrai trouver?

 

Aussi je remonte dans les "prairies" amont du dike.

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Et bien c'est pas si simple de trouver l'enfroit idoine pour dresser la tente. C'est toujours un peu pentu, couvert de myrtilliers, de mousses ou de vilains graviers acérés.

Je passe du temps et finis par me contenter d'un emplacement par défaut. 

Bon, ok, le site autour est extraordinaire mais il va falloir que je bloque le matelas dans la tente si je veux pas passer la nuit à rouler vers le bas. Sous Sauðhamarstindur, je suis content de lui lancer ce pied de nez. Je t'ai enfin vaincu (pas de manière loyale, c'est vrai).

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Et il fait si beau ce soir (il n'est que 16h00)... Une sieste énorme après reprise du pantalon dont les lambeaux ressemblent à des oriflammes au bout d'une lance avec ce qui me reste de seamgrip. En espérant que je ne crèverai pas mon matelas...

Bien que fatigué, il est hors de question de ne pas s'aventurer dans les ravins amont. Je n'aime rien tant qu'en explorer les fonds. 

Equipement minimum, la veste, sous-gants et bonnets dans la poche et l'appareil photo. C'est parti.

Gavage de myrtilles dans les prés environnants avant de s'engager dans le ravin rouge (à gauche, c'est le rouge, à droite, les bleus). Je suis trop content de mon idée de stopper ici, c'est trop beau.

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Alors, ce ravin rouge...

Ben, c'est vite compliqué. Très étroit, il n'y a de place que pou rle lit du torrent.

C'est facile quand c'est sec mais ici, dès que la roche est mouillée, c'est une patinoire infernale.

J'arrive quand même à remonter assez haut...

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... avant les premiers obstacles qui commencent par un plan incliné mouillé et donc glissant que je dois remonter à quatre pattes...

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... Qui finit sur un petit ressaut avec une cascade de deux mètres. Sur les côtés, c'est croulant, quasi impraticable à la montée. Et dedans, ça glisse beaucoup... J'opte pour dedans avec un petit pas d'escalade qui m'oblige à une reprise à l'horizontale sur le replat de la cascade. J'en sors dégueulasse et frigorifié sur cette pierre froide et mouilée...

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C'était bien la peine, cinquante mètres plus loin, c'est définitivement compromis, à moins de se risquer à du beaucoup plus tendu en acrobaties. bah!!! j'ai encore les ravins bleus à visiter tout à l'heure.

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Encore de la neige début septembre... L'endroit est charmant, accueillant.

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Bon, faut redescendre, ce qui est forcément beaucoup moins simple qu'à l'aller. Un pied dans l'eau qui glisse et un sur les graviers du côté pour le grip. Descente en crabe donc mais ça fonctionne plutôt bien...

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...Jusqu'à ma petite cascade du milieu. Je sens beaucoup moins le pas en désescalade glissante et cherche donc un meilleur passage. 

Pas forcément meilleur mais beaucoup plus rigolo, il y'a un passage sous un rocher suspendu pas vu à l'aller qui se franchit en rampant pour rejoindre les pentes de graviers. 

Passage aisé mais quand je me relève pour attaquer la descente dans les éboulis, le rocher sur lequel j'ai pris appui cède sous mon poids.

Craaaaaac!!! Juste le temps de rien faire et je suis en bas, deux mètres plus loin, toujours sur le rocher qui n'a fait que glisser... Un grand moment de silence intérieur à reprendre mes esprits, laisser mon coeur reprendre un rythme normal et penser au film "127 heures"... Moi je suis resté dessus et eu la chance de ne pas passer sous le rocher... Un vrai skate boarder qui s'ignorait...

Pfiouuuuu!!!! L'ai échappé belle et de me rendre compte que j'ai laissé ma balise à la tente. Imaginons qu'il m'arrive le même petit bug que l'autre, avant qu'un gus mi-septembre dans cette région désolée d'Islande me retrouve, va falloir non pas 127 heures mais 127 jours. 

Erreur cruciale à ne plus commettre. On ne sait jamais ce qui peut arriver sur ces terrains aussi instables.

 

Le reste de la descente est très simple mais je suis maintenant encore plus précautionneux avec ces graviers qui tombent rien qu'en les regardant.

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Last view dans le rouge... Maintenant, direction le bleu...

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D'abord un crochet par la tente pour récupérer la balise et regarder les réparations du pantalons pour voir si les patches ont bien pris.

Ca a l'air pas mal...

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En avant pour the blue one... 

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Dire qu'il est encombré de rochers est presque un euphémisme tant il y'a un bordel infernal dans le lit du torrent.

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Je l'aime moins que le rouge, peut être parce que je suis plus fatigué, je sais pas, mais il est moins fermé, moins torturé de formes exubérantes. Les trolls sont plutôt restés de l'autre côté.

Il n'en reste pas moins beau mais je ne pousse pas jusqu'au fond.

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Je retourne donc au second bleu davantage pour jouir des perspectives meilleures sur le dike et les pentes de rhyolites descendues cet après-midi que par conviction et esprit de découverte.

Le bleu n'est en fait qu'une déclinaison du rouge. Je fais mon petit chimiste en herbe (que je suis dans la vraie vie, plus qu'en herbe j'espère)... Lorsque je frotte les roches bleues, le rouge apparait dessous. Alors je pense qu'il s'agit d'une forme d'oxydation par contact de l'eau... Roche avec dominante métaux ferreux? Mais je m'avance, j em'avance et je n'ai toujours pas trouvé la composition sur le web de ces rhyolites.

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Non, c'est vraiment pas marrant ici... Restons en là pour aujourd'hui.

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Bon, encore une cascade et pis c'est tout...

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Et hop, demi-tour, le ravin est fini de toutes façons...

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Et je suis assez pour avoir ma fameuse perspective sur le dike et mes pentes orangées.

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Je suis plus qu'assorti à la couleur de la roche... Un vrai petit supporter du BvB... A charge pour moi de trouver les couleurs du HSV ou de Sankt-Pauli . Je ne cesse de répéter que je suis devenu germanophile. Une nouvelle preuve... Il te vient de ces idées incongrues même au bout du monde...

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Nouvelle idée pas congrue du tout en revenant à la tente... Penser à un jeu de gamin géant où il s'agit d'emboiter les formes les unes dans les autres. Ici le rond dans un triangle.

Un jeu pour gamins trolls en fait.P1010940 (Copier)

Et de repenser à ma géométrie de collège, parce que celle du lycée, y'a longtemps qu'elle est morte, enterrée et oubliée. Elle a même été incinérée. On sait jamais au cas où elle aurait pu être déterrée un jour.

Bref je pense au cas particulier du triangle équilatéral et à son cercle circonscrit... N'importe quoi et encore plus n'importe quoi, j'ai envie de poser la question à Daniel en particulier. Allez comprendre les méandres de l'esprit. Encore que question cercles, Daniel en connaisse un rayon (héhé, je me fais marrer tout seul, heureusement puisque je suis seul) vu qu'il vend des pneus.

 

Retour à la tente. Pas de vent, grand beau. Un vrai repas avec une vraie table sur le rocher à gauche de la tente et le sentier au-dessus de moi par lequel je suis arrivé.

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Une nuit sans histoires. Le gamin troll n'a pas réussi à emboiter le rond dans le triangle. Et toi Daniel?  Quelle pensée bizarre...

Publié dans islande

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ice cube 03/12/2013 18:47

j'attends la suite avec impatience!

bigfoot 12/12/2013 13:25



ça vient ça vient, plus que Thorsmörk...