16 au 18 juin: retour à Klaustur

Publié le par bigfoot

Dixième voyage d'aventure en Islande... Toujours une date importante, la decima.

Et en juin comme mes deux tout premiers voyages en 2007 et 2008, avec des souvenirs cataclysmiques dans le centre.

 

J'ai concocté un programme de deux fois une semaine autour de la Skafta, d'abord en rive gauche côté Laki, puis rive droite côté Langisjor.

Evidemment... le programme a été juste un peu modifié, mais alors juste un peu, juste de 50%. Mon problème est de toujours avoir envie d'être ailleurs qu'à l'endroit où je suis... Alors pour avancer, c'est bien, mais pour mettre le bordel dans une planification huilée, c'est pas mal aussi.

 

16 juin: Vol Nice - Copenhague - Reykjavik.

Les salauds de wow n'auront maintenu la ligne directe Nice Keflavik qu'une seule saison.

Long stop à Copenhague où je peux me permettre d'aller visiter la ville pendant 4 heures après avoir enregistré mes bagages.

Mais il tombe des seaux dès la sortie de la gare. Bonjour Scandinavie... Comme je suis pas pressé de me faire laver, je ne doute pas des jours à venir (la météo annoncée ne m'est pas favorable)... je me contente d'un petit tour entre la maison Lego, la Carlsberg et le Tivoli pour rentrer illico à l'aéroport déjà bien trempé.

Et je suis pas content d'être mouillé... Pourtant va falloir s'habituer très vite, je crois.

 

Pour changer à Reykjavik, la récup des sacs à dos est digne de l'organisation d'une distribution de sacs de riz dans un pays dévasté par la famine.

Plutôt que le flybus avec une queue longue comme celle d'un âne au comptoir, j'opte pour Iceland Express (ou un nom dans le genre) complètement libre et 5 euros de plus pour partir plus vite (les effets d'une communication réussie, je comprends jour après jour mieux mon boss qui mise sur davantage de communication que d'investissements pour augmenter la productivité, c'est moins cher et ça rapporte plus... Je ne comprends rien à notre monde).

J'ai booké à l'hôtel Oddson en bord de mer. Pour changer avec les autres années, je suis le dernier à sortir de la navette après avoir fait le tour complet de Reykjavik.

Oddson... 2h du mat devant la porte... Indications nulles... je tourne 10 minutes pour trouver l'interphone. Une vitre est pétée devant l'entrée, des canettes de partout sur le trottoir... Hmmm!!!

Enfin un gars qui répond à l'interphone et vient m'ouvrir. Un italo quelque chose inscrit à l'épreuve men's physique bermuda, tout épilé (enfin j'imagine, j'y vois que le torse sous son tee shirt échancré)) et que sa mère a dû trempé comme Achille en le tenant par le talon dans une marmite d'huile.

Sympathique, comme l'entrée de l'hôtel... C'est pas un hôtel, c'est une usine à dodo. On dirait les couloirs d'un ferry. Une chambre de 8m2, un lit une chaise. 90 balles la nuit. L'hôtellerie déjà délirante en Islande en devient grotesque. Faites gaffe les gars, vous allez tuer la poule si vous ne vous maitrisez pas.

En tout cas c'est propre et calme, rien à dire de ce côté là.

 

17 juin: une belle journée sous le soleil de Mexico...

J'avais pas pensé en réservant mes billets que nous sommes jour de fête nationale en ce beau samedi ensoleillé où il se passe bien dix secondes entre deux averses. 

Je critique Oddson mais il est bien placé juste en front de mer et dispose d'un magasin juste de l'autre côté du rond point, par chance ouvert, parce que c'est vrai que c'est vraiment un jour où pas grand chose tourne en Islande.

J'y fais mes emplettes toujours de manière scientifique, me fiant au poids que je sens dans mon cabas. Quand ça commence à devenir lourd, c'est que j'ai dû en prendre juste assez.

Retour à la piaule. Dispatching des victuailles dans deux paquets distincts devant me tenir une semaine chacun. C'est pas mal finalement, je vais tourner autour de 2200 kcal/jour pour un poids qui me semble correct.

Faut dire qu'il y'a pas de glace cette année au programme, donc exit piolet et crampons. J'ai opté pour une tente de 900g non auto-portante qui tient qu'avec 6 sardines... Si ça bouge, je risque de passer un sale quart d'heure... Un duvet mégalight de 800g... Si ça caille, faudra rajouter des chaussettes.

 

Je loue un vélo à l'accueil d'Oddson où mon machoman de nuit a été remplacé par une bigotte aux lunettes cerclées et chasuble d'une nonne. 10 mètres, je manque de me casser la gueule au premier virage, le guidon tournant dans le vide car pas serré.

Ils ont pas de clés Allen pour réparer. Second vélo, même problème. Le troisième est le bon et je file à BSI envoyer mon paquet de la prochaine semaine à Klaustur.

Douche froide à l'accueil de RE (si on peut parler d'accueil, connasse, va) où l'on me répond que les lignes de bus n'assurent plus le service de transport des colis.

Pourquoi? je suis incapable de l'apprendre. Ils prennent juste mon colis si je suis dans le même bus pour le récupérer à l'arrivée.

??????? Faut m'expliquer l'intérêt de la chose.

Et elle me dit ça avec une condescendance telle, avec un sourire en coin disant clairement "et en plus je t'emmerde gros con, retourne dans ton pays si t'es pas content" que j'en ai des points rouges qui commencent à me troubler la vue et il me faut utiliser la respiration du petit chien (j'ai suivi les cours d'accouchement de mon ex) pour faire baisser la tension.

Je sens son regard méprisant dans mon dos quand je sors et je comprends la haine qui peut naître chez les gens refoulés sans explication claire des comptoirs d'administration pour des problèmes autrement plus graves que le petit mien du moment (je commence ce récit avec une qualité de français improbable).

Alors je fais le tour des transporteurs de Reykjavik. Et c'est compliqué avec ce jour férié où tout est fermé. Seul Sterna prendrait en charge mon colis mais à condition d'avoir un contact pour le récupérer à Klaustur. J'ai beaucoup de potes évidemment à Klaustur, donc c'est mort.

Faudra trouver une solution différente. C'est pas très grave, vu que je suis en boucle et repasserai à Klaustur au retour. C'était juste pour me débarrasser d'un problème de logistique. Soit ils me le prendront en main propre à la station, soit je l'enterrerai sous un gros rocher.

 

Ceci dit, je fais un gros tour de vélo le long de la côte, Seltjanarnes et son phare donc l'accès est interdit à cause de la nidification des oiseaux (j'y trouve pourtant les sternes moins agressives que l'été dernier avec Michael Lévy), puis un grand tour derrière le Perlan et la piscine de Nautholsvik qui ne me fait toujours pas rêver mais qui semble pourtant être devenue une attraction majeure de Reykjavik.

Quoique, en dehors des blondes, faut se lever tôt pour trouver une attraction majeure à Reykjavik. Sabine? Sabine? Que fais tu avec ce rouleau à pâtisserie au-dessus de ma tête? Range moi ce rouleau à pâtisserie tout de suite!!! Aïe!!! Non!!! pas sur la tête ça faut super mal!!! :)

Dans la soirée, je croise Zebigboss de la grosse randonnée en Islande, notre maître t-à tous, qui en est à sa 29° saison islandaise, Dieter Graser, avec lequel j'entretiens depuis mes débuts une correspondance échevelée (ouais, bon, fallait bien trouver un adjectif).

Je finis au resto à manger de succulentes brochettes de poisson, histoire de caler mes papilles qui vont plus en avoir à se mettre sous le dent d'ici 15 jours.

 

18 juin: Bus de RE (j'ai beau être rancunier, j'ai pas le choix) pour Klaustur, 100 balles l'aller... Non seulement ils prennent plus les colis mais ils te déglinguent le porte-monnaie. Va falloir qu'ils arrêtent d'être con, un de ces jours. Moi, même moi l'inconditionnel parmi les inconditionnels, ça commence à me faire réfléchir sur mes envies d'y revenir et de me sentir pris pour un idiot. Le rapport entre les gens a bien changé ici depuis 10 ans.

 

Evidemment quand Mika me propose ce jour une balade glaciaire sur le Myrdalsjökull dans les années à venir, ça a tendance déjà à atténuer mes récriminations.

 

Evidemment quand j'arrive à la station de Klaustur et que mon colis est pris avec pour tarif juste un très grand sourire, je les aime de nouveau comme au premier jour. Ce n'est pas la gratuité que j'aime, c'est le rapport humain facile de l'instant que j'apprécie, l'envie de rendre service.

 

Entre-temps, pour changer le bus aura fait des stops à Seljalandfoss (où je ne fais pas le tour de la cascade), Skogafoss, Vik avec une heure d'arrêt pour aller au nouveau magasin de souvenirs à côté de la station (c'est super bien foutu).

Et un nouvel arrêt cette année avec la plage de Reynisfjara que je ne connaissais pas, absolument magnifique.

Je suis étonné par la foule mi-juin à tous ces endroits. Tous les parkings dégueulent et le stationnement est anarchique le long des routes. Qu'est ce que ça va être cet été? Et les nuées de touristes chinois sont parfaitement hallucinantes... J'entendais parler de tourisme de masse. Je n'imaginais pas à ce point.

Bon, ceci dit, je fais le pari que je verrai moins de 10 personnes cette semaine sur le Laki (la route n'ouvre que dans deux jours).

 

Et puis pour aller au Laki, vous imaginez bien qu'il est hors de question de partir à pied le long de la piste F206.

Non, je vais plutôt prendre la Nationale 1 vers l'est :).

L'accueil des habitants sur le premier mètre est hostile juste après le rond-point .

Il suffit de changer de côté de la route pour être peinard.

Et c'est parti pour l'Aventure!!! (tu parles).

 

 

 

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Jjondalar 11/09/2017 19:05

Salut David. Heureux de voir un nouveau récit. Dans mon court compte-rendu sur forum randonner-leger je n'ai pas développé mais nous avons eu le même accueil chez BSI. Les mêmes vacataires qui ne connaissent pas l'objet de leur boulot et la même petite chef rigide.